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13.06.2018 - 10:35

L'Etat du Valais perd des millions dans une affaire d'escroquerie : des députés mettent la pression

L'escroc a volé la vieille dame pour un montant estimé à 23 millions de francs
L'escroc a volé la vieille dame pour un montant estimé à 23 millions de francs

Des parlementaires mettent le gouvernement valaisan sous pression. Plusieurs groupes politiques s’étonnent des plus de 7 millions de francs versés en 2017 par les pouvoirs publics à la famille d’une riche veuve. Ils interpellent le gouvernement ce vendredi au Grand Conseil.

 

En cause, le fonctionnement des APEA, les Autorités de Protection de l’Enfant et de l’Adulte, anciennement chambres pupillaires. En 2007, une riche veuve de la région de Crans-Montana est placée sous tutelle. Problème, son tuteur est un escroc, Il lui vole un montant estimé à 23 millions de francs.

 

La commune de Lens et l’Etat du Valais sont en partie responsables, c’est la loi de l'époque : une responsabilité dite "en cascade", nous assure le conseiller d'Etat Frédéric Favre, en charge des APEA. "La responsabilité en cascade, ça voulait dire : d'abord le tuteur/curateur, ensuite la chambre pupillaire, donc la commune et à la fin l'Etat du Valais. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, le droit fédéral à changé. Nous n'avons plus aucune marge de manoeuvre. A l'époque on a pu négocier, et on a trouvé un accord, nettement en dessous des prétentions".

Ainsi, une négociation entre l'Etat et la famille lésée s’est conclue avec un versement de 7,2 millions de francs en 2017. Un tiers de la somme payée par la commune de Lens… Les deux tiers restants, soit 4,8 millions, payés par le canton.

 

 

Nous avons contacté l’un des représentants de la famille qui a reçu ces 7,2 millions. Me Charles Poncet confirme nos informations, mais se refuse à tout commentaire : "j'aimerais vous en parler croyez-le bien, mais nous sommes tenus par une clause de confidentialité".

 

Une clause de confidentialité demandée par le canton ?  Frédéric Favre, qui n'était pas en fonction au moment des faits, l'assure : "dans ce genre d'affaires, une clause de confidentialité, c'est normal. Lorsque l'on essaie de s'arranger à l'amiable, l'idée n'est pas d'aller sur la place publique. On n'a pas envie de crier haut et fort qu'un tuteur a fait des malversations. On fait une négociation, on la garde entre nous sur les détails... Par contre,  les résultats ont toujours été à disposition."

 

Aujourd’hui, des groupes politiques interpellent le gouvernement . On parle de cette affaire, de ses conséquences et surtout, du futur des autorités de protection. La réponse du gouvernement est attendue vendredi, dans la salle du parlement valaisan.

 

 

 


Thomas Schürch

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