Cassis n'exclut pas la fin de l'Ukraine comme "pays indépendant"

Le président de la Confédération Ignazio Cassis condamne fermement l'attaque contre un entrepôt du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Ukraine. ©KEYSTONE/PIERRE ALBOUY
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Keystone-ATS
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La Suisse condamne "avec la plus grande fermeté possible" l'attaque contre un entrepôt du CICR à Marioupol. Jeudi à Genève, le président de la Confédération Ignazio Cassis a promis d'aider l'Ukraine ces prochaines années si elle "reste un pays indépendant".

L'attaque contre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) constitue "une grave violation du droit international humanitaire (DIH)", a-t-il affirmé à la presse avant le début du premier Forum international sur la coopération à Genève. "C'est juste inacceptable", tout comme les attaques indiscriminées contre les civils, a-t-il ajouté.

Un entrepôt du CICR a été visé ces derniers jours par des bombardements russes à Marioupol, mais l'organisation n'a plus de collaborateur ni d'aide dans la ville assiégée. Comme la Suisse, elle a dû faire face à des incompréhensions sur son rôle neutre dans cette crise. Berne a été ciblée par Moscou pour avoir repris les sanctions et l'organisation a été confrontée à une campagne de désinformation après la visite de son président Peter Maurer en Russie.

En ouvrant le Forum qui aura lieu chaque année, M. Cassis a à nouveau justifié les sanctions, rappelant la différence entre le droit et la politique. Et le président de la Confédération de demander si le pays serait resté neutre "en ne faisant rien". Une situation qui aurait aidé "l'agresseur", a-t-il affirmé.

Impact pendant des décennies

Plus largement, le président de la Confédération promet que la Suisse continuera à aider Kiev dans les prochaines années. "Si l'Ukraine reste un pays indépendant", a-t-il toutefois ajouté à l'occasion de la conférence de presse. Selon lui, le conflit pourrait avoir un impact "pendant des décennies" et entièrement changer l'approche sur la sécurité européenne.

Mais "nous ne sommes qu'au début", a-t-il insisté. Pour le moment, la Suisse se concentre sur l'assistance humanitaire et la recherche d'un cessez-le-feu. M. Cassis a promis d'oeuvrer "activement" pour garantir que le monde "sorte de cette guerre horrible" en Ukraine. Il a mis en avant la disponibilité des bons offices suisses.

Pour le moment, Israël a tenté une médiation, suivie par la Turquie qui accueille les négociations entre la Russie et l'Ukraine et est restée prudente sur les sanctions. Certains, dont l'UDC, estiment que la Suisse n'est pas bien positionnée depuis qu'elle a décidé de reprendre le dispositif coercitif de l'UE contre Moscou.

Climat et migrations

"Nous sommes prêts" à contribuer à la paix, a affirmé le président de la Confédération. Il a aussi mentionné les discussions qu'il a eues avec des réfugiés lors de son voyage récent dans la région. Celles-ci "ne laissent personne indifférent, pas même le président de la Confédération", a-t-il dit.

M. Cassis a appelé aussi à ne pas oublier les autres environnements inquiétants pour la communauté internationale. Notamment le changement climatique, qui n'épargne pas la Suisse et qui provoque des conflits, ou des migrations.

"Nous n'avons pas le droit" d'arrêter de réfléchir à la lutte contre le réchauffement climatique malgré les crises actuelles, a ajouté de son côté la cheffe de la Direction du développement et de la coopération (DDC), Patricia Danzi. Le président de la Confédération a réclamé une collaboration entre tous les acteurs, des scientifiques au secteur privé en passant par les responsables politiques, pour faire face à ces difficultés.

ATS
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