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06.03.2018 - 16:52

Affaire Giroud: la RTS condamnée par le Tribunal fédéral

©OLIVIER MAIRE

Dominique Giroud gagne au Tribunal fédéral contre la RTS.

Dans un jugement rendu le 15 février dernier, le Tribunal fédéral confirme à son tour la décision de l'AIEP, l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision, qui avait admis en août 2016 ses griefs concernant le "Temps Présent" intitulé "Affaire Giroud, du vin en eaux troubles" diffusé en janvier 2015, mais rejeté ceux portant sur un sujet du "19:30" puis d'un "Mise au Point".

Pour les juges de Mon Repos, le reportage de "Temps Présent" "donne une image d'emblée négative de l'encaveur valaisan et le présente "sous un angle moralisateur". Les juges soulignent qu'une personne violemment mise en cause doit pouvoir faire entendre son point de vue. Si, comme dans le cas de Dominique Giroud, elle refuse de le faire, il incombe au réalisateur de veiller à ce que son opinion soit suffisamment présentée.

 

Le Tribunal fédéral relève aussi que l'émission a lourdement insisté sur les convictions religieuses de l'encaveur ainsi que sur son opposition à l'avortement et à l'homosexualité. A cet effet, des images datant d'une quinzaine d'années avaient été diffusées. Les juges fédéraux ont aussi stigmatisé les allusions entre la pratique religieuse du Valaisan, ses infractions fiscales et de prétendus "commandements" du vigneron. "L'AIEP n'a pas violé le droit fédéral en retenant que la RTS s'était érigée en juge moral et qu'elle avait jeté le discrédit sur Dominique Giroud", ont-ils ajouté, confirmant qu'il y avait bel et bien eu violation de la loi sur la radio et la télévision.

 

Le Tribunal fédéral n'a pas suivi la RTS qui se prévalait de la liberté des médias garantie par la Convention européenne des droits de l'homme. Pour les juges de Mon Repos, le fait que d'autres médias aient déjà parlé de l'affaire Giroud ne dispensait par le diffuseur de respecter la législation en matière de radio et télévision. En outre, le refus de l'intéressé de s'exprimer n'empêche pas pour autant de diffuser un reportage.

 

Le producteur de l'émission Jean-Philippe Ceppi prend acte "avec regrets" de l'arrêt du TF. "Nous examinons l'opportunité de recourir auprès de la Cour européenne des droits de l'homme". Parlant d'une décision de nature à entraver le travail d'enquête journalistique, le producteur estime que les juges "ont placé la barre très haut" concernant l'obligation de présenter l'opinion d'une partie qui refuse pourtant de s'exprimer


ATS

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