Retour

13.05.2019 - 17:08

Autonomie : le fondement de "Buurtzorg", nouveau modèle de soins à domicile qui débarque en Valais

©HES-SO

Des "soins de quartier". C'est littéralement la signification de "Buurtzorg". Ce modèle qualifié de révolutionnaire pour les soins à domicile aux Pays Bas, débarque en Valais.
A compter du 1er juin, "La Réponse", Sàrl montheysanne, toute fraîchement inscrite au registre du commerce pour l'exploitation des établissements généraux de santé, lance huit équipes sur les huit districts francophone du canton. L'approche se calque sur le modèle hollandais.

12 ans d'expérience en auto-organisation des équipes

Fondée en 2007 par un infirmier, Jos de Block, la méthode a fait ses preuves. Elle repose sur des équipes "auto-organisées" de 10 à 12 intervenants, opérant par secteurs ou quartiers. Sur la base d'une évaluation infirmière, la référente durant tout l'accompagnement, il s'agit de promouvoir l'autonomie du bénéficiaire, en mettant en réseau toute personne ou organisation susceptible d'y contribuer.
En Hollande, 10 mille soignants interviennent sous cette forme auprès de 80 mille bénéficiaires. La satisfaction de part et d'autre est mesurée à 9 sur 10, relève Enrico Cavedon pour le compte de la Haute école de travail social du Nord-Ouest de la Suisse.
Tout aussi spectaculaire, Buurtzorg montre une très haute qualité dans les soins avec 40% moins d‘heures que ses modèles concurrents et une diminution des hospitalisations d'un tiers.
Tous les développements sont financés par les fonds propres et l'économie pour le système de santé public en Hollande est évaluée à un milliard d'euros (selon étude KPMG, Ernst & Young, précise la HES suisse du Nord-Ouest).

Proximité et petite équipe plutôt que grande institution toujours plus loin du terrain

Sur le modèle de Buurtzorg, La Réponse mise sur de petites équipes – une dans chaque district du Valais romand – emmenées par des soignants, explique Jenny Xu, sa fondatrice (interview ci-dessous). Ces "team" assurent en continu et en toute proximité la référence des bénéficiaires. En Valais, ces équipes seront donc aussi auto-organisées avec pour seul élément de centralisation, la facturation.
Pilote, la ville de Zurich, avec ses quelques mille intervenants du SPITEX, est en pleine réforme pour s'y coller car le système atteint ses limites estime Catherine Halbritter, directrice des soins à "La Réponse" (interview ci-dessous).

Des soins reconnus par les caisses maladies mais d’autres prestations à financer

Dans ce registre du domicile, c'est la LAMAL qui fait foi. Pour "La Réponse", tout ce qui relève des soins est donc reconnu et couvert. Pour les autres prestations ou services (aide aux courses, à l’élaboration de repas, aide ménagère, aide pour l’extérieur, sorties et voyages, soutien aux proches ou aide administrative...), un tarif variable sera facturé à l'heure "mais nous appuierons les personnes pour demander des allocations pour impotences de l'AVS et de l'AI… des parts de soutiens seront encore demandées à l'extérieur" explique Jenny Xu. La Réponse travaille aussi avec des thérapeutes extérieurs pour tout ce qui relève du bien-être. Une place est donnée à la dimension «psycho-affective par une collaborationavec des assistantes sexuelles. Par ailleurs, des mandats de collaboration avec les CMS sont déjà effectifs ou en cours de réalisation.


Ch

Radio Rhône SA   Ch. St-Hubert 5   CP 1230   1951 Sion   Tél. 027 / 327 20 20 Fax. 027 / 327 20 23