De l'équitation aux poursuites et faillites. Rencontre avec la cheffe de service Karla Z'Brun

Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Cela fait huit mois que Karla Z'Brun est à la tête de l'un des plus grands secteurs de l'Etat du Valais: celui des poursuites et faillites. Elle gère quelque 140 employés. Portrait de l'une des 7 femmes cheffes de service.

Cela peut peut-être étonner, mais la cheffe des poursuites et faillites valaisannes était plutôt partie sur une carrière dans le saut d’obstacles. Issue d’une famille qui a le cheval dans le sang, un papa qui voulait être paysan et un frère qui était toujours juché sur une selle, Karla Z'Brun ne se voyait pas du tout dans l’économie, les liquidations d’entreprises, les poursuites et les ventes aux enchères. «Pendant une grande partie de ma vie, l'équitation était une priorité. L'école, les études, c'était quelque chose que je faisais "à côté".»

Cette originaire de La Souste a même été classée: championne valaisanne et deuxième au niveau romand. Lorsque nous lui posons la question, elle semble gênée de revenir sur ses victoires: «C'était une autre époque, cela me paraît maintenant très loin...»

Il s'agit peut-être un lointain souvenir, mais certaines compétences issues de cette période restent, comme le français qu'elle parle avec un léger accent mais pratiquement sans faute.

Douze ans à Zurich

C'est néanmoins à Berne qu'elle effectue un Master en économie avec spécialité contrôle de gestion. Karla Z'Brun décide ensuite de poursuivre sa formation dans le monde bancaire. Elle y est confrontée pour la première fois au domaine des poursuites et faillite. Une branche où l’on fait face à des drames humains, des difficultés familiales, des divorces, des personnes qui perdent leur empois. Elle l’admet, un domaine «pas facile», mais où l’on ne peut pas faire du social. «Il faut appliquer la loi. C'est notre travail. Mais les situations individuelles ne sont pas toujours agréables.»

Pendant 12 ans, elle poursuit sa carrière du côté de Zurich. Elle s’y marie, avec un informaticien valaisan. Et elle n’imagine d’ailleurs pas vraiment revenir sur le canton. «C'était un choix un peu difficile. Mon mari est devenu indépendant. Nous nous sommes dit "autant exercer en Valais plutôt qu'à Zurich." Alors nous sommes rentrés. Aujourd'hui, je ne regrette pas. La famille est proche. Il y a de nombreuses possibilités de faire du sport, du ski. Mais voilà, ça n'était pas une décision facile à prendre».

Grosse hésitation avant de postuler

A cette période, deux éléments importants arrivent dans sa vie: un petit garçon vient agrandir la famille, et puis elle devient responsable des ressources humaines à l’office des poursuites et faillites.

En 2021, elle y travaille depuis environ huit ans, lorsque son chef, Cédric Moix quitte son poste pour devenir directeur de la Caisse de compensation du canton du Valais. Elle est nommée à sa succession, ad interim. Et on lui suggère, à maintes reprises de postuler pour reprendre la direction du service à long terme.

Sauf qu'elle hésite. « Avec ma famille, je ne me voyais pas devoir être à 100%, voire davantage et être occupée tous les jours jusqu'à tard.» Pourtant, elle le sait, elle a les compétences et elle sait qu'elle en est capable. Elle finit par postuler et se révèle être la personne la plus adéquate pour reprendre le poste le 1er mai 2021.

«Oui j'ai regretté ce choix: ça a duré deux ou trois secondes, alors que je conduisais sur l'autoroute.»

Karla Z'Brun, cheffe du service des poursuites et faillites

Aujourd'hui, elle dit avoir regretté sa décision une seule fois: «Ça a duré deux ou trois secondes, alors que je conduisais sur l'autoroute.» Depuis, elle avance. Elle a réussi à obtenir de travailler à 70%. Du moins officiellement. Car cette année 2022 doit voir la restructuration du service. Un gros enjeux, selon Karla Z'Brun: Au lieu des dix offices actuels, le Valais sera prochainement doté de cinq offices des poursuites et de trois offices dédiés aux seules faillites.

En 2022, il y a aura donc 7 cheffes de service... ou plutôt 8


La première à avoir été nommée après ce vide de près de 10 ans laissé béant par Françoise Gianadda (cheffe du Service de la population et des migrations) a été Sophie Huguet (Cheffe du Service juridique de la sécurité et de la justice), entrée en fonction en 2018.

En 2019, c'est au tour de Christine Genolet-Leubin de prendre la direction d'un service (cheffe du Service de l'environnement). Est venue ensuite en 2020 Anne-Catherine Sutermeister (cheffe du Service de la culture).
Au début 2021, Marie-Claude Noth-Ecoeur a pris ses fonctions du côté de la sécurité cantonale (cheffe du Service de la sécurité civile et militaire).
Peu après arrivait Karla Z'Brun (-Dirren) comme cheffe du Service des poursuites et faillites.
Fin 2021, une nouvelle cheffe a été nommée à la formation en la personne de Tanja Fux (cheffe du Service de la formation professionnelle).
Et pour finir, en 2022, une septième prendre le chemin de la direction d'un service: Sandra Tiano deviendra responsable de la population et des migrations.


Dans le même statut que «cheffe de service», notons également celui de secrétaire générale d'un département. A ce titre nommons encore Kathia Mettan qui travaille depuis 2015 au sommet du Département de la mobilité, du territoire et de l'environnement de Franz Ruppen.

Notre portrait à écouter:

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