Giacomo Casserini, un homme d’expérience et de derbys pour le HC Sierre

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Ex-défenseur d'Ambri et Ajoie, Giacomo Casserini a rejoint le HC Sierre au début de cette saison. Passé par Viège l'an dernier, il retrouvera son ancien club dimanche (17h45) à l'occasion du premier derby valaisan de l'exercice de Swiss League.

Dimanche, la Lonza Arena sera le théâtre dès 17h45 du premier derby valaisan de la saison de Swiss League. Le HC Viège de l’ex-coach «rouge et jaune» Dany Gelinas devra assumer son statut de favori face au HC Sierre d’Yves Sarault, passé par le Haut-Valais il y a dix-huit mois. Ce duel donnera aussi lieu à des retrouvailles pour Giacomo Casserini, arrivé cet été dans la cité du Soleil en provenance du Haut-Valais.

«J’ai tout de suite senti qu’une sorte de magie se dégage dans cette patinoire de Graben.» Giacomo Casserini

«Je recherchais un club familial avec une vraie ferveur populaire et je l’ai trouvé ici. J’ai tout de suite senti qu’une sorte de magie se dégage dans cette patinoire», sourit le défenseur tessinois au moment de nous accueillir du côté de Graben. «D’ailleurs, on a gagné nos deux matches à la maison (ndlr: face à la Chaux-de-Fonds et aux Ticino Rockets). Si on y ajoute notre succès de mardi à Bâle et le fait que nos deux défaites sont survenues au terme de parties très serrées (ndlr: 2-0 à Thurgovie et 4-3 à Langenthal), on peut être confiants pour la suite de la saison.»

Un rôle de leader à jouer

À 32 ans, Giacomo Casserini a encore de belles années devant lui. Reste qu’en rejoignant un vestiaire composé de nombreux jeunes joueurs et orphelin des hommes d’expériences qu’étaient Goran Bezina ou Thibaut Monnet, le nouveau-venu se doit d’assumer un rôle de leader. «Ça ne me pose pas de problèmes, aider les moins expérimentés est tout à fait normal pour moi», relève-t-il «Mais ce n’est pas une question de jeunes ou moins jeunes. On est tous une famille. Chacun est là pour épauler l’autre. Dans notre groupe, il n’y a que de bons individus sur et en dehors de la glace. C’est la clé du succès.»

«À Viège, j’ai ressenti des choses au fond de moi. Je ne pouvais pas continuer à jouer sans plaisir.» Giacomo Casserini

En changeant de maillot durant l’été, le natif de Locarno n’aura pas eu besoin d’empaqueter trop de cartons. Il habitait déjà dans la cité du Soleil l’année dernière alors qu’il évoluait du côté de Viège où il disposait d’un contrat encore valable pour un an. «Vous savez, de nature, je suis un clubiste», précise-t-il d’emblée. «Avant ça, je n’avais connu que deux clubs: Ambri et Ajoie. J’étais convaincu que Viège était le bon choix pour poursuivre ma carrière mais une fois là-bas, j’ai ressenti certaines choses au fond de moi. Je n’avais pas le sentiment de pouvoir m’y établir durablement. Il fallait que je sois honnête avec moi-même. Je ne pouvais pas continuer à jouer sans plaisir. Je me suis alors mis à la recherche d’un nouvel environnement et j’ai pu signer ici où je me sens vraiment à la maison.»

Habitué des patinoires «froides»

Et le fait de passer du confort d’une Lonza Arena neuve à la vétuste patinoire de Graben où la température est déjà très basse à la fin du mois de septembre ne semble pas l’avoir refroidi. «Franchement, c’est mieux ici», affirme-t-il sans sourciller. «On ressent vraiment les vibrations qui viennent des tribunes. Il y a du monde qui vient nous voir. C’est ça qui est beau dans le hockey. Et puis bon, les températures inférieures au zéro degré, je connais. J’ai quand même joué à la Valascia (ndlr: à Ambri) et au Voyebeuf (ndlr: à Ajoie). Ça ne me dérange pas, au contraire: ça me réveille le matin!»

