Deux Français arrêtés après la prise d'otages du Locle (NE)

Keystone-ATS
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Deux Français, suspectés d'être liés à une prise d'otage dans une entreprise d'horlogerie jeudi soir au Locle, ont été placés en garde à vue après une fusillade avec la police à Pontarlier. Aucun butin n'a pu être emporté par les malfrats.

Après le séquestre de quatre otages au sein de la société locloise de polissage Calçada, les deux suspects ont pris la fuite vers la France voisine à bord d'une voiture volée. Ils ont ensuite été repérés par la police française, prévenue par les autorités suisses.

Une "brève" course-poursuite s'est terminée dans une impasse à Pontarlier, ville proche de la frontière et sise à 40 kilomètres de la Mère-Commune. "La BMW volée a percuté avec grande force le véhicule des policiers, qui a reculé de 10 mètres", a expliqué le procureur de Besançon, Etienne Manteaux, vendredi en fin de journée.

Un policier "a sorti son fusil mitrailleur et a vidé les 30 munitions de son chargeur exclusivement sur le bloc moteur pour stopper le véhicule", ainsi que quatre munitions dans la vitre arrière de la voiture avec une arme de poing pour enfin réussir à stopper et interpeller ces suspects "cagoulés et armés" sans les blesser, selon le magistrat.

"Ce policier a fait preuve d'un sang froid exceptionnel", alors que l'un des malfaiteurs a dirigé une arme de poing dans sa direction, sans l'utiliser, a souligné M. Manteaux.

Leur garde à vue notamment pour "tentative d'homicide" sur les policiers et "enlèvement et séquestration" en Suisse devait être prolongée vendredi soir.

Agés de 35 et 46 ans, ces "malfaiteurs de très haut vol" ont chacun une dizaine de condamnations à leur actif, notamment pour des faits de violence et d'évasion, a relevé le procureur. Le plus âgé était sorti de prison en 2020 après une condamnation, dans la Loire, à 25 ans de réclusion criminelle, dont deux-tiers de sûreté.

D'abord à domicile

D'après le communiqué de la Police neuchâteloise publié vendredi, les faits se sont déroulés jeudi à partir de 17h30 environ, heure à laquelle un employé de l'entreprise de sous-traitance horlogère a été pris en otage par deux individus armés d’un pistolet, avec sa compagne à son domicile chaux-de-fonnier.

Sous la menace, l’otage et sa compagne ont été contraints de se déplacer jusqu'à l’usine située dans le quartier de la Jaluse au Locle, à une petite dizaine de kilomètres de La Chaux-de-Fonds. Sur place, deux employés qui terminaient des travaux journaliers ont également été pris en otage, a expliqué la Police neuchâteloise.

Toujours sous la menace, les auteurs se sont fait ouvrir plusieurs coffres de l’entreprise qui contenait des métaux précieux. Une alarme silencieuse s’est toutefois déclenchée, avisant du coup la société chargé de la sécurité du site. L’alarme transmise à la Police neuchâteloise a déclenché une opération d'envergure.

Pas de butin emporté

L’arrivée d’un premier agent de sécurité privé, vraisemblablement signalé aux auteurs par des complices extérieurs, a eu pour effet de faire fuir ceux qui se trouvaient à l’intérieur du bâtiment. En conséquence, le butin n’a pas pu être emporté, a relevé la Police neuchâteloise.

Quelques minutes plus tard, les auteurs dérobaient un véhicule qui se trouvait à proximité de l’entreprise, en usant de violence physique sur sa conductrice. L'acte de "carjacking" accompli, ils ont pris la fuite à bord de la voiture. Celle-ci a ensuite été repérée à Pontarlier à 19h10.

Il n'y a aucun blessé à déplorer parmi les otages. Les quatre victimes ainsi que la conductrice du véhicule dérobé ont été choquées et encadrées par une unité spécialisée. Un dispositif policier "très important" a été déployé. Le périmètre a été bouclé momentanément pour permettre le bon déroulement de l'opération.

Cette dernière a consisté en l’engagement de sept patrouilles de gendarmerie, du groupe d’intervention, du groupe négociation, d’éléments de la police judiciaire, du service forensique, ainsi que l’appui préventif de deux ambulances et leur personnel spécialisé. Le Ministère public neuchâtelois a ouvert une instruction pénale.

ATS
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