Exploitation de Cleuson-Dixence : six communes regroupées pour une éventuelle reprise dans dix ans

Le premier mur de 1934 a été englouti par le lac des Dix, une fois la Grande-Dixence érigée ©Keystone-ATS
Energie
Christian Hermann
Rédacteur en chef adjoint

Qui à la tête de Cleuson-Dixence dans dix ans ? Avec quelle stratégie ? Les réponses viendront par la société "Dixence Cleuson 2031", créée mardi par les six communes propriétaires des eaux turbinées.

C’est un premier pas dans la reprise des installations hydroélectriques par le secteur public. En portant, mardi, sur les fonts baptismaux, la société "Dixence Cleuson 2031", Hérémence, Nendaz, Vex, Mont-Noble, Sion, St-Martin et le canton posent les bases pour récupérer des installations produisant 380 GWh, l’équivalent de la consommation en électricité de 120 mille ménages en électricité.

C’est le grand projet du canton : à l’horizon 2060 : reprendre, en mains valaisannes, 60% des infrastructures de production d’hydroélectricité du canton.
Ce projet passe en premier lieu par l’exercice du droit de retour des concessions, détenu par les communes. Or dans le cas de Cleuson-Dixence, cette échéance tombera fin 2031. Et mardi, les bases ont été posées pour décider de la suite, relève Grégory Logean, président de la nouvelle société et de la commune d’Hérémence, 61,91% des parts de l’eau captée par ces installations.

La course est lancée constate Grégory Logean

La marge de manœuvre des communes concédantes

En Valais, les communes sont propriétaires des rivières. Elles deviennent "concédantes" lorsqu’elles concèdent justement, à un exploitant, le droit de turbiner leurs eaux. Dans le cas présent, 86 millions de m3 par an et un droit en mains d’Alpiq aujourd’hui qui s’éteindra dans 10 ans. A compter d’aujourd’hui, les communes peuvent clairement décider avec une large marge de manœuvre, explique Joël Fournier, chef du service de l’énergie et des forces hydrauliques.

Au fond, la loi confère de larges pouvoirs aux communes concédantes, explique Joël Fournier

Partant de ces constats, les communes concédantes, regroupées désormais dans une seule et même société simple, disposent d’à peu près tout pour choisir une nouvelle formule applicable dès janvier 2032, se réjouit Grégory Logean.

La voie est totalement ouverte se réjouit Grégory Logean

Ces aides à la décision, la société les a réparties entre "La commission intercommunale du retour" (qui regroupe les présidents des six communes concernées et le chef du service de l’énergie et forces hydrauliques), le "comité de pilotage" et un groupe de travail composé d’experts des communautés concédantes à titre permanent et de spécialistes représentants d’autres acteurs comme les distributeurs ou le concessionnaire actuel. En toile de fond, le canton reste en appui, via sa stratégie pour tout le Valais ou sur demande.

L'Etat comme référence "libre" souligne Joël Fournier

La nouvelle société décidera de l’avenir du barrage de Cleuson, d’une part issue d’un huitième de la Grande-Dixence (qui correspond au 50 millions de m3 retenus par la première voûte mise en fonction en 1934 avant d’être noyée dès la mise en service de la Grande-Dixence en 1965), des de deux stations de pompage Cleuson et Blava, de la centrale de production de Chandoline (en pause, turbinage à Bieudron).
 

Participations à la force hydraulique pour Cleuson-Dixence

Commune d’Hérémence     61.91 %
Commune de Nendaz         29.33 %
Commune de Vex                  3.07 %
Commune de Mont Noble      2.63 %
Commune de Sion                 1.21 %
Commune de St-Martin          1.01 %
Etat du Valais                          0.84 %
 
CH
Les articles les plus lus