Allemagne: les avantages accordés à Gerhard Schröder remis en cause

L'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder (à gauche) affiche de longue date sa proximité avec Vladimir Poutine (archives). ©KEYSTONE/DPA/HOLGER HOLLEMANN
Ukraine
Keystone-ATS
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Le gouvernement allemand envisage de revenir sur les avantages, dont l'attribution de bureaux, accordés à l'ex-chancelier Gerhard Schröder, a indiqué samedi le ministre des Finances. L'ancien dirigeant social-démocrate est proche de Vladimir Poutine.

Il n'est "plus concevable qu'un bureau soit mis à sa disposition par le contribuable" à M. Schröder, explique Christian Lindner dans les journaux du groupe Funke. "Nous devrions tirer les conséquences" de son refus de mettre fin à ses responsabilités dans plusieurs groupes russes et de condamner l'invasion russe de l'Ukraine.

En tant qu'ancien chancelier (1998-2005), Gerhard Schröder a droit encore à plusieurs bureaux au Bundestag et à un budget pour du personnel. Un privilège qui coûte 400'000 euros par an aux contribuables.

"Code d'honneur"

"Les anciens titulaires de postes de haut niveau, qui sont manifestement au côté de gouvernements criminels, ne peuvent pas compter sur le soutien de l'Etat", assène M. Lindner. Les avantages accordés à M. Schröder pourraient ainsi être réduits dans le cadre des débats à venir sur le budget 2023.

"Il serait avisé d'uniformiser l'équipement des anciens titulaires de postes de haut niveau et de le réduire au fil du temps. Dans ce contexte, il faudrait aussi parler d'une sorte de code d'honneur en ce qui concerne le comportement", ajoute M. Lindner, président du parti libéral FDP, membre de la coalition au pouvoir.

Pression croissante

La pression s'accentue autour de M. Schröder, 77 ans. L'ancien chancelier a été privé de distinctions honorifiques par plusieurs villes et est visé par des appels à son éviction du parti social-démocrate SPD. Il est devenu une figure encombrante, y compris pour l'actuel chef du gouvernement, Olaf Scholz, dont il fut le mentor.

La plupart des anciens dirigeants européens présents avant la guerre en Ukraine dans les instances dirigeantes des entreprises russes ont depuis démissionné.

Mais M. Schröder a réaffirmé, dans une interview diffusée le week-end dernier par le New York Times, n'avoir aucune intention en l'état de renoncer à ses mandats dans les entreprises russes. Il ne le fera que si Moscou venait à cesser ses livraisons de gaz à l'Allemagne. Un scénario auquel il dit ne pas croire.

L'ancien chancelier est président du comité des actionnaires de Nord Stream AG, le gazoduc controversé entre la Russie et l'Allemagne qui n'a pas d'autorisation pour opérer, et président du conseil de surveillance de Rosneft, premier groupe pétrolier russe.

ATS
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