Deux manifestations opposées sur fond de Covid à Zurich

La police a fait usage de canon à eau, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc contre les manifestants anti-fascistes. ©KEYSTONE/ENNIO LEANZA
Manifestations
Keystone-ATS
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Deux manifestations non autorisées ont partiellement paralysé le centre-ville de Zurich samedi après-midi. Une contre-manifestation de groupes de gauche a davantage occupé la police que la réunion prévue de divers opposants aux mesures anti-Covid.

Selon un premier bilan de la police municipale, samedi soir, plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées. Réunies, les polices municipale et cantonale parlent en outre de largement plus de 100 expulsions.

Il s'agissait surtout pour la police d'éviter la confrontation entre les deux manifestations, donc de les maintenir éloignées l'une de l'autre, afin de protéger la population. La mobilisation contre les mesures sanitaires devait commencer en gare de Zurich, raison pour laquelle les contre-manifestants se sont rassemblés dans les environs.

Potentiellement violent

Mais les anti-Covid se sont finalement retrouvés ailleurs. Les réfractaires aux mesures contre le Covid ont lancé leur appel à la mobilisation dès 14h00, via les réseaux sociaux, avec l'intention de défiler en ville.

Peu après 16h00, la police municipale de Zurich a arrêté un groupe de plusieurs dizaines d'opposants aux mesures anti-Covid sur le Limmatquai. Les participants ont été priés d'annuler leur défilé prévu en direction de la gare. Ils ont été contrôlés, expulsés et dénoncés, a annoncé la police sur Twitter.

Un peu plus tôt, la police municipale avait interpellé en vieille ville "un groupe important et potentiellement violent de personnes" appartenant à la scène d'extrême droite. Elles étaient 31, selon le communiqué de la police en soirée et ont été emmenées au poste pour compléments d'informations, a précisé la police.

Canon à eau, lacrymo et balles en caoutchouc

A 14h00, plusieurs centaines de manifestants antifascistes avaient paralysé les abords de la gare principale. Ces contre-manifestants, qui s'étaient donné rendez-vous notamment vers le Musée national en criant "Züri Nazifrei", ont été autorisés à se rendre dans le 4e arrondissement, à quelques centaines de mètres de la gare, dont la police a appelé les badauds à éviter le périmètre.

Selon la police, ils étaient un millier près du Musée national et plusieurs centaines aux environs de la gare. Les manifestants ont emprunté différents itinéraires à travers le centre-ville. Il y a eu plusieurs escarmouches avec la police municipale, laquelle a parfois été massivement harcelée, selon ses déclarations.

Elle a riposté avec des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Peu avant 16h00, divers groupes de cette contre-manifestation se sont réunis sur la Langstrasse, dans le 4e arrondissement. Puis ils se sont déplacés vers l'Helvetiaplatz, où ils ont célébré leur action: "Nous avons expulsé les nazis", ont-ils scandé, estimant avoir donné un signal contre l'extrême droite.

Les antifascistes estiment que "tous ces manifestants contre les mesures sanitaires ne sont certes pas d'extrême-droite, mais que l'évolution est inquiétante", en allusion à la présence d'un "groupe néo-fasciste" derrière lequel des manifestants contre les mesures liées au Covid se seraient retrouvés récemment à Berne.

Deux manifs interdites

Aucune des deux manifestations - tant celle des opposants aux mesures que celle des groupes de gauche - n'avait été autorisée. La police zurichoise avait prévenu en début de semaine qu'elle se préparait à une intervention, après que des groupes d'extrême-gauche ont appelé à une contre-manifestation face aux opposants aux mesures sanitaires.

Les polices municipale et cantonale de Zurich était déjà sur place peu après midi avec un important contingent. Quatre fourgons blindés munis de barrières étaient garés au milieu de la gare principale, dont diverses entrées ont été bloquées.

ATS