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12.03.2020 - 15:10

Report à 2022 de la mission russo-européenne ExoMars

L'ambitieuse mission russo-européenne ExoMars 2020, qui prévoyait l'envoi cet été d'un robot vers la planète rouge, a été reportée à 2022. Des difficultés techniques et l'épidémie mondiale de coronavirus sont invoquées.

Selon un communiqué commun de l'agence russe Roskosmos et de l'Agence spatiale européenne (ESA), le départ vers Mars de ce robot est désormais programmé pour août-septembre 2022.

Les chefs des deux agences spatiales ont conclu, à l'issue d'une réunion, que de "nouveaux tests du vaisseau spatial avec les composants et les logiciels définitifs sont nécessaires". Ils ont également "dû reconnaître que la phase finale d'ExoMars est compromise par l'aggravation générale de l'épidémie (de Covid-19) dans les pays européens".

Selon le chef de Roskomos, Dmitri Rogozine, la décision a été "difficile mais bien pesée". "Elle est principalement motivée par la nécessité de maximiser la robustesse de tous les systèmes ExoMars et par les circonstances" liées à l'épidémie, a-t-il déclaré, cité dans le communiqué.

La situation en Europe "n'a pratiquement pas permis à nos experts d'effectuer des visites dans les industries partenaires", a-t-il expliqué.

"Aucune marge d'erreur"

Le chef de l'ESA, Jan Wörner, a dit vouloir "être sûr à 100% d'une mission réussie". "Nous ne pouvons admettre aucune marge d'erreur. Davantage de vérifications vont assurer un voyage sécurisé et les meilleurs résultats scientifiques sur Mars", a-t-il affirmé.

Cette mission ambitieuse et délicate prévoit d'envoyer sur Mars un robot mobile pour forer le sol martien et tenter de trouver des signes de vie passée sur la planète rouge.

La Russie fournit le lanceur, le module de descente (avec des éléments européens dont les parachutes) et la plate-forme d'atterrissage pour ExoMars. Le robot, baptisé Rosalind Franklin, est européen. Il comporte une foreuse et un laboratoire miniature de recherche.

Problèmes de parachutes

Un essai réalisé début août sur le plus grand des quatre parachutes chargés de permettre l'arrivée en douceur du robot et du module d'atterrissage à la surface martienne s'était soldé par un échec.

Un autre essai réalisé fin mai sur l'ensemble des quatre parachutes (deux principaux et deux petits qui servent à déployer les grands) avait connu le même sort.

Selon Roskosmos et l'ESA jeudi, "les derniers tests d'extraction dynamique des parachutes ExoMars ont été effectués avec succès au laboratoire de la Nasa" et "les principaux parachutes sont prêts pour les deux derniers tests de chute à haute altitude en mars dans l'Oregon, aux États-Unis".

"Tout le matériel de vol nécessaire a été intégré" à la fusée russe Proton et le robot a "récemment passé les derniers tests en France", ont ajouté les deux agences.

Atmosphère ténue

Mars a une atmosphère très ténue et le système de freinage des atterrisseurs doit être très performant. Jusqu'à présent les Etats-Unis sont le seul pays à être parvenu à faire fonctionner avec succès des robots sur Mars.

En octobre 2016, dans le cadre du premier volet de la mission ExoMars, l'Europe avait échoué dans sa tentative de faire se poser un démonstrateur d'atterrissage nommé Schiaparelli.

A la suite à d'informations contradictoires ayant induit en erreur le logiciel de bord, l'engin s'était écrasé à la surface de la planète rouge après une chute libre à grande vitesse. En revanche, la sonde européenne TGO avait été placée avec succès en orbite.

Technologie suisse

"ExoMars sera la première mission à chercher des signes de vie à des profondeurs allant jusqu'à deux mètres sous la surface martienne, où les signatures biologiques de vie peuvent être particulièrement bien préservées", ont souligné Roskosmos et l'ESA.

La mission devait être lancée par une fusée russe Proton entre le 25 juillet et le 13 août 2020, avec un atterrissage sur Mars prévu en mars 2021.

Le rover européen comprend des technologies développées en partie par des institutions de recherche suisses. Il s’agit notamment d’un système d'analyse des roches par caméra baptisé CLUPI (Close-Up Imager). Le Swiss Space Office, l'Institut d'exploration spatiale Space-X à Neuchâtel et le Musée d’histoire naturelle de Berne sont impliqués.

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