700 maçons valaisans battent le pavé à Zurich pour de meilleures conditions de travail

Didier Morard
Journaliste

700 maçons valaisans ont battu le pavé samedi à Zurich. Ils réclament de meilleures conditions de travail à l'heure où le texte qui fixe leur droit est au point mort entre patronat et syndicats.

Les maçons valaisans n'ont pas manqué la grande manifestation de la construction samedi à Zurich. Ils étaient 700 à avoir fait le déplacement dans la ville alémanique – fief de l'économie du pays. 15'000 autres personnes – selon les syndicats – ont aussi défilé. Leur objectif : faire entendre leur voix en pleine renégociation de la convention nationale, qui règle les salaires et les conditions de travail des métiers de la construction et du génie civil. Le texte arrive à son échéance à la fin de l'année. "Cette convention nationale, c'est vraiment le contrat de travail des métiers de la construction", explique Blaise Carron, secrétaire régional d'UNIA Valais. "On a déjà eu quatre séances de négociation. Mais manifestement on n'est très très loin de pouvoir trouver un accord, déjà même de pouvoir se parler et de se comprendre. L'association patronale des entrepreneurs a même dans un premier temps remis en cause la nécessité d'une convention collective", déplore Blaise Carron.

Grèves à venir ?

Le blocage des négociations provoquent l'ire des syndicats, qui réclament davantage de protection pour ce métier à forte pénibilité : une semaine de vacances en plus, une réduction de la durée des journées de travail et des règles claires sur les chantiers en cas d'intempéries et de canicules. Si aucun accord n'est trouvé d'ici la fin décembre, le ton pourrait se durcir, avertissent les syndicats. "En Valais, on a commencé une forte mobilisation déjà en automne passé avec une mobilisation pour les salaires. En Valais, on a eu un accord sur les salaires. On ne fera donc rien jusqu'à la fin de l'année. A partir du 1er janvier, les salariés valaisans comme les salariés de la construction de toute la Suisse, déclencheront des mesures de lutte si cela est nécessaire : pauses prolongées voire grèves", menace Blaise Carron, qui estime que les salariés doivent être entendus.

"C'est un autogoal que se fait l'association suisse des entrepreneurs."

Blaise Carron, secrétaire régional d'UNIA Valais

Actuellement, les métiers de la construction font face à un désamour. Selon les syndicats, un maçon qualifié sur deux quitte la branche. Le nombre de nouveaux apprentis a diminué de moitié. "On fait face à une pénurie de personnel. On aurait pu penser que les patrons profitent de la convention nationale pour revaloriser ce métier, pour améliorer l'attractivité de ce métier. C'est un autogoal que se fait l'association suisse des entrepreneurs", conclut amèrement Blaise Carron.

DM
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