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05.06.2020 - 12:42

USS: renforcer le service public pour soutenir la reprise

Renforcer le service public et une nécessité fondamentale pour soutenir la reprise économique après la crise du coronavirus, estime l'Union syndicale suisse (USS). Le service public a démontré qu'il était essentiel et il a fait preuve de robustesse et d'agilité.

"Le temps du service public est revenu", écrit le président de l'USS Pierre-Yves Maillard en introduction à une analyse d'une quarantaine de pages présentée vendredi lors d'une vidéoconférence de presse. La centrale syndicale exige que l'on renonce à "toute forme de programme d'économies ou d'austérité".

Les dépenses supplémentaires ou pertes de recettes dues à la pandémie ne doivent conduire à aucun plan de coupes dans les prestations ou les salaires. Ceux-ci doivent au contraire être revalorisés.

Pas de "retour à la normale"

"Il ne doit pas y avoir de 'retour à la normale'", a affirmé la présidente du Syndicat des services publics (SSP) Katharina Prelicz-Huber. Le manque de personnel hospitalier est la conséquence directe des politiques d'austérité menées ces dernières années, il n'y a pas de potentiel d'économies dans le service public.

Et pourtant, il existe un risque qu'on se dirige vers des budgets d'austérité pour les services publics, avertit Pierre-Yves Maillard. Au-delà de toute motivation politique, cela serait dû aux mécanismes existants, comme le frein à l'endettement.

La perte des hôpitaux pourrait atteindre jusqu'à trois milliards de francs d'ici la fin de l'année, selon leur organisation faîtière H+. Les transports publics ont vu leur fréquentation chuter de 80 à 90% et essuient des pertes considérables. Quant aux médias, les recettes publicitaires ont chuté de 80 à 90 millions de francs rien qu'en mars et la situation s'est encore aggravée en avril.

Pour Pierre-Yves Maillard, la crise du coronavirus a mis en évidence un problème structurel dans le financement du service public, et notamment du système de santé. Celui-ci est devenu "trop dépendant de l'activité" qu'il exerce.

Il faut que la main publique garde la possibilité de subventionner les institutions, notamment les tâches les moins bien rémunérées, et de compenser leurs pertes si celles-ci ne dépendent pas d'une mauvaise gestion.

Le paradoxe des médias

C'est notamment le cas des secteurs des gardes d'enfants, de la culture, des médias. Ces derniers vivent dans une situation "paradoxale", comme l'a souligné la vice-présidente de Syndicom, Stephanie Vonarburg: malgré une hausse de la demande, les recettes se sont effondrées "de manière drastique", au point que certains médias sont "asphyxiés" et contraints à licencier, voire à fermer.

Syndicom salue les mesures prises par les autorités fédérales, mais demande d'aller plus loin, notamment en étendant l'aide à "toutes les catégories de médias". Les géants de l'internet, qui profitent actuellement des revenus publicitaires sans investir dans le journalisme, doivent aussi contribuer désormais à son financement.

Quant à la culture, elle est menacée par une réduction drastique. Les petits assouplissements prévus à partir de samedi constituent plus un risque qu'une opportunité, a déploré Beat Santchi, président central de la Société suisse de musique. Beaucoup d'artistes sont découragés par les obstacles bureaucratiques.

Importance systémique

Tous les intervenants ont insisté sur l'importance systémique du service public et son rôle de "stabilisateur systémique", qui était jusqu'ici insuffisamment reconnu.

"Le service public crée de la sécurité et de la confiance et mantient le pays uni", a souligné le président du Syndicat des transports publics (SEV) Giorgio Tutti.

Pour l'USS, dans une situation d'urgence, seule une organisation qui ne repose pas sur la concurrence, mais sur la coordination, est à même de réagir dans le sens de l'intérêt public. "Cesser abruptement et de manière disparate certaines activités pour s'adapter à la demande à court terme aurait enclenché une spirale infernale".

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