Daniele Marghitola, le jeune retraité aux multiples casquettes

Daniele Marghitola ©Rhône FM
Hockey
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

À 33 ans, Daniele Marghitola a décidé de mettre un terme à sa carrière de joueur ce printemps. Depuis, il n’a pas quitté les patinoires pour autant puisqu’il occupe diverses fonctions au sein de l’organisation Valais-Chablais. Rencontre.

Depuis dix ans maintenant, Daniele Marghitola est un visage bien connu des patinoires valaisannes. Arrivé à Sierre d’abord, passé ensuite par Red Ice avant un retour dans la cité du Soleil, le Tessinois évoluait ces trois dernières saisons du côté du HCV Martigny en MySports League. Défenseur expérimenté, cadre du vestiaire du Forum, il a décidé de raccrocher les crampons au terme d’un dernier exercice tronqué par la pandémie.

Plusieurs raisons à raccrocher les patins

«Une multitude de choses sont entrées en ligne de compte au moment de prendre ma décision», explique-t-il. «Ces dernières années, j’ai subi pas mal de blessures et ça a forcément joué un rôle. Je sentais que j’arrivais à la limite de ce que mon corps pouvait supporter. La situation sanitaire a aussi accéléré cette décision. Et vous savez, la MySports League est un championnat très exigeant. C’est difficile de bien concilier vie sportive et vie professionnelle.»

«Devenir entraîneur ne faisait pas partie de mes plans.»Daniele Marghitola

S’il a donc décidé de raccrocher les patins, Daniele Marghitola n’a pas quitté les patinoires pour autant. Bien au contraire. «Effectivement, depuis la fin de mon parcours de joueur, j’assume de nombreux rôles», sourit-il. «J’ai commencé par m’occuper de la préparation physique du HCV Martigny et du mouvement juniors. Ensuite, on m’a proposé de devenir entraîneur du HCV Sion. Cela ne faisait pas partie de mes plans car la préparation physique me prend déjà passablement de temps. Et en plus, dans le cabinet de physiothérapie où je travaille, on s’occupe de tout le système médical du club. Le travail ne manque donc pas mais j’ai quand même décidé d’accepter et de me lancer ce défi.»

Encore en phase d’apprentissage

Passionné de son sport, le Tessinois tenait à garder un pied – au moins – dans ce monde particulier. «La seule interrogation était de savoir quel rôle je souhaitais assumer. Pour l’instant, je suis encore en phase d’apprentissage, je teste différentes casquettes pour savoir laquelle me plait le plus. Je ne me voile pas la face, je sais très bien qu’à moyen-long terme, ce ne sera pas possible de continuer toutes ces activités.» Autre élément qui était clair dans son esprit: sa volonté de rester en Valais et de ne pas retourner dans son Tessin natal. «Surtout en raison de mon activité principale: celle de physiothérapeute. On a eu la chance de reprendre ce cabinet avec deux associés donc je ne souhaitais pas le quitter. Après dix ans passés en Valais, je crois pouvoir dire que même si je n’oublie pas mes racines, je suis un vrai Valaisan d’adoption. Dès mon arrivée dans ce canton, j’ai senti que je pouvais m’y établir sur la durée.»

«En tant que joueur, tu penses surtout à ta performance alors qu’en tant qu’entraîneur, tu dois gérer et voir des choses pour 20 personnes. Cette transition prend du temps.»Daniele Marghitola

Au moment de passer du statut de joueur à celui d’entraîneur, Daniele Marghitola reconnaît avoir dû travailler sur certaines choses. «La première, c’est qu’il faut s’éloigner de sa mentalité de joueur. Parfois, on se dit qu’on a encore le niveau et on a envie d’entrer sur la glace pour aider l’équipe. La deuxième, c’est qu’il faut être capable de prendre de la distance par rapport au jeu. En tant que joueur, tu penses surtout à ta performance alors qu’en tant qu’entraîneur, tu dois gérer et voir des choses pour 20 personnes. Cette transition prend du temps.»

