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29.06.2020 - 17:00

Le Tour de France en Valais (1/5): Crans Montana pour une première

Durant tout l’été, Rhône FM vous propose une série hebdomadaire dédiée au sport. Cette semaine, focus l’histoire qui lie le Valais au Tour de France.

 

Le Tour de France est passé 31 fois en Suisse depuis 1947. Pour voir une arrivée d’étape en Valais, il a fallu attendre 1984. Crans Montana a vu Laurent Fignon s’imposer et confirmer sa supériorité dans un peloton rempli de stars.

 

Laurent Fignon, Bernard Hinault, Greg LeMond, voici le trio magique qui règne sur le Tour de France 84, et plus globalement sur la Grande Boucle lors de toute la décennie. Seules deux éditions, 87 et 88, ont échappé à l’un de ces trois hommes entre 81 et 90. C’est dire si la rivalité entre les deux Français et l’Américain était à son apogée lorsque pour la première fois une arrivée au sommet est jugée en Valais, à Crans Montana. Commentateur attitré de la TSR pour le cyclisme pendant près de 30 ans, Bertrand Duboux se souvient de ce 19 juillet 1984 comme si c’était hier.

 

 

Morzine – Crans-Montana, Laurent Fignon encore au sommet

 

Le sacre de Laurent Fignon sur le Haut-Plateau s’est dessiné dans les derniers hectomètres de la montée, raconte Bertrand Duboux. « Fignon s’est libéré dans la vallée du Rhône. Ensuite dans la montée, il était pris en sandwich entre les deux Espagnols de l’équipe Reynolds Gorospe et Arroyo. Il y avait aussi le Colombien Wilches, mais Fignon était plus fort. » L’Intello, comme on le surnommait en raison de son intelligence, de son style et de ses lunettes, a signé à Crans-Montana sa 4ème victoire d’étape sur le Tour 84, après avoir parcouru 140km depuis Morzine. Il en remportera une 5ème deux jours plus tard à Villefranche-sur-Saône avant de cueillir son 2ème succès au général à Paris le dimanche 22 juillet. Pour Bertrand Duboux, ce Tour de France 84 a symbolisé la passation de pouvoir entre Laurent Fignon et Bernard Hinault, même si ce dernier remportera encore l’édition suivante.

 

13 Suisses au départ en 1984, le Montheysan Gavillet dans le Top 20

 

« À partir de la fin des années 70, le cyclisme suisse était en reconstruction. Dans la décennie suivante on a vu apparaître une sorte de renouveau grâce notamment à l’équipe Cilo-Aufina », commente Bertrand Duboux. Il ajoute : « Niki Ruttiman était le coéquipier de Bernard Hinault chez La Vie Claire-Terraillon, les autres promesses se nommaient Jean-Marie Grezet de l’équipe Skil et Bernard Gavillet chez Cilo-Aufina ». Pour Bertrand Duboux, Bernard Gavillet était un bon grimpeur, mais au milieu des Fignon, Hinault, LeMond, difficile d’exister et de se battre pour le général sur tout un Tour de France.

 

« L’arrivée à Crans-Montana c’était comme un feu d’artifice »

 

Un autre cyclisme, les mêmes recettes

 

Des milliers de personnes à Crans-Montana pour assister à la fin d’une étape courte, de 140 kilomètres, mais spectaculaire, placée en fin de Tour de France. Les ingrédients du succès sportif et populaire de la Grande Boucle n’ont pas beaucoup changé lors des 40 dernières années. C’est d’ailleurs pour cela que les stations valaisannes manifestent régulièrement leur envie d’accueillir à nouveau une étape. Pour Bertrand Duboux, l’engouement était au rendez-vous. « En Suisse on attendait une étape de montagne depuis un moment et l’arrivée à Crans-Montana c’était comme un feu d’artifice », conclut l’ancien commentateur de la Télévision Suisse Romande, devenue RTS depuis. Dans les archives du Nouvelliste, on retrouve aussi un article qui fait état de la liesse populaire qui régnait sur le Haut-Plateau. Le journaliste de l’époque s’étonne par ailleurs que le défilé publicitaire ne dure plus longtemps que celui des cyclistes. Une réalité toujours vérifiable aujourd’hui.


Hugo Da Custodia

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