Entremont: "Fusion ou non, on se voit une fois par mois entre présidents de communes"

Oriane Binggeli
Journaliste RP

En Entremont, on n’est pas près de fusionner, mais on sait collaborer. Que ce soit entre les communes de la vallée et avec les homologues de l’étranger, des projets émergent. On poursuit notre série sur les vallées latérales avec un épisode consacré à la politique d’Entremont.

On poursuit notre série sur les vallées latérales et on parle politique en Entremont ce mercredi. Si on considère le territoire depuis la sortie de Martigny Croix, jusqu’au col du Grand St-Bernard, la région compte 5 communes : Bovernier, Sembrancher, Orsières, Liddes et Bourg-St-Pierre.

L’an dernier, Rhône FM avait analysé les projets d’avenir de chacune, la question centrale étant de savoir si une fusion entre elles était possible, souhaitable, voire nécessaire. A ce moment-là, les discussions étaient plutôt au point mort, et le projet rangé dans un tiroir. Mais certaines nourrissaient l’espoir de le ressortir et créer une commune d’Entremont forte et unie.

Des discussions sans urgence

Et depuis ? Rien n’a vraiment évolué, concèdent les présidents de communes. Ça discute, mais sans plus. "On attend encore des prises de position de la part de Sembrancher et Bovernier", indique Joachim Rausis, président d'Orsières. "En ce qui nous concerne, on reste ouvert à la discussion, mais on attend que les autres communes nous contacte."

Dans la vallée, personne ne semble avoir le couteau sous la gorge. A Bourg-St-Pierre, on vit même encore plutôt confortablement, tant que les autorités actuelles restent en place. "La commune n'a plus connu d'élections communales depuis au moins trois législatures", révèle le président Gilbert Tornare, lui-même en fonction depuis plus de trente ans. "Le problème qui pourrait donc nous guetter est celui de la relève, mais pour l'heure ce n'est pas le cas."

Des rencontres régulières

Lentement ou pas, mariage ou pas, les présidents des 5 communes se rencontrent régulièrement. Une fois par mois, à en croire Johachim Rausis dans le cadre d’une conférence organisée par le préfet d’Entremont. Sur place, sont renforcés tous les liens intercommunaux. Et d’autres projets sont créés. Dernier en date : un Etat-Major intercommunal a été pour gérer les catastrophes naturelles sur tout le territoire. "Si on ne s'entendait pas bien entre nous, une telle entité n'aurait jamais vu le jour", estime Joachim Rausis. "C'est une source de tranquillité énorme pour les autorités, de savoir que ces affaires de sécurité sont entre les mains de professionnels."

Une vallée ouverte vers l'étranger

Ça fonctionne donc bien entre les communes de la vallée mais avec l’international aussi. On l’a évoqué, contrairement à Bagnes, ou Hérens, Entremont ne se termine pas en cul de sac. La vallée tisse des liens avec l’Italie, et aussi la France. Orsières, entre autres, fait partie de l’Espace Mont Blanc, une entité fondée en 1991, qui regroupe des communes de la vallée d’Aoste et de la région de Chamonix. "Ne serait-ce qu'en termes d'échanges et d'expériences, les dialogues sont riches", analyse le président d'Orsières. "Mais c'est aussi important de se coordonner au niveau de nos lois en matière de tourisme, pour accueillir au mieux nos hôtes sur le territoire, par exemple sur le tour du Mont-Blanc."

OB
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