Pour l’aider dans sa reconversion, le Tessinois avoue s’appuyer sur son passé de joueur et sur les entraîneurs qu’il a pu côtoyer. «Dans le hockey, on n’invente rien. Bien sûr que les choses évoluent, j’étudie notamment le jeu grâce à internet mais l’expérience emmagasinée auprès de mes différents coachs m’aide chaque jour. Dans ce que j’essaie de transmettre à mon équipe, il y a une part de chacun d’eux.»

Le rôle de «petit frère» dans l’organisation Valais-Chablais

Avec son équipe comme il le dit, ce HCV Sion qui milite en 1ère ligue, l’ex-défenseur dit ne pas nourrir d’objectif particulier. «On n’en a en tout cas pas fixé pour l’instant, si ce n’est de se maintenir en 1ère ligue. Ce qu’il faut savoir, c’est que notre groupe change constamment. Parfois, on accueille des juniors, d’autres fois des joueurs de Martigny en MySports League.» En tant que «petit frère» dans l’organisation Valais-Chablais, la première mission du club sédunois est donc d’aider celui du coude du Rhône à tourner. «Quand des joueurs sont surnuméraires là-bas, ils ont du temps de jeu chez nous. Et comme en Valais, il n’y a pas de juniors Elite, on fait office d’intermédiaire entre les juniors Top et la MySports League. Sans nous, le saut serait trop grand.»

Être à la tête d’une équipe en perpétuel changement pourrait poser des problèmes à certains entraîneurs. Pas à Daniele Marghitola. «La chance que l’on a, c’est que chaque joueur comprend bien son rôle. Ceux qui viennent de Martigny savent qu’ici, ils ont la chance de jouer les matches plutôt que de les regarder depuis les tribunes. C’est un moyen pour eux de se montrer pour regagner une place en MySports League. Et c’est pareil pour les jeunes. Ils savent que jouer avec nous leur permet de se frotter à un niveau supérieur.»

«Comme tout le monde, j’ai vécu des hauts et des bas mais je n’ai aucun regret en repensant à ma carrière de joueur.»Daniele Marghitola

Si concernant le futur, le Tessinois ne veut fermer aucune porte – «Encore une fois, je sais qu’un choix devra être fait entre les différentes casquettes que je porte mais je me laisse le temps de le faire» - lorsqu’on lui demande de regarder dans le rétroviseur, l’ex-défenseur dit ne nourrir aucun regret par rapport à son parcours de joueur. «Comme pour tout le monde, j’ai vécu des hauts et des bas mais je suis très content de ce que j’ai accompli dans ma carrière.»

Trois saisons et demi en Ligue A

Une carrière dont l'un des principaux hauts est représenté par ces trois saisons et demi passées sous la tunique de «son» Ambri-Piotta il y a une dizaine d’années. «Là-bas, j’ai eu la chance de jouer au plus haut niveau. Les souvenirs sont un peu moins bons au niveau de l’expérience sportive puisque nous avions à chaque fois dû nous battre contre la relégation. Si je repense à mon parcours, d’autres moments m’ont marqué plus positivement. Je pense à la promotion vécue avec Sierre, de la 1ère à la MySports League, ou même à la finale perdue avec Martigny contre Sierre justement. Même si le niveau était moins élevé, ces souvenirs ont la même valeur que ces années en Ligue A.»

«Évidemment qu’entraîner Ambri serait très intéressant. Mais avant de le voir comme un rêve, il faut déjà que je sois convaincu qu’entraîner est quelque chose que je peux faire et bien faire.»Daniele Marghitola

Daniele Marghitola le dit et le répète: il se sent bien en Valais. Et même lorsqu’on le titille en évoquant l’hypothèse de le retrouver, d’ici quelques années, derrière la bande des «biancoblù», le Léventin botte en touche. «Évidemment que dit comme ça, ce serait très intéressant. Mais je n’arrive pas à me projeter si loin. Et ça ne fait pas partie de mon projet actuellement. Avant de le voir comme un rêve, il faut déjà que je sois convaincu qu’entraîner est quelque chose que je peux faire et bien faire. Je veux surtout être réaliste avec mon potentiel.»

Très terre à terre, le Tessinois est pleinement focalisé sur les tâches qui sont les siennes actuellement: physiothérapeute, préparateur physique et entraîneur. Prochain rendez-vous pour lui et le HCV Sion samedi soir à l’Ancien-Stand face à Adelboden.

CM
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