Avec Stéphane Sarni à sa tête, le FC Sion M21 doit digérer sa relégation

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le FC Sion M21 débute sa nouvelle saison samedi. Reléguée ce printemps, la réserve sédunoise aborde ce nouvel exercice dans une nouvelle catégorie de jeu: la 1ère ligue. Et avec à sa tête, un nouvel entraîneur: Stéphane Sarni.

Tandis que la première équipe du FC Sion est attendue au Letzigrund dimanche pour y défier le champion Zurich dans le cadre de la 4ème journée de Super League, la réserve du club a quant à elle rendez-vous à Tourbillon samedi. Les M21 y défieront à 15h00 les Neuchâtelois de Coffrane en ouverture de la saison de 1ère ligue.

«On va se confronter à un monde nouveau, un monde d’adultes qui sera une découverte pour plusieurs joueurs de l’effectif.»Stéphane Sarni

«On sort d’une préparation qui a été dense. Très exigeante et intensive», affirme Stéphane Sarni. L’ancien défenseur a repris cet été les rênes de la 2ème garniture. «Nos différents matches amicaux nous ont permis de nous juger et de jauger le niveau de la 1ère ligue. On se réjouit désormais d’être à samedi pour que la compétition débute. On va se confronter à un monde nouveau, un monde d’adultes qui sera une découverte pour plusieurs joueurs de l’effectif.»

Un cadre rajeuni durant l’été

L’entre-saison a en effet vu bon nombre d’éléments appartenant au cadre M18 l’an dernier être «promus» à l’échelon supérieur. Ils ont rejoint certains «survivants» de la relégation des M21 ce printemps. «On parle d’une minorité», relève Stéphane Sarni. «Le désidérata du club était clair: insuffler un vent nouveau à ce groupe en le rajeunissant considérablement. La priorité aujourd’hui, c’est d’optimiser au quotidien le travail de post-formation afin de préparer ces jeunes le plus rapidement possible à faire le saut avec la première équipe.»

«Pour s’entraîner aux côtés de joueurs confirmés, mes protégés doivent être conscients qu’ils doivent hausser leur niveau.»Stéphane Sarni

Interrogé sur l’objectif fixé à l’heure d’entamer ce nouvel exercice, Stéphane Sarni ne parle pas d’un retour immédiat en 1ère ligue promotion. Il insiste plutôt sur cette importante de poursuivre le développement de ses protégés. Reste que si le saut pour passer de la 3ème division à l’élite est déjà grand, celui depuis la 1ère ligue l’est évidemment d’autant plus. «Je ne pense pas que le cap sera plus difficile à franchir cette année que la dernière», nuance le technicien. «L’important n’est pas forcément la catégorie de jeu. C’est la capacité des joueurs à répondre de manière individuelle à certaines exigences fixées par le club qui prime. Tous doivent être conscients que s’ils veulent s’entraîner aux côtés de joueurs confirmés, ils doivent hausser leur niveau de jeu. Il faut être meilleur. Pas le meilleur car on sait que le monde du foot professionnel est difficile et va très vite. Pour aller loin, il faut avoir au quotidien la volonté de s’améliorer.»

Un contexte plus sain que dans le passé

Sur le chemin qui doit conduire l’un ou l’autre espoir jusqu’aux portes de la première équipe, Stéphane Sarni évoque aussi l’importance du contexte dans lequel se déroulent les entraînements et les matches. En ce sens, difficile de ne pas penser au scénario des dernières saisons qui voyait régulièrement plusieurs joueurs en manque de temps de jeu dans l’effectif pléthorique de la «une» redescendre d’un cran le week-end. Avec une motivation parfois toute relative, loin d’être exemplaire pour la jeune garde. «Je ne vais pas juger ce qui a été fait dans le passé puisque cela ne me concernait pas», souffle le Valaisan. L’époque est de toute manière révolue. Le FC Sion a changé de politique en réduisant drastiquement le cadre du groupe pro cet été. «La direction prise est logique. Le contexte de travail est plus sain aujourd’hui. Accueillir des joueurs qui doivent se relancer ne me dérange pas. Pour autant qu’ils aient le bon état d’esprit. Tout le monde doit être sur la même longueur d’ondes.»

«Avec des bases saines, honnêtes et sincères, la relation avec Tramezzani ne peut qu’être positive.»Stéphane Sarni

Sur la même longueur d’ondes, Stéphane Sarni doit en tout cas l’être avec Paolo Tramezzani avec lequel il va forcément être appelé à collaborer ces prochains mois. «On a une bonne relation», relève-t-il. «Comme pour chaque changement, il a fallu s’adapter l’un à l’autre mais désormais, on entre dans les détails de notre travail en commun. Avec des bases saines, honnêtes et sincères, je crois qu’on ne peut qu’avoir une collaboration positive.»

Animé par la même passion que Pablo Iglesias

Autre nouvelle collaboration, celle avec Pablo Iglesias, nommé directeur du football du FC Sion cet été. «Quand la passion est présente, ça devient toujours plus facile», affirme l’ex-défenseur. «Elle nous anime tous les deux. Avec Pablo, on se connaissait sans se connaître, au travers de nos parcours respectifs. On a essayé de créer des synergies, de rassembler nos avis qui ne sont pas toujours les mêmes mais qui doivent être bénéfiques pour le club et pour ces jeunes. Vous savez, on a tous nos qualités et nos défauts mais si chacun fait en sorte d’être le plus pointu et performant possible, nos joueurs seront plus facilement susceptibles d’aller bousculer les joueurs de la première équipe.»

«Diriger les M21 m’attirait depuis la fin de ma carrière de joueur mais je voulais prendre le temps d’y arriver.»Stéphane Sarni

À l’autre bout du fil, la motivation de Stéphane Sarni est perceptible. Le Valaisan est prêt et excité à l’idée de commencer ce nouveau challenge et de franchir un nouveau cap dans son parcours d’entraîneur. «J’ai quand même commencé presque tout en bas avec les M13», rigole-t-il. «C’était un choix de ma part, je ne voulais pas brûler d’étapes. Un ancien joueur ne fait pas forcément immédiatement un bon entraîneur. Ce sont deux métiers différents. Franchir ces différents paliers un par un m’a permis d’apprendre ce qu’était le job d’entraîneur. Diriger les M21 m’attirait depuis la fin de ma carrière de joueur mais je voulais vraiment prendre le temps d’y arriver.»

Prochaine étape: la «une»?

Désormais, il ne reste finalement plus qu’un palier à atteindre à Stéphane Sarni. Le plus haut. Le plus prestigieux. Il comprend immédiatement où l’on veut en venir. «Le seul palier qui m’importe aujourd’hui, c’est de bien débuter contre Coffrane samedi», rétorque-t-il. «Il y a déjà un entraîneur à la tête de la première équipe. Moi, je me concentre sur le travail qui m’attend avec les M21 cette saison. Comme dans tout, il y aura des moments difficiles à vivre. Mais je suis décidé, j’ai l’énergie et l’envie de faire quelque chose de bien pour ces jeunes et pour le club.»

CM
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