Affaire Quatennens: son épouse formule de nouvelles accusations

Adrien Quatennens, proche de Jean-Luc Mélenchon, doit faire face aux accusations de son épouse. ©KEYSTONE/AP/MICHEL SPINGLER
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Keystone-ATS
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Céline Quatennens, l'épouse d'Adrien Quatennens, a dénoncé mercredi pas seulement "une gifle" mais aussi des "colères", des "crises" et des "violences physiques et psychologiques" exercées depuis "plusieurs années" par son mari député.

Ces accusations vont compliquer encore le retour du parlementaire LFI du Nord à l'Assemblée nationale.

"Cela fait plusieurs années que je subis ses colères, ses crises, des violences physiques et morales. Au cours de ces dernières années, j'ai voulu le divorce à trois reprises, à chaque fois sous la pression je suis revenue en arrière", assure Céline Quatennens dans un communiqué dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par son avocat.

L'entourage d'Adrien Quatennens s'est pour sa part dit étonné "que cette déclaration arrive maintenant alors que pendant deux mois Céline Quatennens a été entendue à plusieurs reprises et a pu dire ce qu'elle avait à dire aux enquêteurs". "Malgré toutes ses auditions, n'ont été retenus par le parquet que les éléments reconnus par Adrien Quatennens, dans le cadre de tensions mutuelles", souligne-t-il.

Procédure bloquée

Cette déclaration "intervient dans le cadre d'une procédure de divorce à l'amiable mais qui n'avance pas, avec des demandes exorbitantes de Madame Quatennens en matière de compensations financières et de garde d'enfant", relève également l'entourage du député.

Dévoilée par le Canard Enchaîné, qui avait fait état d'une main courante déposée par Céline Quatennens, cette affaire a provoqué mi-septembre un séisme à La France insoumise. Adrien Quatennens, un très proche de Jean-Luc Mélenchon et l'un des favoris à sa succession, s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur politique et n'a plus reparu à l'Assemblée depuis.

Dans un long communiqué le 18 septembre, l'élu de 32 ans évoquait notamment "des disputes" depuis l'annonce par sa femme de sa volonté de divorcer, précisant par exemple lui avoir "saisi le poignet" au cours de l'une d'elles. Il admettait aussi lui avoir "donné une gifle", il y a "un an", "dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle".

"Face aux déclarations de Monsieur Quatennens arguant médiatiquement +d'une seule gifle dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle+, je ne peux rester dans le silence face à des propos que j'estime mensongers", a développé Céline Quatennens dans son communiqué.

Elle a dénoncé "une version très personnelle" de l'élu et assuré prendre la parole "contre son gré" mais pour "rééquilibrer les choses". "Il m'est désagréable que mon mari minimise les faits publiquement en jetant le discrédit sur ma personne", a-t-elle ajouté.

- "#Quatennensdemission" -

Côté judiciaire, Adrien Quatennens est convoqué à Lille le 13 décembre, devant un procureur à huis clos, dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, parfois dite "plaider-coupable"). Il y répondra des seuls faits de la gifle et des SMS envoyés après leur séparation "dont l'absence de caractère malveillant avait déjà été reconnue", selon son avocate Me Jade Jousselin.

Parallèlement, La France insoumise, dont aucun membre n'avait répondu mercredi à la mi-journée aux sollicitations de l'AFP, réfléchit ouvertement à son retour au Palais Bourbon, sans en remettre en cause le principe mais en affectant la plus grande prudence dans la manière de procéder.

"Nous travaillons collectivement aux modalités et au calendrier du retour d'Adrien Quatennens" à l'Assemblée nationale, avait indiqué la semaine dernière à l'AFP Manuel Bompard, patron officieux du parti. Adrien Quatennens n'est désormais plus en arrêt maladie et a exprimé son souhait de revenir, selon plusieurs députés insoumis.

Un retour à l'Assemblée "désormais impossible", juge au contraire le patron du PS Olivier Faure, un allié majeur de LFI au sein de l'alliance de gauche Nupes.

La députée écologiste Sandrine Rousseau a, elle, souligné mercredi la nécessité de "respecter et entendre la parole des femmes".

"Victime on te croit. Soutien à toutes les victimes des violences masculines. #QuatennensDémission", a tweeté mercredi l'association Osez le féminisme.

"Tout le monde doit respecter la parole de Céline Quatennens", a commenté mercredi la députée LFI Raquel Garrido, en assurant que "le groupe parlementaire n'avait jamais dit qu'il fallait un retour rapide d'Adrien Quatennens"

Quatennens dément

Adrien Quatennens "dément catégoriquement" ces nouvelles accusations de violences, a indiqué son avocate dans un communiqué posté sur Twitter.

"Mon client conteste les déclarations de Céline Quatennens" et est "aujourd'hui contraint de répondre publiquement par ma voix aux accusations mensongères qu'il dément absolument", a indiqué Me Jade Dousselin.

ATS