6 ans et demi de prison requis pour la fille accusée d'avoir tué sa mère à coup de casserole

Le molok en question photographié après la découverte du corps.  ©Keystone-ats
Justice
Didier Morard
Journaliste

Le Tribunal d’Hérens-Conthey traitait ce lundi de l’affaire dite du molok. La prévenue – qui nie les faits – est accusée d’avoir tué sa mère à coup de casserole et d’avoir jeté le corps dans un molok.

Six ans et demi de prison ferme et des mesures thérapeutiques en milieu fermé. C’est la peine requise ce lundi par le Ministère public dans l’affaire dite du molok. Au Tribunal d’Hérens-Conthey, le procureur Ludovic Schmied a souligné le comportement particulièrement perfide et odieux de cette Vaudoise accusée d’avoir assassiné sa mère en 2017. Il a parlé de haine et d’acharnement. Ludovic Schmied a reproché à la prévenue d’avoir abandonné le corps "comme un vieux déchet". «Les mots sont durs mais ils ont été pesés lors de la préparation du réquisitoire compte tenu de la complexité de la prévenue et pour la sérénité des débats. Mais ce sont des mots qui étaient importants à dire», assume Ludovic Schmidt. Selon l’acte d’accusation, la prévenue aurait empoisonné sa mère avec de la mort-aux-rats, achetée quelques jours plus tôt dans une pharmacie du village. Elle aurait ensuite tué la victime à l’aide d’une casserole, une dizaine de coup et déposé le cadavre dans un molok.

Une version contestée

La défense plaide l’acquittement. L’avocate de la prévenue a relevé plusieurs zones d’ombre dans ce dossier : l’absence de motifs et de preuves irréfutables. Selon elle, aucun élément technique ne peut clairement démontrer que sa cliente a empoissonné et donné la mort à sa mère. Aucune empreinte ADN n’a été retrouvée sur les sacs à poubelle entourant le cadavre. De plus, l’avocate estime que l’accusée n’était pas sur place au moment des faits. Des arguments que balaient d’un revers de main, le procureur Ludovic Schmied. «L’ensemble du dossier permet de fonder la culpabilité de l’accusée. Il n’y a pas de doute possible.»

Des troubles psychiques

Le réquisitoire du Ministère public est clément. «En temps normal, c'est 20 ans qui devraient être requis.» Mais le procureur a tenu compte des expertises psychiatriques, faisant état de troubles psychiques sévères. «Les expertises sont unanimes sur ce point avec un diagnostic peut être différent entre la première et la deuxième et troisième expertise», explique Ludovic Schmied.

Outre l’acquittement, l’avocate de la prévenue a demandé des indemnités pour tort moral et la libération immédiate de sa cliente. Le Tribunal d’Hérens-Conthey a refusé cette requête. En attendant le verdict, qui sera rendu ultérieurement, l’accusée reste en détention.

DM