Benjamin Bonvin continue de prendre de la bouteille au HC Sierre

Benjamin Bonvin ©Rhône FM
Hockey
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

À 20 ans, il est l'un des plus jeunes joueurs de l'effectif du HC Sierre. Pour sa deuxième saison en Swiss League, Benjamin Bonvin affiche déjà des stats supérieures à celles de l’hiver dernier. Mais il possède aussi une belle marge de progression. Rencontre «chez lui» à Graben.

21 ans. C'est la différence d'âge entre l'expérimenté Goran Bezina et le jeune Benjamin Bonvin. Tous deux arpentent pourtant le même vestiaire depuis environ quinze mois et défendent les mêmes couleurs: celles du HC Sierre. «C’est clairement un plus pour moi de côtoyer un tel joueur. Il est toujours là pour donner des conseils. Quand un gars comme Goran te dit quelque chose, tu l’écoutes. Sa carrière parle pour lui», souffle – admiratif – l’attaquant né en 2001.

«Je suis totalement épanoui. Aussi bien pour l’ambiance au sein du groupe que pour mes performances personnelles.»Benjamin Bonvin

À 20 ans, Benjamin Bonvin dispute actuellement sa deuxième saison avec les «Rouge et Jaune». Sa deuxième, aussi, dans le championnat de Swiss League. «Je suis totalement épanoui. Quels que soient les résultats, l’ambiance est toujours bonne au sein du groupe. Je m’y sens parfaitement intégré. Au niveau de mes performances aussi, malgré quelques matches poussifs au début, je suis plutôt satisfait de ce que je produis depuis l’entame du championnat.»

Des stats déjà supérieures à celles de l’an dernier

Une statistique vient corroborer les propos du jeune sierrois: en vingt-et-un matches de championnat cet automne, il a inscrit neuf points. C’est déjà trois de plus que sur l’ensemble de l’exercice écoulé. «La saison est encore longue, j’espère donc pouvoir continuer sur cette lancée», sourit-il plein de lucidité. «Comme chaque joueur, je souhaite constamment améliorer mes stats. En tant que jeune, c’est d’autant plus important. Je veux vraiment franchir un palier année après année. Par rapport à la saison passée, je pense avoir gagné en maturité et en vitesse sur la glace.»

Si depuis ses premiers shifts en Swiss League il y a un an, Benjamin Bonvin s’est déjà bien aguerri, le Valaisan ne le cache pas: il possède encore une belle marge de progression. «Je dois encore améliorer mon shoot, être meilleur à la finition. Il me manque aussi de l’explosivité au démarrage et pleins d’autres choses sur lesquelles je dois travailler.»

«Par rapport à la saison passée, j’ai pris 5 kilos. Mais il me reste une marge de 10-15 kilos.»Benjamin Bonvin

À l’heure de faire le grand saut dans le monde du hockey «des adultes», le numéro 94 dit aussi avoir dû bosser sur le plan physique. «Mon gabarit ne me facilite pas la vie et ça se voit dans certains duels. Par rapport à la saison passée, j’ai déjà réussi à prendre 5 kilos. C’est quelque chose que je ressens de manière positive lorsque je suis sur la glace. Mais là aussi, j’ai encore une marge de 10-15 kilos à prendre. Après, je sais aussi que l’on peut adapter son style de jeu à son physique. Regardez Rémy Rimann. Il n’est pas grand mais il parvient quand même à être constamment performant.»

La fierté de porter ce maillot

Encore en pleine phase d’apprentissage de la Swiss League et de ce que celle-ci requiert, Benjamin Bonvin est bien décidé à tout mettre en œuvre pour s’imposer pour de bon dans ce championnat…et dans ce club. «Son» club. «Vous savez, je suis un pur sierrois. Porter ce maillot, c’est une immense fierté. Lors de notre dernier match à domicile, le virage était presque plein, il y avait une super ambiance. Vivre ça sur la glace après avoir fait son mouvement juniors ici, c’est juste incroyable!»

«Je me rappelle d’un match contre Olten où les supporters des deux camps avaient chanté ensemble. C’est quelque chose qui m’a marqué.»Benjamin Bonvin

L’ambiance de Graben, le jeune attaquant est bien placé pour en parler. «Lorsque j’étais gamin, je suivais pratiquement tous les matches. J’étais debout, je chantais, j’encourageais. Même si je n’ai pas énormément de souvenirs de l’époque de la Ligue B avant la faillite, je me rappelle d’un match contre Olten où les supporters des deux camps avaient chanté ensemble. Le club soleurois avait tout fait pour nous venir en aide financièrement. C’est quelque chose qui m’a marqué.»

À Langnau à 15 ans

Si le HC Sierre a toujours eu une place particulière dans le cœur de Benjamin Bonvin, passer des catégories de jeunes à la première équipe ne s’est pas fait du jour au lendemain pour le joueur de centre. Durant quatre ans, de 2016 à 2020, c’est dans les classes juniors de Langnau qu’il a poursuivi son chemin. «Il manque des catégories en Valais. Partir était donc nécessaire pour mon développement. C’est une expérience qui m’a forgé mais qui n’a pas toujours été facile à vivre. Quitter la maison à 15 ans, c’était un sacré défi. La mentalité, la langue, la région, tout était différent. Mais je ne regrette aucunement mon choix d’y être allé. Si je n’étais pas parti à Langnau à l’époque, je ne serai pas où je suis aujourd’hui.»

«J’ai tout de suite senti la confiance de tout le monde ici. À commencer par celle de l’entraîneur.»Benjamin Bonvin

Ce retour dans sa ville natale s’est d’abord opéré sous la forme d’un prêt l’hiver dernier. Avant que ses performances ne convainquent les dirigeants sierrois de lui offrir un contrat de deux saisons. «Je n’ai pas eu à hésiter avant d’accepter. J’ai tout de suite senti la confiance de tout le monde ici. À commencer par celle de l’entraîneur. Il me la donne constamment depuis un an et demi donc j’ai à cœur de la lui rendre par mes performances sur la glace.»

Le rêve de l’élite

Tomber très vite dans la marmite du hockey – «mon grand-père qui avait aussi joué ici m’a transmis le virus» - celui qui a grandi avec Christoph Bertschy (ndlr: actuel joueur du Lausanne HC) comme modèle ne cache pas ses ambitions pour l’avenir. «À court terme, je souhaite surtout poursuivre ma progression, avoir toujours plus de temps de glace ici. Et si je regarde plus loin je crois que, comme tout joueur, je rêve d’évoluer en Ligue A un jour.» Et pourquoi ne pas y parvenir d’ici quelques années avec un maillot «rouge et jaune», celui de ce club qui lui tient tant à cœur, sur les épaules? «Ah, c’est clair que ce serait magnifique. Il faudra voir comme ce projet avance mais c’est sûr que si Sierre monte un jour, dans une nouvelle patinoire, j’espère être de la partie!»

En attendant, c’est en Swiss League que Benjamin Bonvin continue de prendre de la bouteille. Prochain rendez-vous pour lui et les Sierrois ce vendredi à 20h00 à Graben face au leader Olten.

CM
Dossier HC Sierre