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15.05.2020 - 06:05

Plus de 300'000 morts, la quête d'un vaccin aiguise les tensions

Rivalités américano-européennes sur un futur vaccin, tensions renouvelées entre Donald Trump et la Chine : les divisions entre grandes puissances se sont creusées dans la lutte contre le Covid-19 qui a tué plus de 300'000 personnes dans le monde.

Outre les ravages humains, la pandémie de nouveau coronavirus continue de mettre à bas les économies mondiales, avec de lourdes conséquences sociales.

L'Allemagne se prépare à la récession : attendu vendredi, le produit intérieur brut devrait donner un avant-goût du choc infligé par la catastrophe sanitaire à la première économie européenne. Pour 2020, le gouvernement prévoit une récession de 6,3%, la plus forte depuis le début des calculs en 1970. Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir vendredi à Bruxelles pour discuter de la riposte à la crise.

Coupes annoncées en Californie

De l'autre côté de l'Atlantique, près de 3 millions de personnes se sont inscrites au chômage en une semaine aux États-Unis, qui compte désormais 36,5 millions de chômeurs - près de 15% de la population active - depuis l'arrêt brutal de l'économie mi-mars en raison des mesures de confinement.

"Des décisions difficiles nous attendent", a prévenu de son côté Gavin Newsom, le gouverneur de Californie - 5ème économie mondiale - qui prévoit cette année un déficit de 54 milliards de dollars et des coupes sombres, notamment dans des programmes visant les plus démunis et les subventions à l'enseignement public.

La récession a déjà frappé de nombreux pays: en Italie, des millions de "nouveaux pauvres", contraints de recourir à l'aide alimentaire, ont fait leur apparition et en Inde, le confinement a provoqué un exode de travailleurs migrants, petites mains des grandes villes privées de leur gagne-pain.

Convoitises

Mais la solution que tous attendent est un vaccin contre le virus. Au vu des efforts déployés, il pourrait être disponible dans un an, a estimé jeudi l'Agence européenne du Médicament (EMA). Une perspective "optimiste", a nuancé Marco Cavaleri, directeur de la stratégie à l'EMA.

Plus de 100 projets ont été lancés dans le monde et une dizaine d'essais cliniques sont en cours pour tenter de trouver un remède contre la maladie, qui a fait 300'140 morts et contaminé 4'403'714 personnes sur la planète, selon un nouveau bilan.

Mais le sujet aiguise les convoitises et les rivalités. Le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l'indignation en Europe en annonçant qu'il distribuerait un éventuel vaccin en priorité aux États-Unis, qui ont investi 30 millions de dollars pour soutenir ses recherches.

Le président français Emmanuel Macron a réclamé qu'un vaccin ne soit pas soumis "aux lois du marché" tandis qu'un porte-parole de la Commission européenne a estimé: il "doit être un bien d'utilité publique et son accès doit être équitable et universel".

Un vaccin ou un traitement contre le Covid-19 devrait même être fourni "gratuitement à tous", insistent plus de 140 personnalités, dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa et le Premier ministre pakistanais Imran Khan dans une lettre ouverte.

Quant à l'essai clinique Discovery lancé en Europe fin mars pour trouver un traitement à défaut de vaccin, il piétine, ont indiqué des chercheurs. Deux nouvelles études, publiées dans la revue médicale britannique BMJ, concluent que l'hydroxychloroquine, traitement tant décrié, ne semble pas efficace contre le Covid-19.

"Rompre toute relation"

A Washington, Donald Trump s'est de nouveau emporté contre la Chine, accusée d'avoir caché l'ampleur de l'épidémie sur son sol. "Ils auraient pu l'arrêter (le virus) en Chine, d'où il est venu", a-t-il dit jeudi, en menaçant de "rompre toute relation" avec Pékin et assurant qu'il refusait désormais de parler à son homologue Xi Jinping.

La Chine affirme avoir transmis le plus vite possible toutes les informations sur l'épidémie à l'OMS et à d'autres pays, dont les États-Unis. Pour Washington, le régime chinois tente également de pirater la recherche américaine sur un vaccin, une accusation qualifiée de "diffamation" par Pékin.

Dans l'attente que les recherches aboutissent, les gouvernements assouplissent les mesures de confinement. Au Japon, l'état d'urgence a été levé jeudi dans la plupart des régions face au net reflux du nombre de nouveaux cas de Covid-19. Il est maintenu notamment à Tokyo et Osaka.

En Europe, ce sont les petits Finlandais qui ont repris le chemin de l'école. Vendredi, à Sydney, les restaurants et cafés ouvrent de nouveau leurs portes.

Aux États-Unis, pays le plus touché au monde avec 85'813 morts dont environ 1800 en 24 heures, les plages autour de Los Angeles, en Californie, ont rouvert. A l'inverse, la capitale Washington a prolongé le confinement jusqu'au 8 juin. Les autorités chiliennes ont aussi remis en vigueur le confinement à Santiago.

Bilan sous-estimé en Afrique

L'Afrique est jusqu'à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2500 morts. Mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient.

Le Soudan du Sud, l'un des plus pauvres du monde, à peine sorti de six ans de guerre civile, a annoncé son premier décès officiel du Covid-19.

Indigène, pauvre, la région amazonienne de la Colombie voit aussi l'épidémie se propager depuis le Brésil, dont le président Jair Bolsonaro a souvent minimisé la menace: les autorités des deux pays en discuteront vendredi, dans le but d'harmoniser "les politiques dans la zone frontalière".

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