«Si tu as le malheur de perdre avec Ambri contre Lugano, il faut t’attendre à être emmerdé au moindre pas que tu fais dans la rue!» Giacomo Casserini

Durant ces cinq années passées en Léventine au début de sa carrière, Giacomo Casserini a eu l’occasion de se familiariser avec la spécificité du derby. Il y a joué celui qui est certainement le plus chaud de Suisse. Celui opposant Ambri-Piotta à Lugano. «Imaginez-vous que c’était mon deuxième match en pro, à seulement 18 ans», rigole-t-il. «Tu te rends tout de suite compte que tu peux perdre durant toute la saison sauf quand c’est Lugano qui est face à toi. Si tu as le malheur de perdre, il faut t’attendre à être emmerdé au moindre pas que tu fais dans la rue!»

Des excréments pour accueillir les Luganais

Preuve de la profonde rivalité que se vouent les deux formations tessinoises, le défenseur se rappelle d’un événement bien précis. «Lors de ce fameux premier derby à 18 ans, un de mes potes était venu voir la rencontre. Le problème, c’est qu’il était fan des Bianconeri. Avant le match ce jour-là, les mecs de la Curva de chez nous avaient amené du bétail sur les marches qui menaient au secteur visiteurs. Lorsque les Luganais sont arrivés, le sol était recouvert d’excréments.» Une anecdote parmi tans d’autres dans l’histoire des confrontations entre les deux frères ennemis du Sud des Alpes.

«On doit se concentrer sur nous, sur notre jeu. C’est ensemble que l’on aura du succès.» Giacomo Casserini

En Valais, l’animosité est évidemment moins marquée entre Viégeois et Sierrois. «Qu’importe, ça reste un duel particulier», assure celui qui retrouvera donc son ancienne équipe pour la première fois dimanche. «Un derby, c'est un derby. Il y a des émotions, les supporters se chambrent. Nous, on doit se concentrer sur nous, sur notre jeu. C’est en étant ensemble que l’on aura du succès.» Passé dans le camp «rouge et jaune», Giacomo Casserini espère évidemment aider sa formation à démarrer ces affrontements cantonaux sur une bonne note. Pour rappel, l’an dernier, c’est Viège qui avait remporté quatre des cinq oppositions de la saison.  

Deux titres et une Coupe à Ajoie

Plus que le «simple» fait d’avoir la suprématie cantonale durant l’hiver à venir, Giacomo Casserini ne ferme la porte à aucun objectif pour le HC Sierre. «Écoutez, au début de l'exercice, il y a toujours des favoris sur le papier. Mais avec le temps, j’ai bien compris l’expression qui dit qu’une nouvelle saison démarre à partir des playoffs.» Le néo-sierrois fait évidemment référence à ses huit années passées à Ajoie. Un club jurassien avec lequel il a remporté deux titres de champion en 2016 et 2021 ainsi que la Coupe de Suisse en 2020. «On n’était jamais les mieux armés et on l’a fait. Ça prouve qu’en sport, tout est possible.»

«Le destin a voulu que je quitte Ajoie au moment de la promotion et je l’accepte. Ce club m’a donné des souvenirs pour le reste de ma vie.» Giacomo Casserini

Avec du recul, le Tessinois ne retient évidemment que du positif de son aventure à Porrentruy. Une aventure à laquelle il a mis fin au moment où les Ajoulots réussissaient le saut dans l’élite. «Sur le coup, il y a eu un peu d’amertume», reconnaît-il. «Mais j’avais fait le choix de rejoindre Viège assez tôt dans la saison. On faisait partie des trois meilleures équipes du championnat mais on ne pouvait pas prévoir à l’avance que l’on monterait. Le destin a voulu que ça se passe comme ça et je l’accepte. Ajoie m’a de toute manière donné des souvenirs pour le reste de ma vie.»

Désormais, c’est à Sierre que le numéro 15 espère enrichir sa boîte à souvenirs et – qui sait – peut-être ajouter une ligne à son palmarès. En attendant, le Tessinois et les «Rouge et Jaune» ont rendez-vous avec Olten ce vendredi à Graben (20h00) avant donc le premier derby valaisan de la saison. Coup d’envoi dimanche à 17h45 du côté de la Lonza Arena.

CM
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