Coup d’arrêt pour la nouvelle patinoire de Martigny : « C’est un couac », affirme Nicolas Burdet

Nicolas Burdet @Rhône FM
Hockey
Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Après 14 journées le HCV Martigny trône en tête de son championnat. Situation paradoxale, le projet de nouvelle patinoire a subi un nouveau revers il y a quelques jours, en raison des contraintes budgétaires de la ville. Interview du directeur du club martignerain, Nicolas Burdet.

Nicolas Burdet, le HCV Martigny est premier du classement après 14 journées. Est-ce que vous êtes surpris ?
Oui et non. On savait qu’on avait une équipe très compétitive et qu’on pouvait viser le haut du classement. On voit aussi que tout est très serré. Daniele Marghitola et Christophe Brown font un excellent travail. On a eu aussi de la chance avec les blessures, les absences. Les résultats sont au rendez-vous. Espérons que ça dure jusqu’au terme de la saison.

Et il y a ce grand paradoxe. Vous êtes premiers et vous apprenez que le projet de nouvelle patinoire ne va pas se concrétiser comme c’était prévu à la base. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
On ne l’accueille pas forcément de manière très réjouissante. On peut même parler d’un couac. Beaucoup de travail a été fait pour ce projet, avec des ambitions pour le club, avec des campagnes de sponsoring. Désormais, ce n’est pas au point mort mais la ville nous a redonné la balle. À nous de trouver les solutions pour avancer sur ce dossier de la patinoire.

« Le concours d’architecture n’a pas été établi mais aujourd’hui on travaille pour avoir des montants concrets. » Nicolas Burdet

La présidente de la ville de Martigny a évoqué deux chiffres sur Rhône FM. 20 millions de francs à la base et 40 millions en découvrant le dossier. Qu’en est-il ?
Le concours d’architecture n’a pas été établi. Les coûts de construction n’ont pas été chiffrés. Les autorités de la ville ont visité diverses patinoires qui auraient pu servir de modèle, comme à Brigue par exemple. Nos attentes, en lien avec le public, étaient un peu différentes. Ces 40 millions, je ne sais pas s’ils sont justes mais aujourd’hui on travaille pour avoir des montants concrets.

La patinoire du Forum ne sera plus aux normes en 2025. Comment on en arrive là ?
Il y a eu un rapport demandé il y a quelques années par rapport à la situation de la patinoire. Ce rapport alarmant a mis en lumière des problèmes de sécurité, au point que les infrastructures ne soient plus utilisables en 2025. Cette possibilité existe. Il faudra certainement un nouveau rapport pour faire le point.

Est-ce vous avez un plan B ?
On analyse différentes options. On continue de travailler avec la commune de Martigny. Malgré ce qui s’est passé, on se doit de garder de bonnes relations avec les autorités. On doit travailler ensemble pour réussir à garder une structure de glace dans la ville.

« Nous avons la meilleure moyenne des affluences du championnat de MyHockey League. » Nicolas Burdet

Et est-ce qu’il y a encore une marge de rafistolage pour le Forum ?
Honnêtement je ne sais pas. Ce n’est pas mon domaine même s’il y a des liens entre notre club et le secteur de la construction. En tout cas on fera tout pour qu’une structure de glace perdure à Martigny pour le hockey, pour le patinage, le curling, les écoles et le public.

Vous faites bien de le rappeler, il y a tout un écosystème qui gravite autour de cette patinoire...
L’utilisation du Forum c’est quasiment tous les jours de 8h à 23h non-stop. Il y a une activité sportive sur la glace mais toute une activité sociale là autour. C’est très important pour favoriser la rencontre des gens à Martigny. D’ailleurs nous avons la meilleure moyenne des affluences du championnat de MyHockey League.

« On parle de plus de 300 jeunes, pas seulement de la première équipe. » Nicolas Burdet

Quelles sont vos options désormais ? Est-ce que le HCV Martigny, avec ses partenaires, aurait les reins assez solides pour financer une nouvelle patinoire ?
C’est un peu tôt pour donner des informations aussi précises que cela. Ce qu’on sait c’est que ça serait un mandat privé. La commune de Martigny est prête à trouver un terrain, à financer une partie du projet ainsi que les charges d’exploitation. On doit travailler sur cette base.

Qu’est-ce qu’on fait avec 5 millions, le montant articulé par la ville de Martigny ?
À Rarogne, une patinoire a été construite avec ce montant. Donc c’est possible. Toutefois, ce ne serait pas la patinoire de nos rêves. Elle ne conviendrait peut-être pas à un club de MyHockey League, voire de Swiss League. Et puis, il faut comprendre que nous avons, avec nos clubs partenaires, le plus grand mouvement juniors du Valais. On parle de plus de 300 jeunes, pas seulement de la première équipe.

Rarogne, Viège, etc… Il y a plein de nouvelles patinoires dans le Haut-Valais. Est-ce que vous êtes jaloux ?
Est-ce qu’il faut être jaloux du bonheur des autres ? Je ne crois pas. Ce qu’on aimerait, c’est qu’on puisse bénéficier dans le Valais francophone de structures adéquates à nos besoins.

De Monthey à Sierre, en passant par Sion et Martigny, est-ce qu’il ne faudrait pas tout simplement une nouvelle patinoire pour regrouper tout ce monde ?
C’est un grand débat, dans lequel je ne sais pas si j’ai envie de rentrer aujourd’hui (rires)…

Swiss League, quel avenir ?
Le HCV Martigny reste un club ambitieux. Il entend déposer son dossier en vue d’une promotion à l’échelon supérieur. Reste à savoir ce que deviendra la deuxième division helvétique.
« Les clubs de MyHockey League candidats à la promotion auront certainement de nombreuses questions », Nicolas Burdet
HDC
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