Barrage des Toules : "Petit en taille mais un des tout grands pour l'Office Fédéral de l'Énergie"

Yves Crettaz
Journaliste stagiaire

Moins connu que ses voisins de Mauvoisin ou encore d'Emosson, il est tout de même le premier barrage voûte-coupole du pays. Lui, c'est le barrage des Toules dans le val d'Entremont. Présentation de l'ouvrage dans le cadre de notre série estivale sur les vallées latérales.

Durant tout l’été, notre rédaction sillonne les routes de montagne pour vous faire découvrir les vallées latérales du Valais romand. Cette semaine, c’est le val d’Entremont qui est au centre de notre attention. Pour ce quatrième et avant-dernier volet de la semaine, place au barrage des Toules.

Haut de soixante mètres seulement, il ne retient que, toutes proportions gardées, 20 millions de mètres cubes d’eau. Pour ordre de comparaison, le barrage de Mauvoisin dans le val de Bagnes peut contenir dix fois plus d’eau.

Pourtant, malgré ces statistiques, il est l’un des pionniers au niveau énergétique. Les panneaux photovoltaïques flottants installés en 2019 permettent d’alimenter quelque 180 ménages annuels. Il s'agit du premier parc de ce type dans les Alpes.

« Il est évident que ça casse un peu le paysage »

James Derivaz, directeur de DransEnergie

Mais qu’en est-il de la détérioration du paysage ? « Il est évident que ça casse un peu le paysage », avoue James Derivaz, directeur de DransEnergie, avant de reprendre : « D'ailleurs, tout comme le barrage qui casse le paysage aussi. Mais aujourd'hui, il faut peser nos intérêts et savoir ce que nous voulons : si on veut baisser ces impacts et ne plus avoir d'électricité ou si on veut accepter certains impacts pour quand même bénéficier d'un peu de confort ».

Orsières alimente la vallée d'à côté

Un fait assez insolite : Une grande partie des eaux de la vallée ne finit pas dans le barrage des Toules mais bien dans celui de la vallée d’à côté : celui d’Emosson dans la vallée de Trient. « 54 pourcents des eaux suisses du lac d'Emosson sont issues de la commune d'Orsières », détaille James Derivaz.

40 millions investis contre les séismes

De 2008 à 2011, quelque quarante millions de francs ont été investi pour augmenter d'un quart le volume du barrage. « Ces travaux étaient obligatoires pour respecter les nouvelles normes sismiques », explique le directeur de DransEnergie. « S'il y a un séisme, le barrage doit bouger et bougera en un seul bloc ». Pourquoi cela ? James Derivaz rassure quelque peu en expliquant que : « c'est pour éviter une rupture ou de possibles fissures. Avec ce système, on évite qu'il lâche ». La population valaisanne ne risque pas grand chose en cas de séismes... du moins pas à cause des barrages.

YC
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