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02.02.2020 - 14:30

Michel Mayor : "J'aurais voulu que ma grand-mère soit là pour voir ça"

De gauche à droite: Christophe Germanier, président de Conthey et Michel Mayor, lors de la cérémonie de samedi.
De gauche à droite: Christophe Germanier, président de Conthey et Michel Mayor, lors de la cérémonie de samedi.

Depuis samedi soir, le lauréat du Prix Nobel de Physique 2019 est Bourgeois d’honneur de la commune de Conthey. Une distinction que l’astrophysicien vaudois doit à sa grand-mère maternelle, qui avait une origine contheysanne.

 

«J’ai un quart de sang valaisan, ma grand-mère maternelle était une Evéquoz de Conthey ! ». Michel Mayor a beau avoir un accent vaudois des plus prononcés, il y tient, à son origine valaisanne. La preuve, malgré un agenda qui ne désemplit pas depuis la réception de son Prix Nobel de Physique, – c’était le 10 décembre dernier-, le chercheur de 78 ans a accepté l’invitation de la commune de Conthey. Samedi soir, à l’occasion des Voeux 2020, les autorités lui ont décerné le titre de Bourgeois d’honneur. Une distinction que le scientifique a accueillie avec une grande joie et un peu d’étonnement, «mais aussi avec un regret», nous confie-t-il. «Elle est morte il y a cinquante ans, mais j’aurais voulu que ma grand-mère soit présente pour voir ça. Elle aurait été tellement fière !».     

 

Remonter l’arbre généalogique

 

Ce lien du chercheur avec la commune, les autorités de Conthey en ont eu connaissance d’abord par des bruits, des rumeurs. Si insistants, qu’une véritable enquête a été lancée. «Nous avons demandé à notre cercle de généalogie de pousser les recherches», explique Christophe Germanier, président de Conthey. Un travail qui a permis d’attester que la grand-mère de Michel Mayor, Marie Evéquoz, et ses ancêtres, étaient bel et bien originaires de la commune. «Elle est née en 1892 dans une famille de paysans pauvres», détaille l’astrophysicien. Et comment a-t-elle quitté le Valais ? «Vers 1915, elle s’est fait engager comme aide de ménage dans une famille vaudoise qui comptait trois enfants. Après la mort de sa femme, l’époux s’est remarié avec ma grand-mère. C’est de cette union qu’est née ma mère», sourit Michel Mayor.

 

Oscar !

 

Né à Lausanne en 1942, le scientifique n’a jamais vécu en Valais. Il se souvient néanmoins avoir passé des vacances dans notre canton. Et de cette époque, il garde quelques bons souvenirs. «Je me rappelle de prénoms qui étaient surprenants pour moi. Des prénoms des temps anciens, comme Oscar, par exemple. Ca nous faisait beaucoup rigoler, mon frère et moi». Michel Mayor se souvient aussi de raclettes partagées avec ses cousins. «Nous faisions le concours de celui qui en mangeait le plus !», rit-il.

 

Un lien toujours existant

 

Amoureux des montagnes du Val d’Anniviers, le Vaudois a gardé un lien avec cette région. «Nous avons un chalet à Ayer, on y vient pour skier», nous apprend-il. Quant à savoir s’il fera usage de son droit de vote aux assemblées bourgeoisiales de Conthey, il y a peu de chance que son agenda de Prix Nobel le lui permette. Mais qui sait, peut-être qu’un soir, au chapitre des «Divers», les membres entendront une voix sémillante leur donner des nouvelles de 51 Pegasi B, l’exoplanète identifiée par Michel Mayor en 1995. Une découverte qu’il partage avec son collègue Didier Queloz, lui aussi lauréat du Prix Nobel de Physique 2019.    

     

 


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