En 24 heures, Ayent prend deux décisions opposées pour son triage forestier

Didier Morard
Journaliste

Savièse, Grimisuat et Arbaz adhèrent à l’association forestière du Cône de Thyon. La commune d’Ayent, elle, est dans l’incertitude. Son Conseil général a accepté le projet mais la bourgeoisie l’a refusé.

«Situation singulière», reconnaît d’emblée le président de la commune d’Ayent, Christophe Beney. Cocasse, pourrait-on dire aussi. En moins de 24 heures, l’élu du Centre a vécu des hauts et des bas. Lundi soir, la bourgeoisie d’Ayent a refusé d’adhérer à l’association forestière du Cône de Thyon. «Un certain groupe politique [Ndlr : l’UDC] a fait venir ses sympathisants en nombre pour exercer leur droit politique», explique bon joueur Christophe Beney. Mais la Municipalité a gagné le match retour moins de 24 heures plus tard, mardi soir, au Conseil général dans une ambiance survoltée et après quelques couacs. Il a fallu notamment revoter à bulletins secrets après l’oubli des scrutateurs de vider l’urne avant le début de la séance. Finalement, l’adhésion de la commune d’Ayent au Cône de Thyon a été validée par 12 voix pour, 10 contre et deux abstentions. «Le rapport qui a été soumis au Conseil général était lacunaire. Le travail a été bâclé» tacle Roman Kudinov, le chef du groupe UDC et auteur d’un rapport de minorité. «En termes financiers, la commune d’Ayent n’a aucun intérêt à adhérer au Cône de Thyon» rajoute l’élu agrarien.

«On prend acte de ces deux décisions populaires»

Christophe Beney, président de la commune d’Ayent

Du côté de la Municipalité, le président Christophe Beney, savoure sa revanche. «La commune d’Ayent va adhérer au Cône de Thyon dans le cadre de ses prérogatives sur la gestion des forêts. Le propriétaire des forêts [Ndlr : la bourgeoisie] a lui décidé de refuser. Il devra analyser la manière dont il souhaite que ses forêts soient gérées en donnant des mandats à des entreprises X ou Y.» Aujourd’hui, le président d’Ayent se veut conciliant, malgré le flou qui règne autour de ces deux votes diamétralement opposés. «On prend acte de ces deux décisions populaires et on va réfléchir avec les différents acteurs en respectant les avis des uns et des autres».

Le projet va de l’avant

Actuellement, les communes d’Arbaz, Ayent, Grimisuat et Savièse sont regroupées sous la même entité : le triage forestier Lienne-Morge. Ces prochains mois, il va être dissout. «La décision d’Ayent complique un peu le processus d’adhésion», reconnaît Jean-Michel Bonvin, le président d’Arbaz et de la commission de rapprochement. Les actifs du triage Lienne-Morge vont devoir être séparés et la part de la bourgeoisie d’Ayent remise à qui de droit. «C’est une bonne chose que la commune d’Ayent rejoigne le Cône de Thyon. Ça laisse ouvert la porte à une adhésion future, ou non, de la bourgeoisie», espère Jean-Michel Bonvin.

Quant à l’association forestière du Cône de Thyon, elle prend de l’ampleur et s’étend ainsi de l’autre côté du Rhône. «Le Cône de Thyon a une vision d’avenir, basée sur la mise en valeur du bois-énergie, ce qui n’était pas le cas du triage Lienne-Morge», justifie Jean-Michel Bonvin. Le Cône de Thyon compte 28 collaborateurs et génère près de 4 millions de francs de chiffre d’affaires, soit environ 4 fois plus que le triage Lienne-Morge.

DM
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