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07.06.2019 - 08:47

Aéroport de Genève : soupçonné de favoritisme, le cadre PDC Stéphane Pillet répond

Un entrepreneur valaisan, responsable politique, a-t-il bénéficié de favoritisme de la part de l'Aéroport de Genève ? En cause, les liens d'amitié entre l'ancien directeur des opérations de l'aéroport et le chef d'entreprise de Sembrancher, par ailleurs responsable politique valaisan, Stéphane Pillet. Sur Rhône FM, il dément tout favoritisme et se dit prêt à attaquer en justice.

 

Tout d'abord, le contexte : on parle ici d'un gros marché, celui du «péril animalier» dans les aéroports, comprenez la lutte contre les collisions entre avions et oiseaux principalement. A Genève, depuis 29 ans, c'est la société valaisanne BTEE basée à Sembrancher, qui en est responsable. A sa tête, Stéphane Pillet, connu dans le monde politique valaisan comme étant le président du PDC Entremont et coordinateur ad-intérim du PDC du Valais Romand.

 

L'affaire débute voici quelques semaines, lors d'un appel d'offres. Une entreprise intéressée par le marché du péril animalier à l’Aéroport de Genève estime que les règles de concurrence ne sont pas respectées et fait appel. Guillaume Etier est l’avocat de la société concernée. «L’entreprise que je représente a décidé de faire recours contre l’appel d’offres. Elle estimait qu’il était tronqué, que les règles de concurrence étaient faussées. Pour nous, le marché était cloisonné. Taillé sur mesure pour cette entreprise déjà en place depuis de nombreuses années».

 

L'entreprise valaisanne a-t-elle été favorisée ? Et si oui, pourquoi ?

 

La Tribune de Genève nous apprend que Stéphane Pillet et l'ancien directeur des opérations de l'Aéroport de Genève sont amis. De là à parler de copinage, de favoritisme, il n’y a qu’un pas.

 

Aujourd'hui, Stéphane Pillet s'insurge. Sur Rhône FM,  il tient à être clair, Il assume son amitié avec l'ancien directeur des opérations. «Ce qui est triste dans le monde d’aujourd’hui, c’est que finalement, l’amitié devrait nous empêcher de faire du commercial. Mais pour la petite anecdote, sachez que le directeur des opérations m’était totalement inconnu avant d’être engagé à Genève Aéroport ! C’est dès le moment où il est arrivé à Genève Aéroport que l’on a tissé des relations professionnelles basées sur les mêmes valeurs. Et c’est à ce moment là uniquement que des liens d’amitié se sont tissés».

 

Stéphane Pillet qui tient à préciser. «C’est la philosophie de l’entreprise BTEE, créer des liens d’amitié avec les clients, pour encore mieux les servir. Il n’y a aucun favoritisme par rapport à cet aspect-là.»

 

En cause, le climat délétère à l’Aéroport

 

Pour expliquer cette situation, Stéphane Pillet parle du climat actuel, difficile, à l'aéroport de Genève. En mai dernier,  le chef de la sureté a été arrêté pour des soupçons de corruption. Une affaire qui n'a rien à voir avec l’entreprise valaisanne, mais qui aurait des répercussions sur l’image de l’ensemble des acteurs liés à l’Aéroport. «Le contexte actuel dans lequel évolue Genève Aéroport fait que nous sommes une proie facile. En tant qu’entreprise partenaire, nous sommes une victime collatérale, poursuit le Valaisan. Je reçois des téléphones par dizaines de nos clients, de soutien et d’amitié. Ce genre d’articles bafoue totalement l’investissement des collaborateurs. Quand on lit cet article, déontologiquement il y a un problème, il est plein de sous-entendus. Il y a quelque chose de grave pour l’image de notre entreprise».

 

Ce vendredi, Stéphane Pillet nous l’assure, il se réserve le droit d’engager toute action en justice. De son côté, l’Aéroport de Genève a décidé d’interrompre la procédure pour tenir compte du recours. Un nouvel appel d’offres devrait être lancé en septembre prochain.


Thomas Schürch / thomas.schurch@rhonefm.ch

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