Covid, confinement, guerre en Ukraine : le marché de l'automobile à la peine

Le marché de l'automobile connaît toujours une reprise poussive. (image prétexte) ©KEYSTONE/EPA/EVERETT KENNEDY BROWN
Economie
Didier Morard
Journaliste

L’année 2021 a été compliquée pour le monde de l'automobile. La pandémie a pesé sur l’importation des véhicules. Aujourd’hui, c’est la guerre en Ukraine qui inquiète les professionnels de la branche.

La section valaisanne de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA) tenait ce mercredi à Sion ses assises. Pour sa 92e assemblée générale ordinaire, l’UPSA a convoqué ses membres au Service de la circulation routière et de la navigation. Avant la visite du tout nouveau « service auto », la faîtière est revenue sur l’année écoulée. «2021 a été une année compliquée. On a eu des problèmes d’approvisionnement dans le secteur de l’automobile. On a eu un marché 2021 qui était 20 à 25% en-dessous du marché avant-Covid», explique Charles-Albert Hediger, président de l’UPSA Valais.

«L’Ukraine est un gros producteur de câbles électriques.»Charles-Albert Hediger, président de la section valaisanne de l’UPSA

Seule bonne nouvelle pour le monde de l’automobile : l’explosion des ventes de véhicules hybrides et électriques. «On peut se réjouir de l’évolution du marché. Le canton du Valais a soutenu cette promotion en subventionnant l’achat des véhicules mais aussi des bornes de recharge. Cette année [NDLR : 2022], ce programme devrait être revu à la baisse vu le succès de cette promotion. Aujourd’hui on arrive sur un marché mature et c’était logique que ces subventions prennent fin.»

Un retour à la normale ?

Les perspectives pour 2022 sont encore assez sombres. Le Covid paralyse encore les importations de véhicules. Le confinement du port chinois de Shanghai ralentit la reprise économique pour la branche. La guerre russo-ukrainienne apporte aussi son lot de conséquences. « L’Ukraine est un gros producteur de câbles électriques. Des usines ont été affectées par cette diminution de la production. Aujourd’hui, il semblerait que la situation se stabilise. Il faut qu’on prenne conscience que la dépendance vis-à-vis de l’étranger est un risque à mesurer dans les perspectives du développement des marques », explique Charles-Albert Hediger. Les difficultés liées au Covid et à la guerre en Ukraine viennent s’ajouter à un constat : le monde de l’automobile est en plein chamboulement. «Nos formations doivent évoluer. Nous devons nous adapter aux nouvelles technologies. Les voitures hybrides et électriques demandent de nouvelles connaissances. Nous avons beaucoup de formations continues dans notre branche pour que nos collaborateurs puissent rester à la pointe du progrès», conclut Charles-Albert Hediger.

Sur les quatre premiers mois de l’année 2022, les nouvelles immatriculations en Valais se sont contractées de 4,1%.

DM