Après les Fêtes, sourires affichés dans les stations de ski

Zinal, décembre 2021 ©Keystone-ATS
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Keystone-ATS
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Les stations de ski romandes ont le sourire: la neige et la clientèle étaient au rendez-vous durant les Fêtes. Les responsables restent toutefois sur le qui-vive et s'inquiètent de la pénurie de personnel due au Covid-19 qui se dessine.

"Nous sommes très contents de l'affluence durant les Fêtes, et plus globalement depuis le début de la saison", se réjouit auprès de Keystone-ATS Christian Dubois, directeur de Télé Villars-Gryon-Les Diablerets pour qui l'arrivée précoce et abondante de la neige explique ce bon résultat. La hausse de journées-skieurs atteindrait presque 30% par rapport à la même période de l'an dernier.

"Nous sommes dans le top 3 des meilleures affluences des dix dernières années", renchérit le directeur de Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette Jean-Marc Udriot. Les deux stations vaudoises à la clientèle essentiellement suisse ont aussi bénéficié de l'ouverture des frontières et de la venue des Français, Néerlandais et Belges.

"Nous retrouvons les chiffres de la saison 2019/2020", abonde de son côté Enrique Caballero, président du domaine binational des Portes du Soleil qui avait fait les frais l'an passé de la fermeture des installations côté français. Pendant les Fêtes de fin d'année, la clientèle des Portes du Soleil est à 80% suisse, précise-t-il. "Cette année, nous avons aussi récupéré une partie des touristes britanniques interdits de voyage en France".

Touristes européens

Des Britanniques qui n'ont pas boudé leur "favourite" station, Verbier. "Avec la fréquentation enregistrée durant les trois dernières semaines, nous pensons arriver à des chiffres normaux", estime Simon Wiget, directeur de Verbier Tourisme.

Celui-ci se dit d'ailleurs "soulagé" que le Conseil fédéral soit revenu sur sa décision d'imposer une quarantaine aux voyageurs même vaccinés ou guéris en provenance de certains pays, dont le Royaume Uni, la Belgique et les Pays-Bas. Le domaine a donc pu faire le plein de touristes européens venus de France, du BeNeLux, et des pays nordiques.

"Seuls les clients overseas (Australie, Asie, Amériques) n'ont pour la plupart pas fait le déplacement. Mais les Suisses, plus nombreux cette année, ont compensé ce manque", détaille-t-il.

Les employés en isolement

Si les responsables interrogés se réjouissent de cet "excellent" début de saison, ils s'inquiètent des répercussions du variant Omicron. L'absence de collaborateurs due aux quarantaines et isolements se fait, comme ailleurs, de plus en plus pressante. Et les stations n'en finissent pas d'essayer d'anticiper.

Parmi les 300 collaborateurs de Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette, 10% sont actuellement absents. "Nous faisons des calculs pour voir quel absentéisme nous pouvons supporter", explique Jean-Marc Udriot dont la station arrive "pour l'instant à gérer la situation".

A Zinal, dans le Val d'Anniviers, le directeur Pascal Bourquin souligne "qu'il faut se montrer très souple et engager énormément de gens en plus pour pallier le personnel qui a attrapé le Covid. Souvent les employés s'annoncent le matin même, et il faut alors réagir très vite". La semaine passée, dans le Val d'Anniviers, comme dans celui de Bagnes, certains restaurants ont d'ailleurs déjà dû fermer une aile ou une salle par manque de personnel.

Scénarios à l'étude

Sur Vaud, des discussions sont en cours entre Leysin-Les Mosses-La Lécherette, Villars-Gryon-Les Diablerets et Glacier 3000. "Nous essayons de trouver des solutions pour nous entraider", explique Jean-Marc Udriot. L'idée est la même à Verbier, "où les différents prestataires se serrent les coudes", détaille Simon Wiget.

Toutes les stations ont en tout cas prévu des scénarios pour savoir à quelles offres elles pourraient renoncer en cas de nécessité. A Zinal et aux Portes du Soleil par exemple, on s'attend à ce qu'il faille fermer l'une ou l'autre remontée mécanique durant la saison. "On espère que ce sera plutôt en semaine et avant les prochaines vacances", glisse-t-on aussi.

Jusqu'ici les stations ont réussi à s'adapter en renforçant notamment les possibilités de se faire tester sur place, en interdisant les festivités de fin d'année en extérieur et en recourant aux anges des pistes qui veillent au respect des règles sanitaires. "Mais le Covid-19 et les mesures qui en découlent constituent une véritable épée de Damoclès. Nous sommes constamment sur le qui-vive", affirme Simon Wiget.

Dernière preuve en date: l'annulation des camps de neige belges en raison de la situation sanitaire. Un autre manque à gagner qu'il faudra combler. "Avec cette nouvelle saison nous plongeons encore une fois dans l'inconnu, mais nous avons l'avantage, cette fois, d'être rodés et prêts", estime Enrique Caballero.

ATS
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