BL: jeune de 19 ans condamné pour le meurtre d'un ado de 15 ans
La justice de Bâle-Campagne condamne un jeune de 19 ans à quatre ans et huit mois de prison pour le meurtre d'un ado de 15 ans en 2024 à Aesch (BL). La peine est commuée en placement fermé dans une institution. L'accusé avait poignardé sa victime sur un site scolaire.
Dans son jugement rendu mercredi, la Cour pénale de Bâle-Campagne n'a pas suivi l'avis du Ministère public. Ce dernier avait exigé une peine de neuf ans de prison pour meurtre. Les juges ont reconnu le prévenu coupable de meurtre par dol éventuel. Selon eux, le jeune homme n'avait pas l'intention de tuer, mais il a pris en compte le risque que la victime meure.
L'affaire remonte au mois de juin 2024. Selon l'acte d'accusation, la victime et deux de ses amis avaient prévu de tabasser l'accusé dans la cour d'une école à Aesch. Des messages échangés entre eux en témoignent. Un baiser volé par le jeune homme à la petite amie de la victime aurait été à l'origine du conflit. Lors de la bagarre qui a suivi, l'accusé a poignardé l'adolescent qui a succombé à ses graves blessures à l'hôpital.
Légitime défense "excessive"
L'utilisation de ce couteau était excessive et n'est pas excusable, a souligné le président du tribunal en rendant le jugement. La Cour a reconnu une situation de légitime défense face à plusieurs agresseurs masqués, mais le prévenu ne les a pas mis en garde sur le fait qu'il était armé et n'a pas tenté d'infliger des blessures moins graves.
De plus, le jeune homme ne disposait pas d'une autorisation de port d'arme, lié au type de couteau qu'il a utilisé pour blesser mortellement l'adolescent. Il a donc aussi violé la loi sur les armes. S'y ajoute un délit routier. En outre, il a commis des actes d'ordre sexuel avec une fille de 13 ans lorsqu'il avait 16 ans. L'écart légal de trois ans n'ayant été dépassé que de quelques jours, il n'est pas sanctionné pour ce délit.
Troubles du développement à traiter
Le prévenu a été longtemps victime de harcèlement à l'école et dans son apprentissage. Une expertise psychiatrique a constaté chez lui un trouble du développement de la personnalité.
Les juges ont donc décidé de commuer la peine de prison prononcée en placement dans un centre fermé pour jeunes adultes souffrant de ce genre de problème. Cette mesure doit l'empêcher de développer des troubles psychiques graves et de récidiver. Les chances de succès du traitement thérapeutique s'annoncent bonnes en ce qui le concerne, selon les experts.
La Cour a reconnu les regrets que l'accusé a formulés à l'égard de la famille de la victime. Ce dernier devra verser à la famille de la victime plusieurs milliers de francs de réparation pour tort moral.


