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29.04.2020 - 03:59

Pour Ueli Maurer, la réduction de la dette prendra du temps

La dette de la Suisse devrait croître de 30 à 50 milliards de francs en raison de la crise du coronavirus. Pour Ueli Maurer, il s'agira de la réduire au cours des prochaines années. La crise a montré à quel point il est important d'avoir un budget équilibré.

L'objectif est de revenir à un fonctionnement normal le plus rapidement possible, indique mercredi le ministre des finances dans une interview avec la NZZ. L'année 2020 est un cas particulier, pour lequel il faut une solution distincte, estime-t-il.

Le nouvel endettement pour l'année en cours est si important qu'il ne peut pas être réduit rapidement car, sinon, cela impliquerait d'énormes coupes dans les budgest des prochaines années.

Bénéfices de la BNS

Il propose qu'à l'avenir les bénéfices de la BNS soient obligatoirement utilisés pour réduire la dette liée au coronavirus. A cela s'ajoute des recettes extraordinaires de quelques centaines de millions de francs issues de la vente des licences de téléphonie mobile.

Il se pourrait bien que la réduction de la dette prenne 25 ans. Si les choses ne progressent pas assez vite, il faudra peut-être, à moyen terme, réserver une part fixe du budget annuel à cet effet.

"Je m'abstiendrais de le faire ces prochaines années car il faut d'abord que le système retrouve son calme", a précise M. Maurer. Pas question en revanche de desserrer le frein à l'endettement et de laisser une partie de la dette en souffrance.

Pas de programme d'économies immédiat

Selon Ueli Maurer, si l'année 2020 est traitée séparément, la Suisse pourra opérer dans le cadre habituel du frein à l'endettement dès 2021. Dans l'état actuel des choses, il n'y aurait pas besoin d'un programme d'économies en 2021, le frein à l'edettement autorisant un déficit si l'économie ne fonctionne pas bien.

Il reste toutefois un certain nombre de questions en suspens. On ne sait par exemple pas encore quelle sera la diminution des recettes fiscales. A partir de 2022, un programme d'économies pourrait être à l'ordre du jour, explique le conseiller fédéral, qui ajoute qu'un moratoire sur de nouvelles dépenses pendant plusieurs années est d'autant plus important.

Supressions de postes aux douanes

Le Zurichois voit un potentiel d'économie dans l'administration fédérale. La numérisation créé de nouvelles possibilités, indique-t-il. Quelque 300 postes pourraient par exemple être supprimés dans les douanes. Le remplacement des logiciels dans l'administration fédérale augmente également l'efficacité des processus de travail, ce qui devrait permettre au moins de ralentir la croissance des dépenses, ajoute-t-il.

Interrogé s'il pensait rester en fonction jusqu'à ce que la nouvelle dette soit remboursée, M. Maurer a répondu que "25 ans, ce serait un peu long aussi pour moi. Mais j'ai l'intention de rester jusqu'à ce que les finances soient suffisamment rétablies pour que je puisse les céder en bonne et due forme à un successeur. Ce qui est certain, c'est que j'irai jusqu'à la fin de cette législature en 2023".

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