Genève refuse la nouvelle réforme du cycle d'orientation

La réforme du cycle d'orientation genevois n'a pas convaincu. Elle a été refusée dimanche en votation. ©KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
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Keystone-ATS
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A Genève, les opposants à la réforme du cycle d'orientation (CO22) ont remporté leur pari dimanche: le projet est refusé par 50,83% des votants. Le taux de participation s'est élevé à 40,81%.

La majorité des partis admet que le système actuel, introduit en 2011, ne donne pas entière satisfaction. Le PLR, l'UDC et les Vert'libéraux ont toutefois lancé un référendum contre cette nouvelle réforme du Conseil d'Etat considérée comme "inaboutie et inapplicable". CO22 était soutenue par la gauche, le PDC et le MCG, mais la réforme divisait les enseignants du cycle d'orientation.

"Mon sentiment est que c'est le principe même du mélange des élèves qui a été refusé", a déclaré dimanche devant les médias la cheffe du Département de l'instruction publique, Anne Emery-Torracinta, commentant ce résultat très serré. Selon la conseillère d'Etat, Genève, où les sujets scolaires font toujours débat, a refusé "ce qui se fait partout ailleurs".

"Mixité intégrée"

Initialement prévue pour la rentrée 2022 et reporté à 2023, CO22 visait à remplacer les regroupements par niveau par des classes mixtes en 9e et 10e année. Les enseignements et les évaluations auraient été différenciés au sein d'une même classe en math et en allemand en 9e ainsi qu'en français et en anglais en 10e. Les effectifs moyens se seraient alors limités à 18 élèves, contre 19,5 actuellement.

L'objectif de cette "mixité intégrée" était de stimuler les moins bons élèves sans pour autant porter préjudice aux meilleurs. D'après les recherches les plus récentes en éducation, une organisation sans filières est profitable à tous.

Deux voies séparées étaient toutefois prévues en 11e et dernière année du cycle d'orientation, l'une menant à la maturité gymnasiale ou professionnelle et l'autre, à l'apprentissage dual ou à l'école de culture générale, en fonction des notes obtenues à la fin de la 10e année. Les élèves les plus doués auraient bénéficié d'un parcours accéléré en sautant la 10e.

Propositions attendues

A un an de la fin de la législature, le Conseil d'Etat voit mal comment mettre en place une autre réforme, selon son président Serge Dal Busco. "Nous allons continuer à oeuvrer pour que l'école soit la meilleure possible", a souligné Anne Emery-Torracinta.

Et la magistrate de rappeler que cinq partis sur sept ont accepté la réforme, tandis que ceux qui l'ont refusée n'ont rien proposé d'autre pendant les travaux du groupe d'accompagnement, qui intégrait aussi les enseignants. "Ce n'était pas une mince victoire. On va voir si les opposants ont autre chose à proposer", a-t-elle déclaré.

ATS
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