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Du Valais aux Oscars, le court-métrage de Léa Favre trace sa route

28 ans, et déjà en passe de flirter avec les grands du cinéma Hollywoodien. Léa Favre est valaisanne, réalisatrice, diplômée de l’ECAL. Son court-métrage de diplôme a à son actif une sélection dans une 40aine de festivals du monde entier. Jusqu’aux portes des Oscars.

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Oriane Binggeli
Oriane Binggeli, Rédaction Rhône FM
22 déc. 2025, 07:30
/ Màj. le 22 déc. 2025 à 10:05
Pour son film de diplôme de l'ECAL, Léa Favre a opté pour une animation en stop motion.
Pour son film de diplôme de l'ECAL, Léa Favre a opté pour une animation en stop motion.

Il y a un an, Léa Favre terminait un film de diplôme sans savoir “si quelqu’un allait en vouloir”. Aujourd’hui, la réalisatrice valaisanne de 28 ans a vu son court-métrage d’animation en stop-motion, Qui part à la chasse, voyager de festival en festival, décrocher 13 prix et ouvrir une porte rare : l’éligibilité aux Oscars. “Pour moi, c’est dingue parce que c’est un film d’étudiant. Je l’ai fait en moins d’un an”, résume-t-elle. 

Un récit de bascule, pensé image par image

Qui part à la chasse suit une jeune femme qui cherche un sujet pour un documentaire, “comme elle partirait à la chasse”. Puis le rapport s’inverse: “Quand finalement elle trouve la personne parfaite, sa proie… la situation s’inverse et c’est elle qu’on se met à chasser.” Léa Favre revendique un film construit sur une tension progressive, où la chasse devient une mise en danger. 

Le choix de la stop-motion n’est pas un effet de style. Il répond à un besoin de maîtrise, dit-elle: “Je raconte un moment qui a échappé à mon contrôle et j’avais envie de reprendre le contrôle. Chaque image, tu la choisis.” Avant son année de diplôme, la jeune cinéaste avait travaillé près d’un an sur Sauvage de Claude Barras, une expérience décisive pour assumer cette technique. 

Les règles du circuit festivalier, apprises sur le tas

Le film n’a pas seulement circulé : il a imposé sa réalisatrice à l’intérieur d’un système avec ses codes. “En général, quand un film est fini, après, il y a une période de deux ans où il est distribué dans des festivals”, explique-t-elle, évoquant les exclusivités territoriales et l’importance des “premières” (nationale, internationale). “J’ai tout découvert”, dit-elle, décrivant une progression par essais, sélections, prix, puis stratégie. 

Ce parcours a aussi ses contraintes. “Le film ne peut pas être montré en ligne… et en fait, même le film ne m’appartient pas”, précise-t-elle, en référence au contrat liant l’école et la production. Sur le terrain, c’est pourtant elle qui inscrit le film et qui s’organise, parfois en renonçant à des déplacements ou en envoyant des vidéos de remerciement. “C’est trop bizarre… il y a des gens dans une salle qui vont voir ta vidéo.” 

Fantoche et Cracovie, le sésame vers Los Angeles

Deux récompenses ont changé d’échelle : un prix à Fantoche, festival d’animation près de Zurich, et un prix à Cracovie. Ces deux rendez-vous figurent parmi les festivals “Oscar qualifying” dans la catégorie court-métrage d’animation : gagner l’un de ces prix rend un film éligible. “Après, il n’en fallait qu’un. Mais disons, il y en a eu deux”, note Léa Favre. 

L’éligibilité ne signifie pas nomination. Cette année-là, elle se retrouve parmi 113 films en lice à ce stade. “On n’a pas eu les financements… et je suis dans une compétition avec des gens qui ont fait le film pendant des années, avec une équipe professionnelle”, raconte-t-elle. Le passage par les États-Unis, tenté via une petite campagne financée en partie avec l’argent des prix, illustre vite la réalité du système : “Il y avait personne dans la salle.” 

Le retour en Valais, et la question de l’après

Après les sélections et les projections lointaines, une séance en Valais a compté autrement. À Savièse, lors de la fête de la courge, le film a été projeté devant un public venu “vraiment que pour mon film”. “Il y a vraiment eu un truc qui s’est passé dans cette salle… ce n’était pas du tout le public que je pensais”, dit-elle, surprise de voir le film toucher “les hommes comme les femmes”. 

La suite, elle, reste ouverte. Léa Favre travaille aujourd’hui dans une société de production d’animation à Lausanne et réfléchit à un prochain projet. “Mon rêve, c’est de faire des films… mais c’est un peu dur de rebondir”, confie-t-elle. Et derrière le succès, une appréhension revient: “J’ai peur de décevoir… j’ai peur de ne pas être à la hauteur.”

OB
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