Association jurassienne pour lutter contre les féminicides

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Keystone-ATS
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Créée en réaction au féminicide de Courfaivre (JU) en 2019, l'association Mel a été officiellement lancée samedi. Elle a présenté au public ses moyens pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales. Elle compte sur les dons pour financer ses activités.

L'association Mel, diminutif de Mélanie, du prénom de la victime du drame de Courfaivre, est présidée par la soeur de la mère de famille tuée par son mari, un drame qui avait ému bien au de-là de la région. "Je ne voulais pas rester les bras croisés, je voulais faire bouger les choses", a expliqué à Keystone-ATS Géraldine Marquis.

Cette nouvelle association peut offrir un soutien psychologique avec les compétences d'une thérapeute. Elle dispose aussi d'un système d'alarme avec l'appui d'une société de sécurité qui peut intervenir en cas d'appels de détresse en concertation avec la police. Elle offre enfin des cours de self-défense.

L'association estime avoir besoin de 15'000 à 20'000 francs par an pour pouvoir offrir gratuitement ses prestations aux femmes en détresse. Elle cherche aussi à acquérir des appartements protégés pour accueillir des femmes."Beaucoup de gens ont déjà versé des dons", a relevé sa présidente.

Samedi à Courfaivre, le public a pu recevoir des informations sur l'association, mais aussi faire connaissance des collaborateurs et bénévoles. De nombreux habitants et commerçants de ce village de 1600 habitants s'étaient mobilisés en faveur de cet événement.

Cette association n'entend pas empiéter sur le travail de la police et de la justice, mais souhaite une collaboration. "Tout se fait trop lentement alors que l'on est dans l'urgence", a souligné Géraldine Marquis en faisant allusion au nombre croissant des féminicides commis en Suisse.

Combler les lacunes

"J'ai vu les manquements qu'il y avait dans le Jura et nous voulions combler ces lacunes", a expliqué la présidente. Géraldine Marquis a précisé que l'association et la plainte déposée par la famille de la victime contre la justice et police, accusées de n'avoir pas su protéger sa soeur, étaient deux choses bien distinctes.

Le mari de la victime faisait l'objet d'une procédure pénale pour des violences conjugales, mais il avait été laissé en liberté. Cet homme s'était suicidé après avoir tué sa femme. Un recours des proches de la victime contre l'ordonnance de classement par le procureur extraordinaire neuchâtelois Pierre Aubert est pendant auprès du Tribunal cantonal.

Cette manifestation s'est déroulée à moins d'une semaine de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Du 25 novembre au 10 décembre, des dizaines d'associations se mobilisent en Suisse et dans le monde pour dénoncer les violences sexistes.

ATS