Après celui de bricoleur, Yves Sarault va pouvoir enfiler son costume d’entraîneur du HC Sierre

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le HC Sierre lancera la semaine prochaine sa préparation sur la glace. En attendant de mettre en place ses idées auprès de son effectif, Yves Sarault est déjà à pied d’œuvre en coulisses. Le nouvel entraîneur s'est lui-même investi pour donner un coup de jeune à la vétuste patinoire de Graben.

«T’es déjà venu ici? Tu remarques les changements?», nous lance Yves Sarault à peine la porte du vestiaire de Graben franchie. La question ne tombe pas par hasard. Le nouvel homme fort des «Rouge et Jaune» s’est lui-même investi pour rafraîchir les entrailles de ce qui est appelé à devenir sa deuxième maison. Ou la première, c’est selon. «Je me suis vite aperçu qu’avec un petit budget, on pouvait faire quelques améliorations. Le club s’est tout de suite montré ouvert à mes requêtes.»

Aidé par le directeur sportif

Avec l’aide du directeur sportif Christophe Fellay, le Québécois a donc débuté son mandat dans la cité du soleil en endossant le costume de bricoleur plutôt que celui d’entraîneur. «On a démantelé certaines parties du vestiaire, on a fait de la peinture, du rangement. On a fait en sorte d’améliorer du mieux possible notre environnement. Aujourd’hui, on est contents d’être arrivés au bout.» Dans le détail, les murs ont retrouvé une couleur blanche, un écran a été installé dans le vestiaire, le sol a été refait, l’espace commun réaménagé et les patins mieux alignés.

«L’environnement de travail est primordial. Si les gars n’ont pas de plaisir à être à la patinoire, ils s’investiront moins.»Yves Sarault

Entreprendre ces quelques travaux était nécessaire à en croire Yves Sarault. «L’environnement de travail est primordial. On veut que les gars aient du plaisir à être ici. Si ce n’est pas le cas, ils passeront moins de temps à la patinoire, ils s’investiront moins et forcément, leurs performances s’en ressentiront.» S’ils n’ont pas encore débuté les séances sur la glace, certains joueurs sont déjà venus découvrir le fruit de l’investissement de leur nouveau coach. «Tous ceux qui sont passés ont l’air d’apprécier ce qui a été entrepris en tout cas.»

En débarquant à Graben, une enceinte historique, certes, mais surtout désuète, Yves Sarault est bien conscient qu’il met les pieds dans un confort tout relatif. «Il y a ce plan pour une nouvelle enceinte mais on ne sait pas quand ça aboutira. En attendant, on fait ce qu’on peut avec nos moyens pour être bien entre ces murs.» Dans son parcours, que ce soit aussi bien en tant que joueur qu’entraîneur, le Canadien a fréquenté quelques-unes des plus belles «arénas» du pays. «Peut-être. Mais je ne dirais pas que Graben est le pire lieu dans lequel j’ai été amené à travailler. J’ai connu d’autres vieilles patinoires et même une provisoire avec Malley 2.0 à Lausanne. Ici, je me sens vraiment bien. Bien dans mon bureau et bien dans le vestiaire. Désormais, je n’espère qu’une chose: que la glace résiste à la chaleur…»

Canicule 1, Graben 0

À l’évocation de cette dernière phrase, une pointe d’inquiétude se lit sur le visage d’Yves Sarault. Il faut dire que les températures caniculaires des derniers jours n’ont pas permis de mettre en glace Graben, la faute à un problème de compresseur. «Encore une fois, on ne travaille pas avec des outils de dernière génération. Il faut que tout ça soit réglé si on ne veut pas être embêtés au début du championnat et si l’on veut jouer tous nos matches de préparation prévus à domicile.»

«Les joueurs vont découvrir quelque chose de complètement différent de ce qu’ils ont connu dans le passé.»Yves Sarault

Faute de pouvoir regagner leur domicile, les «Rouge et Jaune» lanceront leur préparation sur la glace par un exil à Brigue la semaine prochaine. «On va commencer par travailler différentes phases de jeu, des deux côtés de la patinoire avec et sans le puck. Ensuite, on bossera sur les situations spéciales qui seront très importantes durant toute la saison. Ma volonté, c’est de mettre en place un concept de jeu qui donne des libertés aux joueurs.» Pour la première fois dans son parcours d’entraîneur, Yves Sarault se retrouve à la tête d’une équipe professionnelle dès le début de l’exercice. «Cela me permet de directement mettre mon grain de sel», apprécie-t-il. «Je peux imposer ma propre philosophie à l’équipe. Les joueurs vont découvrir quelque chose de complètement différent de ce qu’ils ont connu dans le passé. Espérons que mon message soit reçu et compris le plus rapidement possible.»

De bonnes premières impressions

Avant de les retrouver patins au pied, le Canadien a déjà eu l’occasion de côtoyer ses protégés et d’échanger avec eux. «Je n’ai pas joué au baby-sitter tous les jours au fitness mais je me suis renseigné sur leur attitude auprès du préparateur physique ou du physio», explique-t-il. «J’ai aussi organisé quelques réunions avec les leaders du groupe. Mes premières impressions sont en tout cas excellentes. Je ressens qu’il y a un bon esprit d’équipe, qu’on a tout pour être performants durant la saison.»

«On ne devra pas dépendre des licences B. C’est ce qui a posé problèmes ici l’an dernier.»Yves Sarault

Le contingent à sa disposition n’a subi que peu de changements par rapport à celui qui évoluait sous les ordres de Dany Gelinas l’an dernier. «Il y aura une belle concurrence en défense et plusieurs jeunes joueurs qui devront se faire un nom et se battre pour obtenir une place devant», témoigne leur nouvel entraîneur. «Je sais aussi que l’on va certainement accueillir l’un ou l’autre éléments au bénéfice d’une licence B en provenance de Lausanne mais pour l’instant, on est dans le flou sur ce point-là. De toute manière, il ne faudra pas que l’on soit trop dépendants de ces prêts car on a vu que c’est ce qui a posé problèmes ici l’an dernier. Les avoir avec nous durant toute la saison pour les voir repartir avant les playoffs, c’est compliqué. Raison pour laquelle je compte sur le développement de nos jeunes joueurs. Ce que je peux vous garantir, c’est que je vais tout faire pour mettre les joueurs sur leur bonne chaise comme on dit au Québec.»

Un effort collectif pour une place dans le top 4

Parmi les nouveaux visages débarqués à l’entre-saison du côté de Graben: Francis Parron, appelé à être le 2ème renfort étranger aux côtés d’Eric Castonguay. «Il a 26 ans, ce n’est donc pas un vieux de la vieille. C’est un gars qui a faim. Quelqu’un de rapide, qui a une vraie intelligence de jeu et qui n’hésite pas à s’investir des deux côtés de la patinoire», relève son compatriote. «Ce dernier point est important car je n'ai pas besoin d’avoir mes deux étrangers au sommet du classement des compteurs et voir le HC Sierre autour de la barre. Pour avoir de bons résultats, j’attends des efforts de tous mes joueurs. Francis et Eric font aussi partie de l’équation. Mon objectif, c’est qu’on se mêle au top 4 de la ligue.»

«Je compte sur Bezina sur le banc plutôt que sur la glace.»
Un point d’interrogation demeure depuis plusieurs semaines du côté de Graben. Celui entourant l’avenir de Goran Bezina. Le Chablaisien de 42 ans n’a toujours pas annoncé son intention de raccrocher les patins. Qu’en pense Yves Sarault, son ancien coéquipier à Genève lors de la saison 2005/2006?
CM
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