Chutes de pierres, la région d'Evolène sous surveillance

Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

C’était cette semaine, des chutes de pierre un peu partout autour de la Cabane Bertol à Evolène. Si le phénomène est récurrent chaque printemps avec le dégel de la montagne, le changement climatique pourrait accentuer la problématique.

Des responsables communaux, un hélicoptère et des représentants du club alpin. C’était l’équipe mobilisée ce mercredi à Evolène. En cause : des chutes de pierre liées au dégel du printemps.

C’est Stéphane Schenk, le gardien de la cabane Bertol, logée à plus de 3'300 mètres d’altitude, qui a alarmé les autorités : depuis quelques jours, il entendait des bouts de roches tomber un peu partout autour de son refuge. 

Le résultat des premières investigations montre que, pour l’instant, le danger est restreint. Malgré tout, des mesures doivent être faites régulièrement pour évaluer les risques. «Ces chutes de pierre ne sont pas arrivées uniquement du côté de la cabane Bertol, affirme Patrick Sierro, Vice-président d’Evolène en charge de la sécurité. C'est un phénomène que l'on connaît bien dans la région.»

De nombreuses causes géologiques expliquent ces mouvements de roches. La fonte du permafrost – ou plutôt la fonte de la couche active du permafrost – en est une. Sans cette sorte de "ciment", certaines parties de la montagne n'adhèrent plus les unes aux autres. «En été, lorsqu'il fait chaud, le sol tout proche de la surface va dégeler jusqu'à une certaine profondeur et regeler chaque hiver, explique Cécile Pellet,collaboratrice scientifique au sein du réseau Permos Suisse, spécialisée dans l’étude du pergélisol. Cette couche de sol – la couche active – devient de plus en plus épaisse. L'évolution des mesures de température de ces dernières années le montre. Conséquence: plus cette couche active est profonde, plus il y a de potentielles instabilités de la roche.»

Selon elle, les chutes de pierres en montagne ont notablement augmenté lors des étés les plus chauds, comme en 2003 ou 2015. «Le permafrost n'est pas la cause directe de ces augmentations, mais il est lié à ce genre de phénomène,» précise-t-elle.

En attendant, pour sécuriser les randonneurs du côté d’Evolène, certaines mesures ont déjà été prises. «On contrôle les chemins, on contrôle les rochers, on contrôle toutes les évolutions de la montagne, rassure le gardien de la cabane Bertol Stéphane Schenk. On voit très bien tous les jours comment la montagne bouge. On peut alors adapter les chemins en permanence.» Il précise donc que les sentiers de haute montagne risquent évidemment de changer régulièrement.

dar
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