Après Paris, des convois anti-passeport en route pour Bruxelles

Samedi en début d'après-midi, plus d'une centaine de véhicules étaient parvenus à rejoindre les Champs-Élysées qui ont été évacués progressivement par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes. ©KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
France - Coro..
Keystone-ATS
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Une partie des convois anti-passeport sanitaire venus de toute la France est arrivée dimanche près de Lille, avant un rassemblement prévu lundi à Bruxelles. Ils ont auparavant fait halte samedi autour de Paris et manifesté dans la capitale pour certains d'entre eux.

En fin d'après-midi, quelque 300 véhicules, voitures et vans, dont beaucoup ornés de drapeaux français, étaient au rendez-vous, un parking de centre commercial à Fâches-Thumesnil, à 10 km du centre de Lille. D'autres continuaient à affluer, dans un concert de klaxons.

"On lâche rien", "Liberté liberté" criaient les participants, pour certains vêtus de gilets jaunes, accueillis par des soutiens locaux. "On ira à Bruxelles pour essayer de bloquer, pour lutter contre cette politique de contrôle permanente", affirme Jean-Pierre Schmit, un chômeur toulousain de 58 ans, qui a manifesté samedi à Paris.

Mais la décision n'a pas encore été prise d'un départ dans la soirée ou lundi matin, tandis que sur les boucles du système de messagerie Telegram utilisées par les participants, conseil est donné de passer la frontière en ordre dispersé.

Manifestation interdite à Bruxelles

Les autorités belges ont interdit toute manifestation dans la capitale "avec des véhicules motorisés" et annoncé avoir pris des mesures "pour empêcher le blocage de la région Bruxelles-Capitale".

Selon une source policière, quelque 850 véhicules au total - camionnettes, camping-cars et voitures - ont quitté les abords de Paris en début d'après-midi pour rallier Bruxelles, et des groupes avaient également déjà rallié Saint-Quentin (Aisne) et Arras (Pas-de-Calais).

"Gilets jaunes"

Ceux qui se font appeler "convois de la liberté", sur le modèle de la mobilisation qui paralyse actuellement la capitale canadienne Ottawa, rassemblent des opposants au passeport vaccinal mais également au président Emmanuel Macron et reprennent aussi les revendications des "gilets jaunes" sur le coût de la vie.

Brandissant une affiche, "J'aime la liberté", Sandrine, une chargée de production de 45 ans qui ne veut pas donner son nom, est venue jusqu'à Lille de Lyon car, dit-elle, "on perd petit à petit nos libertés, de manière très insidieuse".

Venus de toute la France, des convois avaient convergé en fin de semaine vers Paris. Mais, si la police avait recensé vendredi soir 3000 véhicules pour 5000 manifestants autour de Paris, tous les convois n'ont finalement pas rallié la capitale et tous n'entendaient pas gagner Bruxelles.

Champs-Élysées évacués

Dans un tweet, la préfecture de police de Paris a indiqué dimanche maintenir "sa vigilance pour empêcher les blocages aux portes de Paris avec des contrôles renforcés tout au long de la journée". Quelque 7500 membres des forces de l'ordre sont mobilisés dans la capitale depuis vendredi et jusqu'à lundi.

Samedi en début d'après-midi, plus d'une centaine de véhicules étaient parvenus à rejoindre les Champs-Élysées qui ont été évacués progressivement par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes.

Une poignée d'irréductibles est cependant restée jusque tard dans la nuit dans le quartier des Champs-Élysées et le bois de Boulogne, obligeant selon la préfecture de police les forces de l'ordre à intervenir pour "verbaliser et disperser" les derniers participants à cette manifestation interdite.

Près de 100 interpellations

Les forces de l'ordre ont procédé samedi à Paris à 97 interpellations et 513 verbalisations de participants aux convois, selon un bilan communiqué dimanche par la préfecture.

Et selon le parquet, à 06h00 du matin, 81 personnes étaient en garde à vue, dont Jérôme Rodrigues, une des figures des "gilets jaunes" et soutien actif des convois anti-passeport sanitaire.

M. Rodrigues "tient à indiquer qu'il n'est en aucun cas l'organisateur de cette manifestation" et estime qu'il est un "prisonnier politique", a indiqué dimanche son avocat David Libeskind dans un communiqué.

Le préfet de police a par ailleurs demandé dimanche une enquête administrative interne à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant un policier pointer samedi son arme sur un automobiliste, place de l'Etoile à Paris.

ATS