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11.03.2019 - 06:30

Terres excavées : le Valais ne sait plus qu'en faire. Ou presque...

L'apport de matériaux nécessite un tri
L'apport de matériaux nécessite un tri - ©rfm
A Châtroz, les dimensions impressionnent mais toutes les autorisations sont réunies
A Châtroz, les dimensions impressionnent mais toutes les autorisations sont réunies - ©rfm
Le nivellement est sensé redonner une unité au terrain
Le nivellement est sensé redonner une unité au terrain - ©rfm
Après terrassement, les différences de niveaux doivent être validées si nécessaires
Après terrassement, les différences de niveaux doivent être validées si nécessaires - ©rfm

Certains ont trop de terre. D'autres n'en ont pas assez et c'est devenu un véritable problème en Valais.
D'un côté la construction qui excave des milliers de mètres cubes, de l'autre des agriculteurs et leurs champs dont la qualité de la terre se modifie avec le temps. Au milieu : la loi pose les contraintes pour l'entreposage. "Elles provoquent des procédures trop longues", estime le directeur de l'AVE (l'Association valaisanne des entrepreneurs), Serge Métrailler (interview ci-dessous) qui, en sa qualité de député, a déposé une motion aux côtés de plusieurs élus de la droite valaisanne, pour "rendre cette procédure rapide et efficace". Le texte sera mardi sur le pupitre des parlementaires.

Les terrains autorisés croulent sous les demandes

"Pour le moment en Valais, un des problèmes que nous avons c'est le manque de surfaces dédiées au dépôt de matériaux", reconnait Pascal Varone (interview ci-dessous), président de la Commission cantonale des constructions, autorité en la matière. Le résultat est simple : les terrains qui bénéficient d'une autorisation après mise à l'enquête sont particulièrement sollicités.
Un exemple illustre la situation : à Châtroz, presque en lisière de la Morge sur la commune de Sion, c'est un champ de plus de deux hectares qui entasse, déplace et nivelle, très officiellement, des milliers de m3 depuis 2017. Mais compte tenu du travail nécessaire, il a fallu prolonger l'autorisation de ce qui était au départ de l'épandage simple, un remblai sur terre agricole (photos ci-dessus).
Avant d'obtenir une autorisation, la demande doit répondre aux exigences légales (régies au niveau fédérales par l'OLED), à commencer par la topographie du terrain qui doit s'y prêter sans défigurer le paysage, la preuve de valorisation agricole ou encore la garantie de dépôt des matériaux adéquats, prémisses à tout dossier de mise à l'enquête, obligatoire en la matière et compléter par des plans et coupes détaillées. "C'est long et il faut se montrer patient", reconnait le président de la Chambre valaisanne d'agriculture, Willy Giroud (interview ci-dessous), d'autant plus que "des surfaces, il y en a bien assez".

Un inventaire général et une planification sont nécessaires

Le casse-tête passe par le "timing" : pour que tout le monde puisse y gagner, les "matériaux propres" (recyclables ou "valorisant" pour les terres agricoles) devraient pouvoir être acheminées dès l'excavation, sans devoir encore passer par une étape de stockage ailleurs.
Le risque est de devoir passer par l'élimination ou le dépôt définitif en décharge (une trentaine en Valais) mais avec un impact direct sur le coût et sans "retraitement" à la clé. Or, la fourchette des tarifs dépend largement de ces possibilités : jusqu'à 30 francs le m3 en décharge, contre zéro à 15.-/m3 selon les conditions d'épandage.
"Plutôt que chacun fasse une parcelle dans son coin, les communes avec un peu plus d'autonome, pourraient coordonner les agriculteurs intéressés, estime Willy Giroud. Au final, c'est une planificaiton cantonale avec un inventaire à la clé qui constituerait la véritable solution. Avec le service de l'environnement, une commission y travaille déjà, confirme Pascal Varone mais il faut du temps. En l'état, c'est sur une accélération des procédures que le parlement devra statuer mardi.


Ch

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