Faibles ressources financières dans un cinquième des ménages

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Keystone-ATS
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Près d'un ménage sur cinq devait vivre en 2015 avec de faibles ressources financières, selon une étude de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Ménages monoparentaux, indépendants, travailleurs agricoles et étrangers figurent dans cette catégorie.

Au total, la problématique touche 15% des personnes en âge d’activité et 22% des retraités, ajoute mardi dans un communiqué l'OFAS, qui a passé au peigne fin des données fiscales, issues de registres et de relevés portant sur 4,5 millions de personnes vivant dans 11 cantons. L’analyse a été menée par le professeur Philippe Wanner et Roxane Gerber de l’Université de Genève.

L'OFAS a basé ses calculs sur le revenu médian d'un ménage en 2015, qui s'établissait à 63'470 francs. Elle a classé un revenu de moins de 50% de la valeur médiane parmi les "très faibles". Moins de 10% (8,6%) des ménages appartenaient à cette catégorie en 2015.

Un revenu supérieur à 50% mais inférieur à 60 % de la valeur médiane a été défini comme faible. Cette situation concernait 8,2 % des ménages. A l'inverse, plus de deux tiers des ménages disposaient de revenus se situant entre 60% et 180% de la valeur médiane.

Légère augmentation en 12 ans

Entre 2003, date de la précédente enquête, et 2015, le revenu nominal médian de tous les types de contribuables en âge d’activité et à l’âge de la retraite a légèrement augmenté, selon l'enquête de l'OFAS. En cause: l’inflation, une meilleure rémunération professionnelle d’une population de plus en plus qualifiée et l’augmentation des prestations du 2e pilier chez les retraités.

L'étude met aussi en évidence les groupes à risque et les facteurs de risque conduisant à de faibles ou très faibles ressources financières. Parmi les groupes menacés figurent les ménages monoparentaux, notamment lorsqu'ils sont dirigés par des femmes. Sont aussi concernés les indépendants, les travailleurs agricoles, les personnes avec un niveau de formation modeste et les ressortissants de pays non européens.

Retrait des prestations en capital

Le revenu des personnes à l’âge de la retraite, quant à lui, n’a guère évolué entre 2012 et 2015, comparent les auteurs de l'étude. Leur fortune nette, elle, était supérieure à celle de ménages en âge d'activité. Elle augmentait jusqu’à la tranche d’âge des 60-64 ans pour atteindre environ 140'000 francs, puis enregistrait un bond à près de 250'000 francs pour les 65-69 ans. L'OFAS attribue cette brusque augmentation au retrait des prestations en capital de la prévoyance vieillesse.

Par ailleurs, une comparaison avec la précédente analyse réalisée en 2003 révèle une flexibilisation croissante de la retraite. En 2015, 35% des hommes célibataires et 45% des hommes mariés touchaient un revenu d’activité lucrative à 66 ans, contre seulement 30% et 34% respectivement en 2003. Chez les femmes âgées de 65 ans, ces parts ont progressé de 23 à 30% pour les célibataires et de 16 à 27% pour les mariées.

Au final, si l’on considère la capacité des ménages, en cas de perte de gain, à vivre de leurs économies tout en restant au-dessus du seuil de 60 % du revenu équivalent médian durant 3 ou 12 mois, on constate que les personnes âgées y parviennent mieux que les plus jeunes. De même, les couples avec ou sans enfants s’en sortent mieux que les personnes seules et les ménages monoparentaux.

ATS