Allemagne: SPD de Scholz et conservateurs se disputent la principale région

Le parti-social-démocrate pourrait pâtir de l'impopularité grandissante du chef du gouvernement, jugé dépourvu de charisme et trop discret dans la crise ukrainienne. ©KEYSTONE/AP/Markus Schreiber
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Le SPD du chancelier Olaf Scholz, critiqué pour sa gestion de la crise ukrainienne, et les chrétiens-démocrates de la CDU se disputent la principale région allemande, la Rhénanie du Nord-Westphalie, qui élit dimanche son parlement.

A Cologne, Bonn, Düsseldorf ou encore Essen et Dortmund, quelque 13 millions d'électeurs ont jusqu'à 18h00 pour élire le parlement de ce Land, le plus peuplé du pays et poids lourd industriel.

D'ultimes sondages ont donné ces derniers jours la CDU très légèrement en tête, avec environ 32%, devant les sociaux-démocrates du SPD, à 29%, dans cette région de l'ouest du pays où vit environ un quart de la population allemande.

La CDU, menée par l'actuel ministre-président Hendrik Würst, paraît donc la mieux placée pour garder le contrôle d'une région conquise en 2017 par Armin Laschet, candidat malheureux à la succession d'Angela Merkel en septembre 2021.

Le SPD, qui a gouverné la région pendant plusieurs décennies, semble distancé, malgré l'implication personnelle dans la campagne du chancelier Scholz.

Impopularité de Scholz

Le parti-social-démocrate, conduit localement par Thomas Kutschaty et distancé au niveau fédéral par les conservateurs dans les sondages nationaux, pourrait pâtir de l'impopularité grandissante du chef du gouvernement, jugé dépourvu de charisme et trop discret dans la crise ukrainienne.

Il y a une semaine, le 8 mai, le SPD avait déjà enregistré une cuisante défaite dans la région du Schleswig-Holstein (nord).

Verts faiseurs de roi?

En Rhénanie du nord-Westphalie, ce sont au final les Verts, crédités d'environ 17%, qui pourraient jouer les faiseurs de rois soit en s'alliant, comme à l'échelon fédéral, avec le SPD, soit en se rapprochant de la CDU, qui dirige la région depuis cinq ans avec les libéraux.

Au gouvernement, le chancelier et les ministres sociaux-démocrates se font voler la vedette par les écologistes, en particulier le vice-chancelier Robert Habeck et la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui se sont hissés parmi les personnalités politiques préférées des Allemands.

Dans le même temps, la ministre SPD de la Défense, Christine Lambrecht, est la cible de critiques et de demandes de démission pour avoir effectué un déplacement privé avec son fils à bord d'un hélicoptère de l'armée.

"L'enjeu de l'élection est de taille", résume l'hebdomadaire Der Spiegel, soulignant que "celui qui gouverne ici a automatiquement son mot à dire au niveau fédéral".

Une victoire serait ainsi un signe encourageant pour la CDU, reléguée dans l'opposition après 16 années d'ère Merkel et dirigé désormais par le très droitier Friedrich Merz, lui-même élu de la région et bien déterminé à devenir chancelier en 2025.

ATS
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