Convoyeurs braqués au Mont: le procès s'est ouvert à Lausanne

La police était présente en force mardi au Tribunal à Lausanne pour le début du procès d'une personne impliquée dans le braquage d'un fourgon blindé au Mont-sur-Lausanne en juin 2019. ©KEYSTONE/JEAN-GUY PYTHON
Procès VD
Keystone-ATS
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Le premier procès des braquages de convoyeurs de fonds, qui ont essaimé dans le canton de Vaud entre 2017 et 2019, s'est ouvert mardi après-midi à Lausanne. Un homme comparaît pour son implication dans l'attaque d'un fourgon au Mont-sur-Lausanne en juin 2019.

Le prévenu, actuellement détenu à Orbe, est arrivé sous bonne escorte policière au Palais de justice de Montbenon, accompagné de policiers cagoulés et armés. Les forces de l'ordre étaient aussi présentes en nombre à l'intérieur du tribunal pour surveiller l'accusé et fouiller les personnes assistant à l'audience.

Lors de cette première journée, le prévenu, un Algérien de 44 ans, a juré n'avoir joué qu'un rôle mineur dans l'attaque, perpétrée dans la zone industrielle du Mont durant la nuit du 19 au 20 juin 2019.

Cet homme, déjà condamné par le passé à 12 ans de réclusion en France pour un autre braquage, a expliqué avoir été engagé par "une connaissance" comme chauffeur et pour fabriquer des clefs pirates, destinées à voler des véhicules pour bloquer les convoyeurs. Son embrigadement se serait, par ailleurs, fait à la dernière minute, suite au désistement d'une autre personne.

Hormis cette "connaissance", il a maintenu ne pas connaître les autres membres du commando, qui était parti de la région lyonnaise. "Je n'étais qu'une pièce rapportée", a-t-il répété. Il a affirmé ne pas avoir participé à l'organisation du braquage, ni à l'attaque elle-même. "Je suis resté dans un véhicule, je n'ai pas vu grand-chose", a-t-il dit.

Ce n'est qu'en entendant une explosion, les malfrats ayant incendié les véhicules après le braquage, qu'il serait sorti de la voiture. Il a alors été gravement blessé par un retour de flamme. C'est en raison de cette blessure, dont il garde aujourd'hui de lourdes séquelles, qu'il s'était réfugié dans un hôpital d'Alicante en Espagne, où il avait été arrêté une dizaine de jours plus tard.

Trois vies bouleversées

Les trois convoyeurs de fonds présents lors de l'attaque ont aussi été entendus mardi après-midi. Tous trois ont raconté le "traumatisme" dû au braquage, notamment leurs difficultés désormais à trouver le sommeil et un sentiment proche de la paranoïa. "Quand je rentre chez moi, je prends à chaque fois un chemin différent", a raconté un convoyeur.

"On parle de Kalachnikov braqué sur la tête, pas de pistolet à eau. Une détente est si vite pressée... J'ai eu peur de mourir", a ajouté son ancien collègue.

Deux des convoyeurs ont quitté depuis l'entreprise de transport de fonds. Le troisième y est resté, mais pour travailler au bureau. "Je ne serai plus jamais capable de retourner sur le terrain dans un fourgon", a-t-il dit.

Le procès se poursuit mercredi avec la suite de l'audition du prévenu, ainsi que les plaidoiries des avocats et du procureur.

Une première

L'attaque de juin 2019 au Mont-sur-Lausanne fait partie d'une série d'assauts semblables, perpétrés en terre vaudoise entre 2017 et 2019, déjà au Mont-sur-Lausanne (avril 2018) mais aussi à Daillens (décembre 2019), La Sarraz (août 2019), Chavornay (février 2018) ou encore Nyon (mai 2017).

L'homme jugé cette semaine à Lausanne est le premier de la série à se retrouver au tribunal. Il est aussi le seul, du moins pour le moment, à comparaître en Suisse. Les autres seront jugés en France. A noter que plusieurs malfrats ayant participé à ces braquages courent toujours.

Nouvelle loi

Pour mémoire, les attaques ont cessé depuis que le Conseil d'Etat vaudois a édicté fin 2019 un arrêté urgent. Selon la nouvelle loi vaudoise, désormais entrée en vigueur, le transport de sommes importantes doit s'effectuer avec des véhicules lourds (plus de 3,5 tonnes), munis d'un blindage et équipés d'un dispositif rendant sans valeur le contenu en cas d'effraction.

De plus, le transport se fait dorénavant uniquement de jour (05h00-22h00) et la valeur transportée est plafonnée à 12 millions de francs en billets de banque. La loi exige aussi au moins deux équipiers par véhicule, chauffeur compris.

ATS
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