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11.06.2019 - 11:35

Postes clés au féminin : « Le problème, c’est que nous prendrons toujours la place d’un homme ».

©syndicom

Plus besoin d’être des militant.es acharné.es pour regretter le taux de 20% de femmes cadre en Valais ou celui de 19% au parlement cantonal. Dans le cadre d’une réflexion sur l’égalité et à trois jours de la grève des femmes, nous avons effecuté plusieurs entretiens avec des chefs de services, des patrons d’entreprises et des politiciennes. Et le constat est clair : les femmes devraient oser et se présenter à des postes à responsabilité. Certains prêtent d’ailleurs également aux dames des capacités plus développées à certains niveaux : prise de décision réfléchie, méthode de travail plus participative, capacité de s’organiser de manière efficiente, diplomatie, etc.

 

«Il ne viendrait plus à l’idée de donner des ordres à un ou une collaboratrice»

D’autres, comme, la première Présidente de la ville de Martigny, Anne-Laure Couchepin-Vouilloz ne voient pas de différences professionnelles particulière entre homme et femme. « Personnellement, je n’arrive pas à généraliser. Je ne sais pas si la diplomatie, la réflexion participative etc. dépend du genre, du caractère, d’une éducation ou d’une nouvelle manière liée à la génération d’aborder les dossiers, explique-t-elle. C’est vrai que par rapport à il y a 20-30 ans, on aborde différemment les choses. Par exemple, dans une commune, il ne viendrait plus à l’idée de donner des ordres à un ou une collaboratrice. C’est beaucoup moins pyramidal. A savoir maintenant si c’est lié au genre, c’est une autre question. »

 

Le changement de mentalité se voit aussi du côté de la répartition du taux de travail et de l’organisation familiale. Si les horaires réduits sont encore l’apanage des femmes, bon nombre d’hommes s’y mettent aussi : « Les taux d’activité revus à la baisse pour les hommes, c’est lié à un changement dans la société et notamment de leur rôle dans la famille, remarque Jacques Cordonnier, chef du service de la culture. Une entreprise, ou un service comme le nôtre doit être attentif à accompagner ce genre d’évolutions. »

 

«Je le fais, pour ma fille. Pour nos filles.»

De son côté, Géraldine Marchand-Balet est présidente de Grimisuat et siège encore pendant quelques mois à Berne. L’auteure de ses lignes la rencontrée et l’une des premières questions a été de sa voir si elle trouvait sexiste qu’on vienne l’interroger sur sa condition de femme plutôt que sur des sujets politiques, alors qu’on ne le ferait jamais pour un homme. La réponse de Madame Marchand-Balet est claire : « Non, répond-elle. Il est encore nécessaire de parler de ces sujets tant que l’égalité entre homme et femme n’est pas clairement acceptée et appliquée. Je le fais, pour ma fille et pour nos filles en général. »

 

Elle se réjouit pourtant : elle voit une évolution positive au niveau de l’égalité des genres. « Il y a 20 ans, l’objectif était d’avoir une femme sur une liste pour qu’elle s’occupe des affaires sociales et du domaine scolaire, voire des questions de santé, aujourd’hui, la réflexion est plus large. » Et de conclure : « Le problème c’est que nous prendrons toujours la place d’un homme. »


Diana-Alice Ramsauer

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