Aucune indemnité Covid depuis le début de la crise : les écoles d'arts martiaux proches du KO

Les écoles d'arts martiaux s'inquiètent pour leur avenir.  ©Keystone-ats
Coronavirus
Didier Morard
Journaliste

Les écoles d'arts martiaux ont l'impression d'être les laissés-pour-compte des indemnités Covid. En raison de leur non-affiliation à Swiss Olympic, ils n'ont reçu aucune aide de la Confédération depuis le début de la pandémie.

Quel est le point commun entre le Krav Maga, la Boxe, le Kickboxing et le Jiu-jitsu brésilien ? A part que ce sont des arts martiaux, ces sports n'ont bénéficié d'aucune indemnité Covid depuis le début de la crise sanitaire. Hormis les RHT pour les professeurs lors des fermetures imposées, les écoles d'arts martiaux n'ont pas reçu un centime de la Confédération. Car seuls les sports affiliés à Swiss Olympic sont éligibles aux indemnités Covid. L'association valaisanne Citronvert.ch – qui regroupe plusieurs clubs sportifs – s'en est récemment inquiétée sur les réseaux sociaux.

"Si cette problématique perdure, on va faire faillite mais je ne sais pas vous dire quand"Bernard Jaquet, président et fondateur de Citronvert.ch

"Par ce poste, on se posait la question combien de clubs étaient en danger ? On a dû fermer pendant plus de six mois l'an passé, ce qui veut dire aucun revenu. On doit payer les loyers et on a aucune aide", s'inquiète Bernard Jaquet, président et fondateur de Citronvert.ch, qui a chiffré la perte financière pour son association depuis le début de la crise sanitaire à 25'000 francs. "L'avenir est très incertain. Si cette problématique perdure, on va faire faillite mais je ne sais pas vous dire quand", s'émeut Bernard Jaquet.

Quelles aides du canton ?

Sans aide de la Confédération, Citronvert.ch s'est alors tourné vers le canton pour obtenir des aides. Mais là aussi l'association s'est heurtée à une fin de non-recevoir. "Apparemment, il n'y a pas de solutions pour nous. Le canton ne peut pas modifier les règles de Swiss Olympic. Mais ce n'est pas parce qu'on ne rentre pas dans une règle, qu'on ne peut pas la modifier", s'insurge Bernard Jaquet. Chef du Départements de la sécurité, des institutions et du sport, Frédéric Favre défend la position du canton. "Chaque cas doit être analysé différemment : est-ce qu'on est sous forme d'association, est-ce qu'on est des professionnels ? Je dois dire que lorsque j'ai fait la table ronde avec toutes les associations sportives du canton, ce qui est revenu c'est qu'elles n'avaient quasiment plus de frais. Les dégâts sont donc limités".

"S'il n'y a pas de perte économique, ce n'est pas le rôle de l'Etat de donner de l'argent"Frédéric Favre, chef du Département de la sécurité, des institutions et du sport

Et Frédéric Favre de rajouter : "On est dans une période de pandémie. On essaie de soutenir les gens qui se retrouvent dans des difficultés énormes. Quasiment personne n'a demandé des remboursements de cotisation. S'il n'y a pas de perte économique, ce n'est pas le rôle de l'Etat de donner de l'argent dans une situation comme on vit aujourd'hui". Frédéric Favre rappelle tout de même que l'Etat dispose de fonds pour les cas de rigueur : "Lorsqu'un cas passe entre les mailles du filet et met en péril la survie de l'association, il y a des soutiens financiers".

KO à cause des 2G+ ?

Autre coup dur pour les clubs d'arts martiaux : l'instauration depuis peu de la règle des 2G+. "Il y a plein de gens qui ne s'entraînent plus. Tout le monde est un peu découragé. Comme le sport n'est pas interdit, on n'a pas le droit au RHT pour les entraîneurs On doit donc les payer mais on n'a plus les moyens pour le faire," relève Bernard Jaquet.

"La 2G+ est très dangereuse pour la survie des clubs sportifs"Frédéric Favre, chef du Département de la sécurité, des institutions et du sport

Même inquiétude du côté du conseiller d'Etat PLR Frédéric Favre qui craint que la règle des 2G+ fasse vaciller de nombreux clubs sportifs. " La 2G+ est très dangereuse pour la survie des clubs sportifs. Je crains la démission de certains membres et principalement les jeunes qui vont faire autre chose au lieu de pratiquer du sport. Le sport, c'est de la santé publique", conclut Frédéric Favre.

DM
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