Retour

22.08.2019 - 11:52

Procès : elle tue son bébé et le jette aux ordures, "ce que j'ai fait, c'est horrible!"

Avait-elle toute sa tête au moment du crime ? C'était la question au cœur des débats ce jeudi matin au procès d'une femme accusée d'avoir étouffé son bébé en 2015 dans la région sierroise. Rhône FM était sur place.

 

Accusée d'avoir étouffé son bébé dans un village du Valais central, une femme était jugée en appel au Tribunal cantonal ce jeudi matin à Sion. Condamnée à 2 ans de prison avec sursis lors du premier procès à Sierre en 2017, l'accusée comparaissait libre, accompagnée de son avocat Jean-Claude Vocat lors de l’ouverture de l’audience à 8h30.

 

Une femme d'apparence «banale» à la barre. 37 ans, cheveux noirs mi-longs, corpulence fine, pull sombre et baskets aux pieds. Une femme à la voix douce, chuchotante même, en larmes devant le président de la cour, assise sur une chaise, au milieu de la salle d’audience.

 

En décembre 2015, après avoir caché sa grossesse à ses proches, elle accouche seule dans sa salle de bains et tue son nouveau-né avant de jeter le corps dans la poubelle. A la barre donc, entre deux sanglots, elle confirme le crime et dit : «ce n'était pas moi qui agissais, c'est horrible, j'étais ailleurs, comme un robot.» L'accusée affirme avoir été dans un état second au moment des faits. «Aujourd’hui je suis suivie par un psychologue, j’ai des antidépresseurs. J’ai pu admettre ce que j’ai fait. J’arrive à en parler, c’est dur». On apprend à l’audience qu’elle a donné un prénom à cet enfant, mort dès la naissance et jeté dans un molok : Louis.

 

C'est tout l'enjeu: est-elle responsable de ses actes ? Deux possibilités s’offrent aux juges. Soit elle était dans un état qualifié par le droit suisse de «puerpéral», moment délicat qui survient pendant ou après l'accouchement. Un état qui peut altérer le discernement. Soit elle a agi en pleine conscience, parce qu'elle voulait tout simplement faire disparaitre ce bébé qu'elle refusait. En clair, si les juges considèrent qu’elle a commis un infanticide au sens de l’article 116 du code pénal, dans un état «second», elle sera probablement condamnée à du sursis, comme en première instance.

 

En revanche, si elle reconnue coupable d’assassinat, comme le requiert le procureur Olivier Elsig, elle fera de la prison. Le Ministère public qui demande 10 ans de réclusion. Les débats se sont terminés en fin de matinée ce jeudi, l'accusée est repartie libre. Le jugement est attendu dans les jours, semaines qui viennent.

 

 


Thomas Schürch

Radio Rhône SA   Ch. St-Hubert 5   CP 1230   1951 Sion   Tél. 027 / 327 20 20 Fax. 027 / 327 20 23