Erika Hess: «Crans-Montana en 1987, c’était magique»

Erika Hess (au centre) après avoir gagné la médaille d'or en slalom lors des Mondiaux de 1987 à Crans-Montana ©Keystone-ATS
Ski alpin
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

40 ans plus tard, Crans-Montana accueillera-t-elle à nouveau les championnats du monde de ski en 2027? Double-médaillée d’or en 1987 sur le Haut-Plateau, Erika Hess évoque ses souvenirs et croit fermement en cette nouvelle candidature.

Le jour de vérité arrive pour Crans-Montana. La station du haut-plateau saura ce mercredi soir, lors d’un congrès de la fédération internationale de ski (FIS) organisé à Milan, si elle sera le théâtre des championnats du monde de 2027. Candidate déchue pour l’édition de 2025, elle aspire à accueillir l’événement pour la 2ème fois après 1987.

«Vivre un tel événement, devant son public, ça laisse des traces, ça nous marque…»Erika Hess

«Ces Mondiaux d’il y a 40 ans étaient magiques», se souvient Erika Hess, titrée en slalom et en combiné sur la piste du Mont-Lachaux. «Vivre un tel événement, devant son public, ça laisse des traces, ça nous marque…Je me rappelle de cette ambiance, des Valaisans qui avaient accueilli les Suisses-allemands et les fans étrangers. C’était une vraie fête du ski. C’était l’euphorie, la folie, encore plus au vu de nos résultats.»

La razzia suisse

À domicile, les Helvètes avaient en effet réalisé une véritable razzia. Quatorze médailles obtenues sur trente possibles, dont huit en or. «Aussi bien chez les hommes que chez les femmes, on s’était très bien préparés», relève l’Obwaldienne aujourd’hui établie dans le Canton de Vaud. «Chacun se tirait vers le haut. On avait des athlètes de pointe qui haussaient le niveau durant les entraînements. On avait un entourage en or. Des entraîneurs et des servicemen au top. Tout roulait à ce moment-là et quand c’est le cas, il faut en profiter. Construire une équipe aussi forte, ça prend souvent des années.»

«Finir ma carrière sur deux titres mondiaux à Crans-Montana, c’était le rêve.»Erika Hess

Ces championnats du monde de Crans-Montana avaient donné l’occasion à Erika Hess de s’offrir une fin de carrière en apothéose. À seulement 25 ans, elle avait choisi de mettre un terme à son parcours professionnel à l’issue de cette saison 1986/1987. «Finir comme ça, c’était le rêve. Ces deux titres mondiaux, c’est certainement ce qui a le plus marqué les gens me concernant.»

Les résultats à Schladming, les émotions à Crans

Pourtant, ce doublé sur le Haut-Plateau est loin d’être le seul fait d’armes de la carrière de l’ex-championne. «J’avais quand même signé un triplé en 1982 à Schladming (ndlr: titrée en slalom, en combiné et en géant). Au niveau des résultats, ces Mondiaux en Autriche étaient encore plus forts. Mais évidemment que d’un point de vue émotionnel, Crans-Montana est un souvenir qui restera toujours ancré dans mon cœur.»

«Évoluer à domicile, c’est à la fois une pression et une source de motivation.»Erika Hess

À l’époque, Erika Hess, Vreni Schneider, Maria Walliser, Pirmin Zurbriggen et consorts avaient su répondre aux attentes élevées qui pesaient sur leurs épaules pour offrir à la Suisse sa plus belle moisson de médailles lors de Mondiaux. «Évoluer à domicile, cela peut rajouter de la pression», reconnaît l’ex-athlète de 60 ans. «On sent que le public veut nous voir gagner pour que la fête soit la plus belle possible. Mais si c’est un certain poids, c’est aussi une source de motivation de se sentir à ce point soutenu. Je me rappelle que sur le moment, on regrettait de ne pas pouvoir nous lâcher et célébrer comme le public. Notre saison n’était pas encore finie donc il fallait rester sérieux. Malgré ça, je le répète, on a vécu quelque chose de magique à Crans-Montana.»

Principal atout de Crans-Montana: le passé

Aujourd’hui, la station du haut-plateau n’est pas seule dans la course à l’organisation de ces Mondiaux 2027. Face à elle: les Allemands de Garmisch, les Norvégiens de Narvik et Soldeu dans la Principauté d’Andorre. «Le passé est le principal atout de Crans-Montana», affirme celle qui s’est adjugé à deux reprises le gros globe de cristal, en 1982 et 1984. «Il y a 40 ans, elle avait déjà prouvé qu’elle était capable non seulement de créer une belle fête mais aussi de mettre sur pieds de belles courses. Et puis, de manière générale, les Mondiaux sont pour moi un événement de la bonne taille pour la Suisse. Organiser des Jeux Olympiques me ferait bien plus peur à l’heure actuelle.»

«L’organisation de ces mondiaux créerait un vrai élan. Si cette candidature aboutit, tout le monde en profitera.»Erika Hess

Erika Hess le relève aussi: l’organisation de championnats du monde en Valais aurait d’importantes retombées sur le Canton mais, aussi, sur la Suisse dans son ensemble. «Cela créerait un vrai élan. Les entraîneurs pourraient se fixer un but à un peu plus long terme. Les jeunes également auraient cet objectif en tête. Et puis pour tous les amateurs de ski du pays, assister à un tel événement serait une chance. Si cette candidature aboutit, tout le monde en profitera, j’en suis convaincue!»

Quarante ans après la fabuleuse épopée d’Erika Hess et de ses compères, la relève suisse aura-t-elle à son tour l’occasion de disputer des championnats du monde sur les hauteurs de Crans-Montana en 2027? Réponse ce mercredi soir à Milan.

Didier Plaschy: «Le Valais a besoin de grandes manifestations sportives»
Entraîneur et co-directeur de Ski Valais, le Haut-Valaisan Didier Plaschy suit évidemment d'un oeil attentif cette candidature de Crans-Montana pour l'organisation des championnats du monde de 2027. Adolescent il y a quarante ans, il garde des souvenirs précis des Mondiaux de 1987 sur le Haut-Plateau. Et il clame l'importance d'organiser un tel événement pour notre canton.
«La taille d'un événement comme les Mondiaux est adaptée au Valais»
CM
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