Gestion de la pandémie, un rapport compare les résultats cantonaux

En matière hospitalière, le Valais, mais également Appenzell Rhodes-Extérieures, Fribourg et Schwytz a vu son système frôler l'effondrement. ©Keystone-ATS
Covid-19
Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Le fédéralisme a résisté au test de la pandémie, selon une étude d'Avenir Suisse sur la gestion par les cantons de la pandémie du coronavirus. Les Grisons, le Tessin et Zoug s'en tirent bien. Le Valais aurait pu faire mieux en gestion hospitalière et en matière d'indemnités pour les restaurateurs.

Avenir Suisse estime que le fédéralisme a résisté au test de la pandémie, selon son rapport intitulé "les enseignements du fédéralisme face au covid" sorti ce mercredi et qui compare les six domaines d'activité de la politique cantonale: tests et traçages des contacts, hôpitaux, campagnes de vaccination, aide aux cas de rigueur, écoles et prévention générale des crises.

En matière hospitalière, le Valais, mais également Appenzell Rhodes-Extérieures, Fribourg et Schwytz a vu son système frôler l'effondrement, selon les auteurs. Tandis que Uri, le Tessin ou encore Bâle-Ville disposaient de plus grandes capacités libres en soins intensifs. Plusieurs explications à cela.
Le Valais a dû faire face à des taux d'hospitalisation supérieurs à la moyenne. Alors que la capacité de son unité de soins intensifs était inférieure à la moyenne.

A noter également que le Valais, Vaud, Soleure, Berne, Saint-Gall, Thurgovie et Zurich ont supprimé au moins un lit sur cinq en unité spéciale entre la deuxième et la quatrième vague.

Bâle-Ville, Lucerne et Genève ont par contre maintenu en grande partie leurs capacités , ce qui a probablement porté ses fruits, selon les auteurs de l'étude.

Aides aux cas de rigueur

Autre élément contenu dans cette étude: le montant des aides octroyées à la restauration.  Le Valais est en dessous de la moyenne nationale qui se situe à 80'000 francs par établissement. Les plus généreux sont Fribourg avec 90'000 et Zoug et Zürich avec 130'000 francs.

Les auteurs de l'étude note également que la prévention des risques, avant 2020, était insuffisante dans le domaine de la santé. La Confédération avait classé la pandémie comme très important. Or, huit cantons, dont le Valais n'avaient pas de plan daction au moment où la crise a éclaté.

Trois cantons s'en sortent particulièrement bien et ils ne sont pas romands

En conclusion, Avenir Suisse estime que le fédéralisme a résisté au test de la pandémie. Les Grisons, le Tessin et Zoug en particulier s'en tirent bien.D'une manière générale et au niveau plus global, l'étude constate que les cantons n’ont pas suffisamment détaillé le contenu de la prévention des risques dans le domaine de la santé et de la protection de la population. Trop peu d’importance a été accordée à la clarification des compétences lors de la planification des situations d’urgence. La préparation aux crises devrait également inclure la planification des situations d’urgence de nature inconnue.

La prise de conscience des mesures nécessaires à court terme pour endiguer la pandémie a parfois fait défaut. C'est notamment le cas pour le traçage des contacts en été 2020, l’absence d’offre facilitée de test en automne 2020, les efforts peu marqués pour augmenter le taux de vaccination en été 2021 ou encore, plus récemment, pour organiser le rappel du vaccin cet hiver.

Test à grande échelle

 "Le bien-être relatif des dernières décennies en Suisse explique probablement pourquoi nous nous sommes laissé bercer par une fausse sécurité". Mais lors de la pandémie, cette expérience s’est avérée mauvaise conseillère, estime Avenir Suisse.
Selon les auteurs de l'étude, pour contrôler la pandémie, il n'y a pas de meilleur moyen que d'effectuer des tests à grande échelle en combinaison avec le traçage des contacts (CT). Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Zoug et les Grisons montrent qu'un engagement important dans cette tâche s'avère payant. Ces cantons ont le mieux maîtrisé l'évolution des infections.

Le Jura, Neuchâtel, Obwald, Argovie, Saint-Gall, Lucerne et Schwyz ont été confrontés à des incidences plus élevées en raison de leur approche plus hésitante.

Rares sont les cantons qui ont réussi à mettre en place une infrastructure de tests décentralisée de grande envergure. Le bilan est particulièrement faible en ce qui concerne les tests en entreprise. Ceux-ci n’ont été pratiqués avec succès que dans le canton des Grisons.

De plus, la diffusion des informations entre les cantons n’a pas pu être garantie en raison des différents systèmes de traçage des contacts. Il est donc urgent de mettre un tel système sur pied à l’échelle fédérale.
Selon l'étude, une surcharge totale du système de santé suisse a pu être évitée de justesse jusqu'à présent. La vaccination de la population est "le principal levier de lutte contre la pandémie".

Encouragement de la vaccination trop lent

Le Tessin, Zoug et Fribourg ont vacciné le plus rapidement, tandis qu’à Obwald et Appenzell Rhodes-Intérieures, les taux de vaccination sont restés faibles. En revanche, les cantons ont agi au même rythme - trop lent - pour encourager la vaccination et pour diffuser les informations nécessaires.
Ces tâches ont été trop longtemps négligées dans toute la Suisse. Et la lenteur de la campagne de rappel donne une forte impression de déjà-vu.

En ce qui concerne les aides pour les cas de rigueur aux entreprises, les contributions à fonds perdus sont la forme de soutien dominante. Mais le rapport critique que dans de nombreux cantons, le soutien a été lié à la durée des restrictions d'exploitation plutôt qu'aux pertes économiques. Seuls Bâle-Ville, les Grisons, Soleure, Vaud et le Valais ont calculé les indemnités strictement en fonction de critères économiques.

Au final, les Grisons, le Tessin et Zoug récoltent le plus de lauriers. Outre le succès des tests de masse dès janvier 2021 et la pratique des tests en entreprise, les Grisons obtiennent également des résultats supérieurs à la moyenne dans la plupart des autres domaines examinés.

Seuls quelques rares autres cantons ont vacciné aussi rapidement les personnes âgées et vulnérables. Pour les cas de rigueur, le modèle s'est orienté sur les pertes économiques effectives. De bonnes notes sont également attribuées à la prévention et à l'organisation des crises.

Des capacités hospitalières tessinoises bénéfiques

Le Tessin, fortement touché par la pandémie, a été un précurseur dans deux domaines en particulier. La gestion des capacités des hôpitaux tessinois est jugée exemplaire. Le canton a probablement aussi profité du fait que les capacités étaient déjà supérieures à la moyenne avant la crise, constate le rapport.

Et dans aucun autre canton, les groupes à risque n'ont bénéficié d'un rythme de vaccination plus élevé. En raison de la proximité avec l'Italie, il a sans doute fallu moins d'efforts au Tessin pour créer une prise de conscience de la crise, aussi bien dans la population que dans l'administration.

Le canton de Zoug se distingue parce qu'il est celui qui a le plus procédé aux tests. Zoug est le seul canton, avec les Grisons, à avoir testé deux fois par semaine dans les écoles.

De plus, le canton a mis en place le traçage des contacts le plus performant et une campagne de vaccination efficace. Et aucun canton n'a vacciné plus rapidement la population la plus âgée au début de la pandémie.

dar/c
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