Retour

14.05.2019 - 10:20

Aucune interdiction : partir en vacances dans un pays en guerre, oui c'est possible

Palmyre en Syrie
Palmyre en Syrie
Exemple d’informations trouvées sur le site du DFAE ce lundi 13 mai 2019
Exemple d’informations trouvées sur le site du DFAE ce lundi 13 mai 2019

Partir en vacances dans un pays en guerre, oui c'est possible. Aucune destination n'est formellement interdite par la Confédération. Comment l'expliquer ? Décryptage 

 

Au lendemain de la mort de deux soldats français lors d'une libération d'otages au Burkina Faso, la polémique enfle… Des voix s'élèvent pour dénoncer l'inconscience présumée des touristes qui n'auraient pas suivi les recommandations du ministère des Affaires étrangères.

 

Une telle situation pourrait-elle se produire en Suisse ? Concrètement, un touriste lambda peut-il aller n'importe où dans le monde ? Y a-t-il des pays déconseillés, voire interdits par la Confédération ? Le DFAE, le Département Fédéral des Affaires Etrangères, classe les nations en trois catégories. Il y a tout d'abord le premier palier : aucune recommandation, le pays n’est pas dangereux. Deuxième catégorie : attention, la zone est déconseillée «pour des voyages touristiques et tout autre voyage qui ne présente pas un caractère d'urgence». Et puis, le troisième palier : les voyages et les séjours de tout genre sont "déconseillés" dans le pays en question, sans aucune exception. On pense par exemple à la Lybie, la Syrie, ou le Yemen... Les pays en guerre.

 

C'est déconseillé, mais pas interdit. Aucun impératif. Dominique Evequoz, président du Groupement Valaisan des Agences de Voyages. «Il n’y a pas de possibilité d’interdire à une personne de se rendre où que ce soit. On est dans un régime démocratique de libertés individuelles. Le touriste qui décide d’aller au Yemen par exemple, le fera en tout état de cause. Les agences ne lui vendront pas de billets, mais il pourra en trouver ailleurs, sur Internet par exemple». Un touriste peut se rendre où il veut, certes. Mais aller dans un pays fortement déconseillé par les Affaires étrangères, c'est prendre de très gros risques. Dominique Evequoz est clair. «Si un problème survient, en ayant enfraint les recommandations, les frais inhérants aux opérations de recherche ou à son rapatriement sera à la charge du voyageur»,

 

L'exemple de ce Bernois, capturé avec son ami par des Talibans pendant un voyage au Pakistan en 2011, illustre parfaitement la situation. Après 8 mois de captivité et de retour en Suisse, l'homme se disait victime d'un stress post-traumatique… Le Tribunal Fédéral lui a refusé les indemnités journalières de l'assurance accidents qu’il réclamait. La justice suisse ayant déclaré que le touriste a pris "un risque téméraire."

 


thomas.schurch@rhonefm.ch

Radio Rhône SA   Ch. St-Hubert 5   CP 1230   1951 Sion   Tél. 027 / 327 20 20 Fax. 027 / 327 20 23