Des négociateurs à Genève pour avancer sur la biodiversité

Des centaines de milliards par an manquent pour garantir une meilleure protection de la biodiversité (archives). ©KEYSTONE/EPA EFE/DAVID GUZMAN
Environnement
Keystone-ATS
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Les négociateurs sur la biodiversité ont repris leurs discussions en présentiel, après deux ans d'interruption, pour tenter d'avancer vers un accord mondial à Kunming, en Chine, comparable à celui sur le climat. Deux semaines de travaux ont débuté lundi à Genève.

Les discussions vont de la diminution de la pollution au rétablissement des écosystèmes en passant par une meilleure cohabitation avec la nature. "Le monde est clairement impatient d'une action urgente pour protéger la nature", a insisté la secrétaire exécutive de la Convention sur la biodiversité, Elizabeth Maruma Mrema.

Le moment est venu d'aboutir cette année à un accord "historique", selon elle. Il faut modifier la situation des pertes de biodiversité, a-t-elle affirmé lundi matin à la presse. Devant les participants, le chef de la délégation suisse, le chef des affaires internationales à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) Franz Perrez a relevé que la solution viendrait "de chacun de nous", appelant les acteurs à mettre leurs intérêts de côté pour contribuer à l'effort commun.

Il faut notamment régler des questions de biodiversité marine et agricole ou encore des financements de l'effort mondial à prévoir. Il manque environ 700 milliards de francs par an pour atteindre de nouveaux objectifs, selon Pro Natura. L'ONG appelle à abolir ou redistribuer des subventions qui affectent la biodiversité. Celles-ci pourraient couvrir trois quarts du montant requis, selon Mme Mrema.

Selon un rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), considérée comme le GIEC de la biodiversité, un million d'espèces pourraient s'éteindre d'ici les prochaines décennies. Une coalition dont fait partie la Suisse veut garantir la protection d'au moins 30% des terres et des océans en 2030. Actuellement, cette part n'atteint que 6% du territoire suisse et environ 16% dans le monde.

Demande aux différents Etats

Parmi les objectifs établis en 2010 pour 2020, aucun n'a été atteint, déplore encore Pro Natura. L'organisation souhaite "des décisions importantes" au terme des deux prochaines semaines à Genève. Pour les ONG, les divergences restent élevées. Pro Natura dénonce l'association insuffisante des acteurs de l'économie, des transports et de l'agriculture en appelle à la responsabilité des Etats pour établir des politiques adaptées.

Le nouveau cadre de référence veut rétablir 20% des écosystèmes dégradés. Plutôt que des nouvelles forêts, il faut oeuvrer à éliminer les énergies non renouvelables et à protéger ceux qui n'ont pas été affectés, selon un responsable de Pro Natura.

Et plusieurs organisations souhaitent que cette session permette d'étoffer un peu le projet de texte pour un cadre international pour 2030 puis 2050. Tous les acteurs, notamment le secteur privé, ont été entendus ces deux dernières années et seront à Genève. Des ONG, dont le WWF International, et des entreprises ont lancé lundi un appel commun pour des engagements positifs, notamment sur l'élimination des subventions problématiques.

Les 195 Etats participant à la Convention sur la biodiversité devront ensuite tenter d'approuver le cadre à Kunming. La COP15 de la biodiversité prévue avait dû être reportée en 2020 en raison de la pandémie et pourrait avoir lieu en août dans cette ville chinoise. Le calendrier pourrait être annoncé dans les prochains jours, selon la secrétaire exécutive.

ATS