Assurance récolte et dédommagements : pression sur le Conseil fédéral pour aider les vignerons

Le mildiou a décimé le vignoble cette année. © Rhône FM
Viticulture
Didier Morard
Journaliste

Les vignerons impactés par de faibles vendanges dues au mildiou pourraient recevoir de l'aide de Berne. Une intervention parlementaire a été déposée par le conseiller national valaisan Sidney Kamerzin.

Des élus veulent des dédommagements pour les vignes touchées par le mildiou – une maladie fongique qui nécrose feuilles et fruits. Alors que les vendanges battent encore leur plein, plusieurs textes sont en gestation sous la Coupole fédérale. Parmi eux : l'interpellation du conseiller national valaisan Sidney Kamerzin. L'élu du Centre souhaite que la Confédération intervienne auprès du Fonds Suisse afin d'obtenir des contributions pour dommages causés par un phénomène naturel. "Le Fonds Suisse intervient principalement pour des dommages subis par des forces naturelles : tempêtes, vent et inondations. Mais le Fonds Suisse est déjà intervenu pour du gel. Dans le cas du mildiou, qui est un parasite, on estime qu'il s'agit d'un phénomène naturel et imprévisible", argumente Sidney Kamerzin. Reste que le sort des vignerons n'est que rarement entendu sur la Coupole fédérale.

"Le Conseil fédéral et le Parlement sont très éloignés des préoccupations des viticulteurs."Sidney Kamerzin, conseiller national (Centre/VS)

Sidney Kamerzin déplore également le rejet systématique des interventions en faveur de la vitiviniculture. Le Sierrois rappelle que plusieurs textes ont été déposés par le passé. Il cite notamment le contingent pour limiter l'importation des vins étrangers ou l'intégration dans les quotas des mousseux, qui échappent actuellement aux contingents. Sidney Kamerzin relate également le refus du texte de sa collègue du Conseil aux Etats, Marianne Maret, qui demandait que les importateurs de vins étrangers s'approvisionnent aussi auprès des producteurs suisses.

Une assurance récolte

Les contributions du Fonds Suisse ont une vocation d'aide temporaire. C'est pourquoi un autre texte a été déposé au Conseil national. La motion du PLR fribourgeois Jacques Bourgeois demande au Conseil fédéral de mettre en place une assurance récolte pour limiter les pertes liées aux causes météorologiques. "On aimerait sur le long terme sécuriser un peu les agriculteurs et viticulteurs contre les dommages imprévisibles. Aujourd'hui, les agriculteurs sont bien assurés contre la grêle, environ 70% le sont. Par contre, le taux d'assurance contre les autres dommages tombe à 10-15% car c'est trop cher", note Sidney Kamerzin, qui est aussi cosignataire de la motion de Jacques Bourgeois.

L'assurance récolte

L'idée de l'assurance récolte est que l'Etat prenne en charge entre 30 et 50% du montant des primes. Le coût pour la Confédération est estimé entre six et dix millions de francs par an. Cette assurance récolte n'est pas nouvelle. Elle faisait partie de la politique agricole 2022 (PA22+) qui a été renvoyée au Gouvernement par le Conseil national, sous l'impulsion de l'Union suisse des paysans. Ce retour de l'assurance récolte par le biais d'une motion ne fait pas l'unanimité sous la Coupole fédérale. "La Gauche a été déçue du rejet de la PA22+. Elle veut rejeter le projet pour des raisons purement politiques", dénonce Sidney Kamerzin, qui estime que le débat sur la PA22+ risque de prendre encore plusieurs mois voire des années.

"Les dommages climatiques n'attendent pas que le Parlement se décide sur PA22+."Sidney Kamerzin, conseiller national (Centre/VS)

Outre Sidney Kamerzin, la motion sur l'assurance récolte est cosignée par trois autres valaisans : les centristes Philipp-Matthias Bregy et Benjamin Roduit ainsi que le PLR Philippe Nantermod.

DM