FC Bramois: «Pour nous, il est normal d'intégrer des personnes en situation de handicap»

Justin Grept
Responsable des sports

Et de trois! Le FC Bramois intensifie son engagement pour l'intégration des personnes en situation de handicap. La saison prochaine, elles seront trois réparties parmi les staffs de la Une et de la Deux.

Le FC Bramois va encore plus loin dans l’intégration des personnes en situation de handicap. Souvenez-vous, on en parlait sur Rhône FM en mars dernier: depuis 10 ans, la première équipe de la formation bramoisienne a pour intendant Patrick Théodoloz, Valaisan de 40 ans qui souffre d’un léger retard mental. Son expérience, positive pour tout le monde, fait des émules. Dès cet été, l’intégration s’intensifie. Deux autres personnes en situation de handicap, Jérémy Théodoloz et Aurélien Crettenand, intègrent le staff de la deuxième équipe. 

Une question d’opportunité

Un choix logique pour le président du FC Bramois Jérôme Dayer. «Je suis étonné que ça intéresse du monde car, pour nous c’est normal», lâche le dirigeant. «On ne cherche pas à le faire à tout prix, ça vient naturellement. Les entraîneurs sont à l’écoute, et quand il y a ce genre d’opportunités, on a tendance à dire oui. Mais on ne le cherche pas, ce n’est pas un objectif d’avoir uniquement des intendants en situation de handicap.»

«Peut-être que les autres clubs n’ont pas eu l’opportunité de le faire. Je ne peux que les encourager à tenter l’expérience. Ça enrichira tout le monde.» Jérôme Dayer, président FC Bramois 

Et selon Jérôme Dayer, cette normalité ne fait pas parler au sein du club de 2e ligue: «Non, pas du tout. A Bramois, c’est normal d’intégrer des gens.» Le FC Bramois reste tout de même une exception sur ce plan-là en Valais. «Peut-être parce que les autres clubs n’ont simplement pas eu l’opportunité de le faire. Je ne peux que les encourager à tenter l’expérience. Ça enrichira tout le monde.» 

Soutien indispensable des entraîneurs

Un enrichissement que le dirigeant a pu constater de l’intérieur, lui qui a joué dans la première équipe à une époque où Patrick Théodoloz était déjà dans le staff. «Patrick est très présent, il est à l’écoute, il fait partie de l’équipe. J’espère que Jérémy et Aurélien auront le même rôle avec la Deux. Une chose est certaine: sans des entraineurs qui adhèrent à 100% à ce projet d’intégration, ce serait impossible. Il faut de la patience, il faut expliquer les choses, tout ne se fait pas de soi. Mais une fois que c’est parti, ça fonctionne bien.»  

«Je ne crains pas une mauvaise réaction des joueurs. Au même titre qu’envers un autre coéquipier, les entraîneurs ne permettront jamais qu’il y ait des remontrances ou des choses négatives.» Jérôme Dayer, président FC Bramois 

Le président du FC Bramois le souligne : le soutien des entraineurs est indispensable. Mais Jérôme Dayer craint-il que certains joueurs n’adhèrent pas ? «Non, je n’ai pas d’inquiétude. Tout cela est encadré par les entraineurs et ceux-ci sont droits dans leurs bottes et savent ce qui doit être géré. Au même titre qu’envers un autre coéquipier, ils ne permettront jamais qu’il y ait des remontrances ou des choses négatives.»

Et s’assurer que le travail des intendants soit respecté. D’autant que leur apport est très précieux. «L’exemple de Patrick est parlant. L’été dernier, on a joué contre Servette à Chermignon. C’était son initiative», relève Jérôme Dayer. «Il  est aussi capable d’organiser des camps d’entrainement, de s’occuper des tâches d’avant-match (l’ouverture des vestiaires, la mise en place des poteaux de corner, remplissage des gourdes, etc.). Aujourd’hui, Jérémy et Aurélien nous rejoignent et voient que Patrick est quelqu’un d’important dans le club. Il n’est pas là que pour la première équipe. Il est là le samedi matin pour donner un coup de main avec l’école de foot. Il va aussi aider, ponctuellement, les entraîneurs juniors. Il a une forte présence au stade et dans le club. Je trouve ça top.»

JG
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