De l’argent pour les éleveurs valaisans qui s’occupent des races autochtones

La vache d'Hérens fait partie des races autochtones ©Yves Crettaz / Rhône FM
Élevage
Yves Crettaz
Journaliste stagiaire

Le Valais s’est doté en février 2021 d’une directive sur les races autochtones dans un but de maintenir l’élevage et la détention respectueuse d’animaux de la région. Elle permet de soutenir les jeunes éleveurs valaisans. Une année après, le canton tire un premier bilan positif de son opération.

L'État du Valais a fait le point ce mercredi sur les versements aux agriculteurs qui ont bénéficié de subsides pour élever des races autochtones à l'image de la vache d'Hérens. Le but de la mesure : maintenir l’élevage et la détention respectueuse d’animaux de la région.

En contrepartie, les éleveurs reçoivent une aide financière. Cette dernière est à utiliser pour des constructions rurales ou des rénovations d’exploitations.

Selon Laurent Maret, chef de l'office des améliorations structurelles, le principe est simple : « Les éleveurs viennent d'eux-mêmes quand il ont des besoins au niveau structurel, que ce soit pour la création, la rénovation ou l'agrandissement de ruraux. Ils peuvent volontiers faire une demande d'adhésion à ce programme ».

Les exploitants perçoivent également une certaine somme en fonction du nombre de bêtes qu’ils détiennent. Elle est calculée grâce à l’UGB, l’unité de gros bétail, qui correspond approximativement à une vache d'Hérens.

« Le bilan est relativement bon »Blaise Maître, responsable du secteur zootechnie à l’office de l’économie animale

Un an après sa mise sur pied, « le bilan est bon ». C’est Blaise Maître, responsable du secteur zootechnie à l’office de l’économie animale, qui le dit. Les résultats enregistrés confirment la direction choisie et incitent même à poursuivre les efforts entrepris par l'État du Valais.

3 objectifs

Les autorités cantonales en charge du dossier ont défini trois objectifs. Premièrement, la directive consiste à augmenter la performance économique des exploitations, au moyen de soutiens financiers. Ensuite, elle permet la valorisation de la production laitière et des produits typiques à la race d’Hérens à l’image du label "Fleur d’Hérens". Enfin, la sauvegarde des races autochtones ne pourra se faire sans assurer la relève des éleveurs.

Un projet qui dure au minimum vingt ans

En 2021, six exploitations ont bénéficié d’un soutien spécifique pour un total supérieur à 400'000 francs pour environ 150 bêtes. En contrepartie, ces exploitants s’engagent à détenir leur bétail composé de 80% de races autochtones, durant vingt ans au minimum et à suivre un programme d’élevage. Pour cette année à venir, cinq nouveaux dossiers sont déjà en cours pour bénéficier de ces conditions.

« Le montant perçu dépend du nombre de bêtes », précise Laurent Maret, chef de l'office des améliorations structurelles. « Tout dépend des régions dans lesquelles on se situe, du nombre de bêtes, etc. Ce n'est pas si simple à calculer », précise Laurent Maret.

De g. à d. : Virginie et Sébastien Sauthier, Blaise Maître (responsable du secteur zootechnie), Laurent Maret (chef de l’Office des améliorations structurelles), Jean-Jacques Zufferey (chef de l’Office de l’économie animale).
De g. à d. : Virginie et Sébastien Sauthier, Blaise Maître (responsable du secteur zootechnie), Laurent Maret (chef de l’Office des améliorations structurelles), Jean-Jacques Zufferey (chef de l’Office de l’économie animale).

Quelque 5000 francs par année pour son bétail

Blaise Maître, responsable du secteur zootechnie à l’Office de l’économie animale, explique qu'un exploitant peut engendrer plusieurs milliers de francs par année :  « Par exemple, Sébastien Sauthier est agriculteur à Vollèges. Il perçoit 5200 francs soit le 10% du coût de son projet global ».

Pas que pour les vaches d'Hérens

La Fédération suisse d’élevage de la race d’Hérens a fait office de moteur dans la réflexion liée aux races autochtones. Pour cette année dite "de test", elle ne concernait que la vache d'Hérens. Il s’agit désormais d’intégrer également les deux principales autres races d’origine valaisanne, à savoir les moutons Nez Noir et les chèvres à Col Noir.

Des objectifs d’amélioration morphologiques et de production les concernant figureront dans la prochaine édition de la directive. L’accent sera de plus mis sur la formation et l’information destinées aux jeunes. Dans cet esprit, une bande dessinée mettant en scène les trois principales races est en cours de préparation.

YC
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